Un été de poésie italienne – Stanze di diversi illustri Poeti – Épisode 3 sur 3

 Cet été, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine vous convie à un feuilleton en trois épisodes autour d’un recueil de poésies italiennes du milieu du XVIe siècle, conservé dans ses collections. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir les ressorts de l’édition de textes et l’essor de l’imprimerie italienne à la Renaissance, ainsi que le foisonnement poétique de l’époque. Au terme des trois épisodes, cet article sera republié sous la forme d’un seul et unique article.

À peine plus que des fragments : Veronica Gambara (1485-1550), Jacopo Bonfadio (1508-1550) et Antonio Placidi (XVI s.)

Peut-être par simple hasard, car cela n’est ni revendiqué ni compréhensible comme choix implicite, suivent les trois compositions poétiques les plus brèves de toute l’anthologie, commençant par les 4 stances de Veronica Gambara, la seule poétesse de tout le recueil puisqu’elle est aussi, nous le rappelons, l’autrice du poème erronément attribué à Vittoria Colonna.

Ces deux poétesses sont sans doute les plus connues de la Renaissance mais sont loin d’être les seules : nous pouvons évoquer Gaspara Stampa (1523-1554), Chiara Matraini (1515-1604) ou encore Isabella di Morra (1520-1545). La présence de femmes à l’intérieur de recueil tels que les Stanze di diversi illustri Poeti, bien qu’épisodique voire fort minoritaire, ne prêtait pas à controverse.

Gambara, née à Brescia dans une famille de la noblesse locale, doit épouser le seigneur de Correggio près de Reggio d’Émilie. Depuis cette petite ville, elle établit une correspondance avec plusieurs intellectuels qui en apprécient le style. Rédigées lors d’un voyage dans sa région natale, les stances « Con quel caldo desio, che nascer suole » (« par ce désir chaud, qui souvent naît ») expriment avec élégance une sensation de nostalgie qui ne cède pas au chauvinisme : les endroits bienheureux qu’elle revisite « Da me sarete col pensier lodati, / E con l’anima sempre e ad ogni passo, / Con la memoria vostra in mezo il core, / Quanto sia in mio potere, farovvi onore. » (« Vous serez loués par ma pensée, / et toujours par l’âme et en chaque pas, / Avec votre souvenir dans mon cœur, / Autant qu’il est en mon pouvoir, je vous ferai honneur. »)

Par une simple coïncidence, le poète qui suit dans l’anthologie, Jacopo Bonfadio, est lui aussi originaire de la région de Brescia et lui aussi n’y a pas vécu sa vie.

Après une formation humaniste très rigoureuse à l’université de Padoue, il exerce le métier des lettres dans plusieurs cours italiennes (Naples et Rome notamment). Dans ce cadre, il rencontre plusieurs personnalités de l’Église (Pietro Bembo) mais aussi de la Réforme (l’érasmien espagnol Juan de Valdés). Bonfadio est reconnu pour la qualité de ses poèmes et surtout de ses proses comme en témoigne sa correspondance avec Dolce et Paul Manuce. À la demande de la République de Gênes, il s’installe dans la ville ligure pour enseigner la philosophie dans son université. Le gouvernement de la Superbe lui commandite alors de rédiger une histoire de la ville de Gênes de 1528 à 1550, qu’il produit en cinq volumes : les Annalium Genuensium. Très peu de temps après, cependant, il est arrêté, jugé et exécuté pour sodomie : ses amis parviennent uniquement à lui éviter le bûcher, mais non la décapitation avec la dispersion des cendres [ROSI 1895]. Les minutes de son procès ayant été perdues, la seule raison certaine de sa condamnation, et ce depuis son époque, est une obscure « raison d’État » [SAMBUCA 1746 p. XXXVIII]. Ont été mis en avant son enseignement philosophique ; sa familiarité avec les milieux hérétiques ; mais surtout le contenu des Annalium Genuensium, qui a indisposé de puissantes familles locales [DITCHFIELD 1895, p. 107].

Les 6 stances qui apparaissent dans l’anthologie dolcienne se distinguent de tous les autres poèmes par leur objet : elles visent à bien conseiller les « donne leggiadre e belle » (« femmes gracieuses et belles ») afin de déterminer l’homme vraiment digne de leur amour.

Ces stances sont suivies de celles du premier des illustres inconnus qui parsèment notre recueil. Il s’agit d’un court poème de seulement 9 stances qui traitent d’une souffrance amoureuse si forte qu’elle pousse l’auteur à souhaiter la mort, une composition pas vraiment joyeuse à partir de son premier vers : « Poi, che si grave duol m’ingombra l’alma » (« Puisqu’une douleur si grave m’encombre l’esprit »).

Son auteur est un certain Antonio Placidi. Membre d’une noble famille de Sienne, outre ces 72 vers considérés par Dolce comme dignes de paraître dans le sillage de Bembo, de Politien et de l’Arétin, Placidi a laissé une seule trace dans l’histoire littéraire que nous avons pu retrouver. Il est en effet évoqué comme l’un des élèves d’Aonio Paleario, de son vrai nom Antonio della Paglia (1503-1570), un humaniste proche du monde de la Réforme que le jeune Placidi et son collègue Orlando Malavolti ont proposé pour la chaire de professeur de lettres latines et grecques de l’université de Sienne [MORPUGNO 1912 p. 104]. Des années plus tard, Aonio Paleario sera condamné et exécuté comme hérétique, toujours à Sienne.

