La Bibliothèque Musée de l’Inguimbertine à Carpentras, propose du 14 juin au 28 septembre 2025, dans les bâtiments qu’elle occupe à l’Hôtel-Dieu de Carpentras, une exposition consacrée à Joseph Siffred Duplessis, le « Van Dyck de la France », pour reprendre les mots d’un admirateur resté anonyme qui ont inspiré à Xavier Salmon, commissaire de l’exposition, le titre de son catalogue raisonné, publié à l’occasion de cet événement [SALMON 2025].
L’exposition, qui retrace la carrière du peintre à l’occasion du 300e anniversaire de sa naissance, présente d’abord les esquisses et tableaux de scènes religieuses ou mythologiques (esquisses pour L’invention de la Croix, Satyres et bacchantes), réalisées à son retour de Rome où, parti à 20 ans, il a appris son art dans l’atelier de Pierre Subleyras.
Mais Duplessis doit son succès à son talent de portraitiste, et sa carrière publique débute véritablement au milieu des années 1760, notamment avec son portrait de L’abbé François Arnaud (1721-1784), peint en 1764. Il entre à l’Académie royale de peinture en 1769 et réalise des études et portraits de Marie-Antoinette à partir de 1771, puis un portrait de Louis XVI en grand habit royal, présenté au Salon de 1777.
Joseph Siffred Duplessis n’est pas seulement le portraitiste des souverains mais plus largement l’entourage de la cour, des notabilités, parisiennes ou provinciales (comtadine mais plus généralement méridionale), parmi lesquelles quelques figures célèbres de l’élite politique (Necker), savante (Benjamin Franklin) et artistique (Gluck) qui s’est épanouie dans l’atmosphère des Lumières.
François de Lassone (1717-1788) en est un exemple, et la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine se réjouit d’avoir contribué à cette exposition par le prêt d’un des trois portraits exposés de Lassone, que le commissaire, Xavier Salmon, a chois d’exposer côte à côte à des fins de comparaison. Comme Duplessis, François de Lassone est originaire de Carpentras, issu d’une famille de médecins du Comtat Venaissin. Formé comme chirurgien, il entre à l’Académie des sciences en 1742, devient en 1751 médecin de la reine Marie Leszczynska, puis de Marie-Antoinette et de Louis XVI.
Le portrait que livre de lui Duplessis quelques années avant sa mort est marqué par une recherche de vérité et une absence d’artifice :
« arrière-plan neutre, mobilier et accessoires en nombre réduit, regard franc, sourire aimable, coiffure au naturel, surtout, qui tend à extraire Lassone des injonctions de la mode en lui faisant abandonner la perruque, et à l’inscrire dans une forme d’immortalité propre au grand homme. » [JAMES-SARAZIN 2020 p. 186]
François de Lassone est avec le normand Félix Vicq d’Azyr le fondateur de la Société royale de médecine, l’une des institutions d’Ancien régime dont l’Académie royale de médecine créée en 1820 a repris les fonctions. Ce portrait par Duplessis, l’un des premiers tableaux parvenus dans les collections de l’Académie, légué en 1833 par le fondateur de l’Académie, le baron Portal, après avoir longtemps orné la salle du conseil de l’Académie, décore aujourd’hui le cabinet du secrétaire perpétuel.
François Léger
Bibliographie :
[SALMON 2025] Xavier Salmon, Joseph Siffred Duplessis (1725-1802). Le Van Dyck de la France, Paris, Lienart Éditions, 2025
[JAMES-SARAZIN 2020] Ariane James-Sarazin, « Duplessis, Joseph Siffred », Cat. 28, dans Jérôme van Wijland (dir.), Jérôme Farigoule (collab.), Dominique Lobstein (collab.), Académie nationale de médecine. Catalogue des peintures et des sculptures, Gand, éditions Snoeck, 2020, p. 183-187.
Informations pratiques :
Exposition « Duplessis (1725-1802), l’art de peindre la vie », Carpentras, L’Inguimbertine à l’Hôtel-Dieu, 14 juin – 28 septembre 2025
Pour citer ce billet :
François Léger, « Duplessis (1725-1802), l’art de peindre la vie », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 21 juin 2025. Disponible à l’adresse : https://bibliotheque.academie-medecine.fr/carpentras-duplessis.



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