Au cours de son histoire, l’Académie de médecine a décerné de nombreux prix, fondés le plus souvent à la suite des dispositions testamentaires de médecins fortunés ou de philanthropes. La Bibliothèque conserve une grande partie des mémoires ayant concouru à ces prix. Plusieurs billets vous inviteront, à travers l’exploration d’un prix dans son ensemble ou d’un mémoire particulier, à en découvrir toute la richesse et la diversité.
De l’auscultation des femmes enceintes à la circulation utérine
Jean Marie Jacquemier naquit le 14 janvier 1806 à Cessy dans l’Ain, un village de l’est du massif du Jura, au sein du pays de Gex et limitrophe de la ville éponyme, à quelques centaines de mètres à peine de la Suisse et du lac Léman.
Candidat malheureux à l’internat 1832 [VAN WIJLAND 2024], il réussit le concours l’année suivante. En 1837, il se fit remarquer par sa thèse de doctorat, soutenue sous la présidence de son maître François-Joseph Moreau, De l’auscultation appliquée au système vasculaire des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et du fœtus, pendant la vie intra-utérine et immédiatement après la naissance [JACQUEMIER 1837].
À la suite des travaux de Laennec sur l’auscultation médiate comme moyen diagnostique des affections pulmonaires ou cardiaques, Lejumeau de Kergaradec avait cherché à appliquer cette même méthode aux femmes enceintes, décrivant « les doubles pulsations résultant de la contraction du cœur fœtal » et « un autre bruit soufflé, isochrone avec les battements du cœur de la mère, qui conduisit l’observateur à présumer que ce “battement simple avec souffle” pouvait bien avoir quelque rapport avec le lieu d’insertion du placenta, de là le nom de “bruit placentaire” qu’il lui donna. » [SIEBOLD HERRGOTT 1891 t. II p. 642], travaux qu’il présenta à l’Académie royale de médecine le 26 décembre 1821 [LEJUMEAU DE KERGARADEC 1822].
Ces recherches, auxquelles Laennec lui-même consacrait un long développement dans la seconde édition de son fameux Traité, « Des Bruits donnés par les organes circulatoires chez le fœtus » [LAENNEC 1826 t. II p. 457-466], en amorcèrent d’autres.
Depuis sa position d’interne à la maison d’accouchement de Paris, il put procéder à l’auscultation de la région précordiale chez de très nombreuses femmes enceintes puis chez des femmes examinées peu après l’accouchement (jusqu’au 9e jour), ainsi qu’à l’auscultation de l’abdomen pendant la grossesse et après l’accouchement, tentant de démontrer « que le souffle utérin ne s’entendait pas au lieu ordinaire de l’implantation du placenta, mais à la partie inférieure de la matrice, comme Bouillaud l’avait démontré en 1835 » [SIEBOLD HERRGOTT 1891 t. II p. 645].
Jean-Baptiste Bouillaud, revenant quelques décennies plus tard sur ses propres recherches, commentait ainsi cette étape :
« En 1837, dans sa thèse inaugurale, M. le docteur Jacquemier, ancien chef de clinique de M. P. Dubois, après avoir passé en revue et combattu quelques-unes des explications proposées sur le siège et le mode de production du souffle puerpéral, admet celle que j’avais essayé de démontrer en 1835, savoir qu’il a son siège dans les artères du bassin comprimées par l’utérus (segment inférieur).
Onze femmes, présentant le bruit de souffle puerpéral très-marqué dans le décubitus sur le dos, furent placées de telle manière que les bras étaient appuyés sur un banc très-bas, position dans laquelle le globe utérin pesait sur la paroi antérieure du ventre. Or, dans cette position, le souffle puerpéral disparut chez dix de ces femmes, et devint plus faible chez celle qui le conservait. Toutefois, M. le docteur Jacquemier croit devoir déclarer que, l’auscultation étant très-difficile à pratiquer dans la position indiquée, il aurait bien pu se tromper.
Le même observateur nous apprend que, chez quatre femmes non enceintes qui portaient une tumeur dans la cavité du ventre, il existait le bruit de soufflet abdominal.