 

Le sexe et la guerre : Luigi Tansillo (1510-1568) et Lodovico Martelli (1500-1528)

Le poème suivant des Stanze di diversi illustri Poeti a également suscité les attentions inquisitoires. Nous l’avons déjà évoqué, il s’agit de Il Vendemmiatore (« le Vendangeur ») de Luigi Tansillo, seul poème entièrement censuré dans les éditions successives de l’anthologie. Par ailleurs, c’est aussi la composition la plus longue, ex-æquo avec les deux livres des Salles pour la joute de Politien.

Mais, mise à part leur étendue, les deux œuvres sont fort différentes. Alors que Politien se fait l’aède de l’amour courtois de la plus haute noblesse florentine, Tansillo s’adresse aux jeunes femmes du peuple occupées à la vendange près de Nola pour les inciter à la débauche et à une sexualité libre. Le style élégiaque, garni de références classiques, se révèle un support efficacement ironique pour le contenu érotique du poème : « Non Flora, nè Pomona, ma Priapo / Bisogna che da voi dunque s’onori » (« Ni Flore ni Pomone, mais Priape / Faut-il qu’il soit par vous honoré ») [D’ALESSANDRO 1997].

L’amour invoqué par Tansillo est en effet l’amour charnel, la passion sexuelle : le travail de la vendange est décrit par une série d’analogies ne laissant guère de place aux ambigüités et aux euphémismes. Le labour de la charrue est décrit par exemple en ces termes :

« Con un vomero tal la terra sveno, / Che egual nel campo, Cerere non folce; / Tal ch’è contenta, quando l’ha nel seno, /No’l vorria mai lasciar, tanto egli è dolce; / Piaga rigidamente il bel terreno, / Et con la stessa piaga il sana et molce; / Quanto più il solco fa profondo, et largo, / Tanto più dolce il seme entro vi spargo.  ».

« Avec un soc pareil, je creuse la terre, / Que dans son champ ne pourrait pas labourer Cérès elle-même ; / Elle en est tellement ravie, quand elle le tient dans son sein, / Qu’elle ne voudrait jamais le quitter, tant il est doux ; / Il plie avec vigueur le beau terreau, / Et par la même ouverture, il le guérit et l’assouplit ; / Plus le sillon est profond et large, / Plus j’y sème la semence avec douceur. »

Parfois simplement grossière, la langue de Tansillo s’adonne souvent à des jeux de mots plus réussis : « Perchè credete, o donne, che si nome / L’uva gentil, quando ella è vecchia, passa? / Se non per farvi accorte co’l suo nome, / Che ogni vostra beltà, com’ella passa. » (« Pourquoi croyez-vous, ô femmes, qu’on appelle / La sultanine, lorsqu’elle vieillit, raisin sec ? / Si ce n’est pour vous faire comprendre, par ce nom, / Que toute votre beauté, comme elle, se sèche »). La solution proposée par le poète est alors d’éterniser la beauté du raisin par la liqueur et, aussi, implicitement par son effet.

Peut-être en raison des ennuis causés par l’Inquisition, peut-être par une sincère conviction spirituelle, Tansillo écrira dans sa vieillesse, un autre long poème en huitains, d’un genre cependant diamétralement opposé : Le lagrime di San Pietro (« Les larmes de Saint Pierre »), un assez long poème sur les remords de saint Pierre d’avoir trahi le Christ.

Lodovico Martelli, dont deux poèmes suivent Il Vendemmiatore, est considéré à son époque comme un jeune prodige littéraire, dont la mort soudaine laissera ses œuvres inachevées, toutes publiées à titre posthume. D’une noble famille florentine comportant plusieurs lettrés, Martelli est aussi un homme d’action : contraint de quitter Florence après avoir tué un garde médicéen ; réfugié à Rome, il quitte la ville deux jours seulement avant le sac par les lansquenets de Charles Quint en 1527. Engagé dans la flotte napolitaine, il est emprisonné par les Génois après la bataille de Capo d’Orso pour mourir mystérieusement, peut-être empoisonné [FINAZZI 2001].

 

À côté d’une tragédie de style classique restée inachevée et intitulée Tullia, les deux poèmes imprimés dans les Stanze di diversi illustri Poeti sont parmi ses ouvrages les plus connus. Le premier, intitulé « In lode delle donne » (« Hommage aux femmes »), explique longuement, en 111 stances, les différentes raisons pour lesquelles il aime les femmes. Le deuxième poème a en revanche une origine et un contenu plus insolites. Ces stances sont adressées à Vittoria Colonna, poétesse célèbre mais aussi marquise de Pescara. Son mari, le marquis Ferdinand François d’Avalos (1489-1525) est un commandant de l’armée de Charles Quint qui décède à la suite des blessures reçues lors de la bataille de Pavie. Martelli envoie à Mme Colonna un très long poème de 125 stances, resté également inachevé au moment de la mort du poète, suivant le registre classique de la consolatio. Or un tiers environ de ce poème contient un récit du sac de Rome de 1527 et représente l’une des toutes premières descriptions poétiques de cet évènement historique.

La plume de Martelli, qui connaissait par expérience personnelle les faits d’armes, s’ingénie dans la représentation du chaos et de la terreur causés par l’armée allemande :

« Nebbia dal ciel, polvere, fumo, et foco, / Suon d’armi, scoppi, et dolorosi gridi, / Fuga, morte, ferir men crudo poco, / Strane voci dicenti ancidi ancidi, / Havean fatto sembiante il loco, al loco / Ove si piange con eterni stridi. / Largo tingendo ’l Tebro, che fuggiva / Ratto via più che prima, il sangue giva. » 

« Brouillard du ciel, poussière, fumée et feu, / Bruit des armes, détonations et cris douloureux, / Fuite, mort, blessures à peine moins cruelles, / Étranges voix criant : « Tue ! Tue ! », / Tout cela faisait ressembler cet endroit à l’endroit / Où l’on pleure dans les hurlements éternels. / Tintant le Tibre, qui s’écoulait fuyant / Plus vite qu’auparavant, le sang coulait. »

Des poètes mineurs : Claudio Tolomei (1492-1556), Annibale Tosco (XVI siècle), Jérôme Benivieni (1453-1542)

Après les exploits littéraires de Martelli, Dolce décide de conclure ses Stanze di diversi illustri Poeti par une demi-douzaine d’auteurs qui, peut-être avec une seule exception, sont des auteurs vraiment mineurs voire des illustres inconnus, dont les poèmes sont d’une qualité littéraire souvent faible. Leur insertion dans le recueil peut parfois être justifiée par des raisons d’ordre politique.

Le premier de ces poètes est Claudio Tolomei, docteur en droit et humaniste, dont les écrits en prose sont considérés comme bien plus influents que ses vers [GARAVELLI 2013]. Certains de ses textes s’inscrivent dans le débat alors en cours concernant la possibilité d’ajouter des lettres à l’alphabet italien : ces écrits ont été évoqués par les savants. De même pour ses Lettres : elles sont encore admirées au XIXe siècle par opposition à la piètre qualité de ses stances :

« Di Claudio Tolomei, mediocre poeta, miglior scrittor di giurisprudenza, non abbiamo a lodare che lo Epistolario, in cui concetti, forma e stile sono ammirevoli tanto da esser proposti a modello degli studiosi.  »

« De Claudio Tolomei, poète médiocre mais meilleur auteur de jurisprudence, nous n’avons d’autre à louer que sa Correspondance, dans laquelle les concepts, la forme et le style sont si admirables qu’ils sont proposés comme modèle aux érudits. » [COGNETTI 1875, p. 613]

Suit un poème d’Annibale Tosco : l’importance actuelle de ce personnage consiste uniquement dans le fait d’avoir été le destinataire d’une lettre de la poétesse bien plus célèbre Chiara Matraini (1515-1604). Imprimée dans le recueil de lettres publié par Paul Manuce que nous avons déjà évoqué [MANUCE 1557 p. 635], cette lettre étant l’une des sources très rares sur Tosco. Elle permet de dater plus précisément le séjour génois de Matraini. Matraini lui montre qu’elle apprécie le style de ses « divinissime stanze » (« stances très divines »), et semble faire référence à son appartenance à un cercle culturel bien établi [ACUCELLA 2018 p. 439].

Outre des références éparses à la présence de ses rimes dans quelques recueils poétiques du XVIe siècle [CRESCIMBENI 1730 II, p. 105] et quelques dédicaces contemporaines, la seule autre notice sur Tosco que nous avons pu repérer se lit dans un livre excentrique intitulé « Detti, et fatti di diuersi signori et persone priuate, i quali communemente si chiamano facetie, motti & burle; raccolti per Lodovico Domenichi » (« Dits et faits de divers seigneurs et particuliers, communément appelés facéties, boutades et plaisanteries ; rassemblés par Lodovico Domenichi »). Il s’agit d’un recueil de blagues, réponses, mots d’esprit, de longueurs très inégales, réunis par Domenichi qui commente chacun par un seul mot ou une expression, par exemple sagace, mordant, froid, malhonnête, etc.

Voici la subtile boutade de Tosco reportée par Domenichi :

« Ragionando uno a tavola lungamente del fatto del Turco, e dicendo: che mai non si poteva intendere nulla de’ fatti suoi, e che cio che si parlava di lui, era bugia M. Annibal Thosco da Cesena disse: e però stà cheto tu. (Arguto) »

« Alors qu’un tel discutait longuement à table de l’affaire du Turc, en disant qu’on ne comprenait jamais rien à ses affaires et que tout ce qu’on racontait à son sujet n’était que mensonges, M. Annibal Tosco, de Cesena, a dit : “Alors, tais-toi.” (Futé) » [DOMENICHI 1562, p. 224]

Offertes à la protectrice de Tosco, la comtesse Silvia Somma da Bagno, les 25 stances que Dolce décide de publier développent une vision paradisiaque de l’amour qui rend bienheureux quiconque cède à son influence.

Inexplicablement, le poème suivant est l’Amore (« Amour ») de Jérôme Benivieni, la composition la plus ancienne de tout le recueil. Contemporain, collègue et imitateur de Politien, Benivieni écrit beaucoup mais ne fait jamais preuve de grande originalité. Sa période la plus féconde intellectuellement suit la rencontre avec Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), avec lequel il se lie d’une profonde amitié. L’influence de ce philosophe se retrouve dans ce poème, nourri de l’imaginaire du néoplatonisme ; par ailleurs, Pic de la Mirandole le remarque et en publie un commentaire. Après le décès de son ami, lui aussi empoisonné avec Politien par Pierre II de Médicis, Benivieni se rapproche de Savonarole qu’il ne reniera jamais. Globalement moins intéressantes, les œuvres qu’il compose après sa conversion à la doctrine du moine de Ferrare consistent notamment dans des commentaires à la Divine Comédie de Dante.

Le poème Amore est écrit sur le modèle classique de la chasse d’amour [DI BENEDETTO 2020]. Ce qui est intéressant, et nous y voyons l’influence à la fois de l’œuvre de Dante et de la pensée de Pic de la Mirandole, est que le poète se trouve soudain transformé en une lonce : « Cangiai in un punto, e il miser corpo humano: / In brutta fiera, e troppo iniqua, et fella, / Ond’io diueni d’huomo liber et sciolto / Vna leonza leggiadretta molto. » (« Je suis transformé en un instant, et ce misérable corps humain : / En une bête laide, trop injuste et cruelle, / De sorte que je suis devenu, d’homme libre et affranchi, / Une lonce très agile. ») Le reste du poème traite de l’ascension d’une haute colline afin d’y retrouver la femme aimée et, dans son amour, la forme humaine.

 

Les illustres inconnus : Fiordiano Malatesta (15..-1576), Pompeo Pace, Vincenzo Querini (1478-1514) et Giovan Giacomo Dal Pero (1…-1555?)

À l’aventure de Benivieni succède une série de poètes on ne peut plus mineurs, commençant par 50 stances « d’incerto autore » (« d’auteur incertain ») attribuées par la critique, bien que de manière non définitive, à Galeazzo di Tarsia (1520?-1553) [PELLEGRINI 1918].

Ensuite, un très court poème de 10 stances seulement, attribué par Dolce à un certain Malatesta da Rimini. Étant donné que la famille des Malatesta a gouverné cette ville de Romagne pendant plusieurs siècles, l’ambiguïté demande à être levée. L’auteur de ces stances, tout occupé par la douleur atroce de l’abandon de son aimée, est un certain Fiordiano Malatesta, décédé en 1576. Juriste et naturaliste à la fois, il a participé au gouvernement de la ville et se dédie à la poésie, publiant des vers sur la beauté des femmes et de sa ville natale [TONINI 1884].

Or si Malatesta n’a pas sombré complètement dans l’oubli, c’est en partie grâce à ces vers larmoyants, mais aussi et surtout grâce à un ouvrage curieux qu’il publia : un traité d’ichtyologie en huitains, la Operetta non meno utile che dilettevole, della natura, et qualità di tutti i pesci, fino al giorno d’oggi conosciuti dal mondo, dove si contengono i loro nomi particolari, sì latini come moderni volgari », (« Petit ouvrage pas moins utile qu’agréable, traitant de la nature et des caractéristiques de tous les poissons connus à ce jour dans le monde, dans lequel sont répertoriés leurs noms propres, tant en latin que dans la langue vernaculaire moderne »). Ce traité imprimé à Rimini en 1576, aurait dû être accompagné d’illustrations figurant les différents poissons, véritable passion de son auteur ; il n’en fut pas ainsi et de surcroît l’ouvrage n’existe qu’en une seule édition [GRIECO 2001].

Une deuxième composition anonyme, toujours considérée « d’incerto autore », respecte les canons traditionnels du genre : en 50 stances, dans un cadre à la fois agreste et mythique, elle rend hommage aux joies de l’amour. L’attribution proposée couramment, mais sans conviction unanime, va à Luigi Alamanni [PELLEGRINI 1913] [CALITTI 2004].

Non moins inconnue est la figure de Pompeo Pace. Contrairement à la plupart de ses collègues recueillis par Dolce, Pace n’écrit pas des poèmes pour vivre mais il est auditore (auditeur, c’est-à-dire secrétaire) de Giovanni Grimani (1506-1593), patriarche d’Aquilée [PASCHINI 1957]. Ami de Bernardo Tasso, quasiment tous ses écrits arrivés jusqu’à nous sont des échanges de sonnets avec le père du Tasse, ou bien concernent les minutes de quelques ambassades auxquelles il a participé avec le puissant Grimani. Pace meurt apparemment après 1633 [BAFFIONI VENTURI 2013].

Pace est l’un de ces personnages qui éveillent la curiosité des historiens locaux et qui leur permettent, parfois, de s’adonner à de vrais morceaux de bravoure de micro-histoire. La biographie mordante que Giacomo Vanzolini a écrite sur Pace au début du XXe siècle permet en effet d’ériger ce diplomate-poète en figure emblématique de tous ces hommes de lettres, dilettantes plus ou moins doués, qui peuplent les anthologies de la Renaissance.

Sono poche notizie quelle ch’io posso dare, e forse le sole che rimangono, su questo cinquecentista; e a qualcuno parranno anche troppe. Ma poiché il suo nome è ricordato con qualche onore dai suoi contemporanei, vediamo di sapere chi egli fosse. È vero che nel cinquecento non ci voleva molto a farsi nominare in un poema o in un dialogo e a ricevere in sonetto, pur dai maggiori, e anche meno a vedere i propri versi e le proprie lettere stampate in qualche volume di quei « diligenti collettori/ delle rime diverse e delle prose », che Cesare Caporali nell’Esequie di Mecenate mandava dietro al caval pegaseo con bacili in mano, « acciò il letame e l’immondezza / che dal ventre toscano usciva fuori / non gisse in terra fra la sordidezza ». Onde oggi è messa a bella prova la nostra erudizione in illustrare quegli ignoti. Al Pace, sebben marchegiano, capitò la stessa sorte coll’Atanagi e col Dolce «collettori», o egli la cercò; e a me è capitato d’incontrare alcune notizie di lui, quasi senza cercarle, perché le più mi si offersero dall’Oliveriana di Pesaro. […] Il quale, ad ogni modo, giureconsulto fu certamente, […] e divenne poscia auditore del patriarca d’Aquileia. Probabilmente l’ufficio di pretore lo fece dimorare “alcuni anni” a Montebaroccio, […] anni di lieta giovinezza e d’amori che informano quasi tutte le poche rime del Pace, composte in parte là sul “Fiorito adorno, Monte che del nome / di due ruote congiunte” si chiama appunto Mombaroccio. […] E lassù il bravo pretore s’invaghì di una Marina, ch’egli amò certo di grande e sincero amore, ma ch’ebbe il coraggio di cantare nelle stanze su citate, in modo da disgradarne il più disgraziato secentista. Sentite un po’! “Fui huomo, vissi e caldamente amai / ed hor son fatto per pietà divina, / quasi Lica, uno scoglio in la Marina” […] Messosi sulla via di siffatti versacci, per logica fatale dovea giungere a chiedere: chi vide in Monte mai nascer un Mare? E seguitar descrivendo tutti i tesori che in quel Mare si trovavano. Possono essere pure di quel tempo, e relative a quella piccola corte, altre rime “preziose” che si leggono nelle raccolte dell’Atanagi e del Dolce […] Così con la coltura giuridica e l’esperienza acquistata, ma anche con l’ajuto e la protezione del suo signore potè, cred’io, essere il Pace accolto auditore del patriarca d’Aquileja Giovanni Grimani, gran raccoglitore d’antichità […] nel ‘48 era già a Venezia e aveva scritto, lo sciagurato, un sonetto laudativo a quell’immondo Pietro Aretino, che ne lo ringraziava salutandolo “Poeta chiaro et Dottore ‘eccellente’”. […] Tale fu messer Pompeo Pace da Pesaro, rimatore alla peggior moda del tempo, uomo di legge e beneficiato, e un po’ anche diplomatico: nel tutt’insieme, poco dissimile da tanti cortigiani del suo secolo, per quanto scarsi ci risultino i casi della sua vita, che io lascio “a maggior bando” e a più felici ricerche. »

« Les informations que je peux donner sur ce poète du XVIe siècle sont rares, et peut-être les seules qui subsistent ; à certains, elles sembleront même beaucoup trop. Mais puisque son nom est évoqué avec un certain honneur par ses contemporains, essayons de découvrir qui il était. Il est vrai qu’au XVIe siècle, il ne fallait pas grand-chose pour être cité dans un poème ou un dialogue et pour recevoir un sonnet, même de la part des plus grands, et encore moins pour voir ses vers et ses lettres imprimés dans l’un de ces volumes de ces “diligents collecteurs / de rimes diverses et de prose”, que Cesare Caporali, dans les Équipes funèbres de Mécène, envoyait derrière le cheval de Pégase, des bassins à la main, “afin que le fumier et les immondices / qui sortaient du ventre toscan / ne tombassent pas en terre parmi la sordidité”. C’est pourquoi notre érudition est aujourd’hui mise à rude épreuve pour mettre en lumière ces inconnus. Au Pace, bien qu’originaire des Marches, il est arrivé le même sort qu’à Atanagi et à Dolce, les “collectionneurs”, ou bien l’a-t-il recherché ; et il m’est arrivé de tomber sur quelques informations le concernant, presque sans les chercher, car la plupart m’ont été offertes par la [bibliothèque] Oliveriana de Pesaro. […] Celui-ci, en tout cas, fut certainement jurisconsulte, […] et devint par la suite auditeur du patriarche d’Aquilée. Probablement, la fonction de préteur l’a fait séjourner “quelques années” à Montebaroccio, […] des années de joyeuse jeunesse et d’amours qui imprègnent presque tous les rares vers de Pace, composés en partie là-bas sur le “Mont fleuri et orné, qui porte le nom / de deux roues jointes”, appelé justement Mombaroccio. […] Et là-haut, le brave préteur tomba éperdument amoureux d’une certaine Marina, qu’il aima sans doute d’un amour grand et sincère, mais qu’il eut le courage de chanter dans les strophes susmentionnées, de manière à déplaire au plus malheureux des poètes du XVIIe siècle. Écoutez-moi ça ! “J’étais un homme, j’ai vécu et j’ai aimé passionnément / et maintenant, par la miséricorde divine, / je suis devenu, tel Lichas, un rocher dans l’eau Marine” […] S’étant engagé sur la voie de ces vers grossiers, il devait, par une logique fatale, en venir à demander : qui a jamais vu naître une mer sur une montagne ? Et il continua en décrivant tous les trésors que l’on trouvait dans cette mer. D’autres rimes “précieuses”, que l’on peut lire dans les recueils d’Atanagi et de Dolce, peuvent également dater de cette époque et se rapporter à cette petite cour […] C’est ainsi que, grâce à sa culture juridique et à l’expérience acquise, mais aussi à l’aide et à la protection de son seigneur, Pace put, je crois, être accueilli comme auditeur du patriarche d’Aquilée Giovanni Grimani, grand collectionneur d’antiquités […] en 1548, il était déjà à Venise et avait écrit, le malheureux, un sonnet élogieux à cet immonde Pierre l’Arétin, qui le remerciait en le saluant « Poète clair et Docteur “excellent” ». […] Tel fut maître Pompeo Pace de Pesaro, poète de la pire veine de son temps, homme de loi et bénéficiaire, et un peu aussi diplomate : dans l’ensemble, peu différent de tant de courtisans de son siècle, aussi rares que semblent être les cas de sa vie, que je laisse « à une plus grande diffusion » et à des recherches plus fructueuses ». [VANZOLINI 1901, p. 113-117]

Les vers sur lesquels Vanzolini ironise sont tirés des deux poèmes qui apparaissent dans le recueil, de 11 et 18 stances respectivement. En revanche celui de Vincenzo Querini qui suit, quoique respectueux du genre de la plainte amoureuse, révèle une sensibilité plus sophistiquée.

Dans sa vie relativement brève, Querini endosse presque toutes les carrières qui s’offrent aux hommes de lettres de la Renaissance. Né dans une influente famille du patriciat de Venise, il obtient un doctorat à l’université de Padoue, il rentre en relation avec plusieurs intellectuels dont Pietro Bembo, il participe à des missions diplomatiques pour la République pour enfin rejoindre l’ordre camaldule avec le nom de Pierre et se consacrer presque entièrement à la réforme de l’Église [BOWD 2002].

Si Dolce avait voulu conclure les Stanze di diversi illustri Poeti avec une composition de Querini, cela eût été un choix peut-être insolite, mais compréhensible en tant que déclaration sur l’état politico-religieux de la péninsule italienne. Il n’en a pourtant pas été ainsi, car l’éditeur ajoute à la fin de son recueil un poème en 24 stances d’un certain Giovan Giacomo dal Pero intitulé « Sovra varie imprese di donne » (« Sur des divers exploits de femmes »). S’il est vrai que les anthologistes de l’époque donnaient autant d’importance aux deux extrêmes de leur catalogue [TOMASI 2001], on ne peut que s’étonner de la juxtaposition de Bembo et de dal Pero.

Il est possible que ce nom ait été proposé à Dolce par Giolito de’ Ferrari, car dal Pero est son ami, correspondant épistolaire et compatriote de Trino dans le Montferrat [NUOVO COPPENS 2005]. Ayant eu quelque succès dans la carrière diplomatique, nous retrouvons dal Pero à la cour impériale en 1541 [ZUCCHI 1600 p. 286-288]. Parmi les ouvrages qu’il imprime, Giolito de’ Ferrari lui dédie en 1555 un ouvrage d’Antonio de Guevara (1480?-1545) sur les mystères du mont Calvaire. LLL’année suivante le même Giolito de’ Ferrari écrit une lettre à Antoine Perrenot de Granvelle (1517-1586) afin de lui demander un sauf-conduit pour se rendre depuis Venise à sa maison de famille à Trino : il fait ainsi appel au souvenir de leur amitié commune avec Giovanni Giacomo dal Pero, probablement déjà décédé [NUOVO COPPENS 2005 p. 290]. Puisque la première édition des Stanze di diversi illustri Poeti date d’avant la mort de dal Pero, il est probable que l’intention de l’éditeur et de l’imprimeur soit davantage de favoriser un ami plutôt que d’en célébrer la mémoire.

Par ailleurs, Giolito de’ Ferrari et Dolce n’étaient pas seuls à tenir en haute estime l’amitié de ce dal Pero : Niccolò Franco (1515-1570), un homme de lettres qui fut d’abord secrétaire, ensuite rival acharné de l’Arétin et dont l’œuvre érotique La Priapea est souvent imprimée à la suite du Vendemmiatore de Tansillo, affirme dans une épitre que l’amitié de « Gioan Jacopo dal Pero » est parmi les plus chères qu’il puisse jamais désirer [TANSILIO FRANCO 1790 p. 180].

Silvio de Gaète écrit également une lettre à sa propre sœur pour la féliciter de la naissance de sa fille, dont il a été informé par nulle autre personne que « le Signor Giovan Iacopo » [DOLCE 1554, p. 425].

 

Alessandro Valsecchi

 

Appendice :

Plan des Stanze di diversi illustri poeti…
Auteur déclaré Auteur Titre du poème Premier vers Nombre de stances Édition la plus récente
Monsig. Bembo Bembo, Pietro (1470-1547) Ne l’odorato e lucido oriënte 50 [Gnocchi, 2003 ; Juri, 2020]
M. Angelo Politiano Politien, Ange (1454-1494) Cominciata per la giostra del Magnifico Giuliano di Piero di Medici. Le gloriose pompe, e i fieri ludi 125 [Séris Bausi 2006]
M. Angelo Politiano Politien, Ange (1454-1494) – Libro secondo. Eran già tutti a la risposta attenti 46 [Séris Bausi 2006]
Cardinale Egidio [Gilles de Viterbe (1465?-1532)] ; attribué à Giovambattista Lapini (????-????) [Stanze della Pudicizia.] La ‘ve l’Aurora al primo albor rosseggia 50 [Romanato 2017]
Il medesimo [Gilles de Viterbe (1465?-1532)] ; attribué à Tommaso Castellani (1475/85 ?-1541) Caccia di amore del medesimo. Giovani incauti, che ‘il camin uolgete 52 [Romanato 2012]
S. Vittoria Colonna, Marchesa di Pescara Colonna, Vittoria (1490-1547) ; attribué à Gambara, Veronica (1485-1550) Quando miro la terra ornata e bella 27 [Bullock 1995]
Il Molza Molza, Francesco Maria (1489–1544) Stanze del Molza sopra il ritratto della S. Giulia Gonzaga. Se così dato a vostri tempo Homero 50 [Serassi 1747]
Gandolfo Porrino (14??-1552) – Seconda parte. Del bel l’idolo mio, ch’in terra adoro 50 [Serassi 1747]
Il medesimo Molza, Francesco Maria (1489–1544) Al reverendiss. et illus. Cardinal Hippolito de Medeci. Quantunque paia meno a cui si debbe 24 [Serassi 1747]
Il medesimo Molza, Francesco Maria (1489–1544) La Ninfa Tiberina. La bella Ninfa mia, ch’al Tebro honora 82 [Bianchi 1991]
Luigi Alamanni Alamanni, Luigi (1495-1556) Favola di Narciso. Alma mia pianta, in le cui belle fronde 79 [Bizzi 2022]
Il medesimo Alamanni, Luigi (1495-1556) Stanze. L’oscuro suo sentier la notte havea 71
M. Pietro Aretino Arétin, Pierre (1492-1556) [Stanze in lode di Angela Serena.] Aure, o aure che vi raggirate 60 [Aquilecchia Romano 1992]
M. Bernardo Tasso Tasso, Bernardo (1493–1569) Per la Signora Donna Iulia Gonzaga. Se di penne giammai candide e belle 74 [Chiodo Martignone 1995]
Il medesimo Tasso, Bernardo (1493–1569) Se ben di sette stelle ardenti e belle 15 [Chiodo Martignone 1995]
Il signor Hercole Bentivoglio Bentivoglio, Ercole (1507-1573) L’ire, l’asprezze e le gelate voglie 14 [Furnier 1719]
La signora Veronica Gambara Gambara, Veronica (1485-1550) Con quel caldo desio, che nascer suole 4 [Bullock 1995]
M. Giacomo Bonfadio Bonfadio, Jacopo (1508-1550) Donne leggiadre e belle, che tenete 6 [Sambuca 1746]
M. Antonio Placidi Placidi, Antonio (???-???) Poi, che si grave duol m’ingombra l’alma 9
Il Tansillo Tansillo, Luigi (1510-1568) Il vendemmiatore. Giovani donne, et belle, che sovente 171 [Toscano 2017]
M. Lodovico Martelli Martelli, Lodovico (1500-1528) In lode delle donne. Leggiadre donne, in cui s’annida Amore 111
Il medesimo Martelli Martelli, Lodovico (1500-1528) Alla illus. s. la s. S. Vittoria Marchesa di Pescara. In morte dell’illustriss. Marchese suo consorte. se quelle rime, ond’io cantai d’amore 125 [Catelli 2005]
Messer Claudio Tolomei Tolomei, Claudio (1492-1556) De la beltà, che Dio larga possiede 20
Messer Annibal Thosco Tosco, Annibale (???-???) L’alma mia fiamma, a cui si larga parte 25
M. Hieronimo Benivieni fiorentino Benivieni, Girolamo (1453-1542) Amore di Hieronimo Benivieni fiorentino, allo illus. S. Conte Nicolo Vicecomite da Correggio. Già lieta al novo ciel la bella aurora 118 [Mari-Fabre 1991]
D’incerto [Galeazzo di Tarsia (1520?-1553) ?] Già vago anch’io di strana gloria il nome 50 [Pellegrini 1918]
Messer Malatesta da Rimini Malatesta, Fiordiano (15..-1576) Un mar di pianti da begli occhi fuore 10
D’incerto autore [Alamanni, Luigi (1595-1556) ?] O’ biondo iddio, che con più lungo corso 50 [Pellegrini 1913]
Messer Pompeo Pace Pace, Pompeo (15??-16??) Danzava con maniere sopr’humane 11
Il medesimo Pace, Pompeo (15??-16??) Fiorito adorno, Monte che del nome 18
Messer Vincenzo Qurino Querini, Vincenzo (1478-1514) Hor, che ne l’oceano il sol s’asconde 27
M. Gio. Iacomo Dal Pero Dal Pero, Giovan Giacomo (????-1555 ?) Sovra varie imprese di donne. Ne degna più, ne più pregiata cosa 24

 

Bibliographie relative à l’épisode 3 :

[ACUCELLA 2018] Chiara Matraini, Lettere e rime, Florence, Firenze University Press, 2018.

[BAFFIONI VENTURI 2013] Luciano Baffioni Venturi, Storie degli Sforza pesaresi, vol. II, Pesaro, Metauro, 2013.

[BOWD 2002] Stephen D. Bowd, Reform before the Reformation: Vincenzo Querini and the religious Renaissance in Italy, Leyde Boston Köln, Brill, 2002.

[CALITTI 2004] Floriana Calitti, Fra lirica e narrativa. Storia sull’ottava rima nel Rinascimento, Florence, Le Càriti, 2004.

[COGNETTI 1875] Biagio Cognetti, La storia d’Italia sacra civile e letteraria, dal nascimento di Gesù Cristo fino al 1870, tomo II, Naples, Stabilimento Tipografico Pansini, 1875.

[CRESCIMBENI 1730] Giovanni Mario Crescimbeni, L’istoria della volgar poesia, Venezia, 1730.

[D’ALESSANDRO 1997] Mario D’Alessandro, « Luigi Tansillo’s Il Vendemmiatore: a mock-didactic poem of love », Scripta Mediterranea n° XVIII (1997), p. 41-57. [https://scripta.journals.yorku.ca/index.php/scripta/article/view/39977/36191]

[DI BENEDETTO 2020] Sergio Di Benedetto, « Depurare le tenebre delli amorosi miei versi ». La lirica di Girolamo Benivieni, Florence, Leo S. Olschki editore, 2020.

[DITCHFIELD 1895] Peter Hampson Ditchfield, Books fatal to their authors, New York, A. C. Armstrong and son, 1895.

[DOMENICHI 1562] Detti, et fatti di diuersi signori et persone priuate, i quali communemente si chiamano facetie, motti & burle; raccolti per Lodovico Domenichi, in Fiorenza, Appresso Lorenzo Torrentino, MDLXII.

[FINAZZI 2001] Maria Finazzi, « Le Rime di Lodovico di Lorenzo Martelli », Atti dell’Ateneo di scienze, lettere ed arti di Bergamo n° LXII (2001), p. 207-226.

[GRIECO 2001] Allen J. Grieco, « Fiordiano Malatesta da Rimini e i trattati di ittiologia della metà del Cinquecento », dans Bruno Laurioux et Laurence Mouliner-Brogi, Scrivere il Medioevo. Lo spazio, la santità, il cibo, (Un libro dedicato a Odile Redon), Rome, Viella, 2001, p. 305-315.

[MANUCE 1557] Delle lettere volgari di diversi nobilissimi hvomini, et eccellentissimi ingegni, scritte in diuerse materie, …, In Venetia, [Paolo Manutio], MDLXVII. https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=gri.ark:/13960/t85j2sj4f&seq=635&q1

[MORPUGNO 1912] Giuseppe Morpugno, Un umanista martire. Aonio Paleario e la riforma teorica italiana nel secolo XVI, Citta di Castello, S. Lapi, 1912.

[NUOVO COPPENS 2005] Angela Nuovo et Christian Coppens, I Giolito e la stampa nell’Italia del XVI secolo, Genève, Droz, 2005.

[PASCHINI 1957] Pio Paschini, Tre illustri prelati del Rinascimento: Ermolao Barbaro, Adriano Castellesi, Giovanni Grimani, Rome, Facultas theologica Pontificii Athenaei Lateranensis, 1957.

[PELLEGRINI 1913] Guglielmo Pellegrini, « Stanze sconosciute di Luigi Alamanni per Elena Bonaiuti », Giornale storico della letteratura italiana, n° LXII (1913), p. 289-335.

[PELLEGRINI 1918] Guglielmo Pellegrini, « Di alcune stanze cinquecentesche attribuite ad incerto autore », dans Raccolta di studi di storia e critica letteraria dedicata a Francesco Flamini da’ suoi discepoli, Pise, Mariotti, 1918, p. 405-428.

[ROSI 1895] Michele Rosi, « La morte di Jacopo Bonfadio », Atti della Società Ligure di Storia Patria n° XXVII (1895), p. 209-227.

[SAMBUCA 1746] Lettere famigliari di Jacopo Bonfadio di Gazano sulla Riviera di Salo’ con altri suoi componimenti in prosa ed in verso,… Il tutto insieme raccolto e dato alla luce dall’Abate Antonio Sambuca. Parte prima. In Brescia, Presso Jacopo Turlini, MDCCXLVI.

[TANSILIO FRANCO 1790] Il Vendemmiatore, poemetto in ottava rima di Luigi Tansillo, e la Priapea, sonetti lussuriosi-satirici di Niccolò Franco, A Pe-King, regnante Kien-long, nel XVIII. secolo.

[TOMASI 2001] Franco Tomasi, « Alcuni aspetti delle antologie liriche del secondo Cinquecento », dans Monica Bianco et Elena Strada (dir.), “I più vaghi e i più soavi fiori”: Studi sulle antologie di lirica del Cinquecento, Alessandria, Edizioni dell’Orso, 2001, p. 77-111.

[TONINI 1884] Carlo Tonini, La coltura letteraria e scientifica in Rimini, dal Secolo XIV ai Primordi del XIX, vol. I, Rimini, Tipografia Danesi già Albertini 1884.

[VANZOLINI 1901] Giacomo Vanzolini, « Di Pompeo Pace Pesarese », Le Marche illustrate nella storia, nelle lettere, nelle arti, n° I/VIII (1901), p. 113-117.

[ZUCCHI 1600] L’idea del segretario dal Signore Bartolomeo Zucchi da Monza accademico Insensato di Perugia, Rappresentata et in un Trattato de l’Imitatione, e ne le lettere di Principi, e d’altri Signori, Parte seconda, In Vinetia, Presso la Compagnia Minima, MDC.

 

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