Les recherches d’un observateur aussi autorisé que M. le docteur Jacquemier méritent d’être prises en très-sérieuse considération. Elles concourent à réfuter victorieusement la théorie du souffle utérin comme celle du souffle placentaire et militent puissamment, au contraire, en faveur de celle qui place le souffle puerpéral maternel dans les artères de l’excavation pelvienne, comprimées par la grosse masse de l’utérus rempli du produit de la conception.
Une ère nouvelle commença pour la théorie utérine véritable, en 1847, époque où notre éminent collègue, M. le professeur Depaul, bien jeune alors, publia son Traité théorique et pratique d’auscultation obstétricale. » [BOUILLAUD 1876 p. 576-577]
Spécialisé dans les préparations anatomiques, Jacquemier les réalisa pour l’atlas in-folio que son maître Moreau publia en 1837 pour accompagner son Traité pratique des accouchemens qui parut en 1838 et 1841 [MOREAU 1837]. L’atlas bénéficia d’un nouveau tirage en 1845 [MOREAU 1845].
Peu après sa thèse remarquée, Jacquemier publia un important article sur la question de l’existence de vaisseaux utéro-placentaires susceptibles d’établir une communication directe entre la mère et le fœtus, fondant sa méthode sur des injections d’air, d’eau ou de suif fondu pratiquées sur des utérus et sur des placentas :
« Les recherches que je publie aujourd’hui datent de 1837, dernière année de mon internat à la maison d’accouchement. Les circonstances favorables de ma position, la bienveillance d’un excellent maître, M. le professeur Moreau, qui m’a confié le soin de faire quelques préparations pour l’atlas de son traité d’accouchement, y ont donné lieu. Mes observations portent sur deux femmes mortes dans le dernier mois de leur grossesse sans avoir été délivrées, sur un grand nombre d’injections faites sur des utérus de femmes qui ont succombé très peu de temps après l’accouchement, enfin sur un beaucoup plus grand nombre de placentas. » [JACQUEMIER 1838 p. 165]
Il le fit suivre d’un article consacré à la circulation utérine [JACQUEMIER 1839]. En 1844, il tenta, sans y parvenir, l’agrégation de chirurgie [JACQUEMIER 1844], peut-être empêché par ses difficultés à s’exprimer à l’oral, se recentrant de facto sur une clientèle en ville [CHARPENTIER 1879].
Jacquemier pédagogue
En 1846, il publiait un Manuel des accouchements et des maladies des femmes grosses et accouchées, contenant les soins à donner aux nouveaux-nés [JACQUEMIER 1846], très vite reconnu comme un manuel de référence et d’une grande exhaustivité, inscrit dès 1848 dans la liste des manuels offerts aux lauréates de l’examen final des élèves sages-femmes, avec ceux de Moreau et de Cazeaux [BEAUVALET-BOUTOUYRIE 1999 p. 123-124].
Désiré-Joseph Joulin, dans une revue de synthèse consacrée à la version pelvienne, en soulignait l’importance tout en regrettant le style :
« Le Manuel des accouchements, de M. Jacquemier, est plus complet que bien de prétendus traités sur la matière, et si la lecture en était moins pénible, il eût eu un grand succès, car au point de vue scientifique il est bien supérieur aux deux traités publiés également par des élèves de M. Dubois. » [JOULIN 1865-1866 p. 30-31]
François Joseph Herrgott était moins sévère que son querelleur confrère :
« Nous ne pouvons avoir la pensée de faire l’analyse de tous les traités d’accouchements qui ont été publiés dans les divers pays, depuis l’Histoire de Siebold, ce serait nous éloigner du plan que nous nous sommes tracé. Nous parlerons de ceux qui nous paraissent avoir exercé sur l’étude, la pratique de l’obstétricie et sur la marche de la science une réelle influence.
En 1846, M. le Dr Jacquemier ancien interne de la Maternité, publia un Manuel des accouchements et des maladies des femmes grosses et accouchées, contenant les soins à donner aux nouveau-nés ; 2 v. in-12.
Cet excellent livre n’eut qu’une édition, malgré le soin avec lequel il est rédigé et les choses excellentes et nouvelles qu’il renferme, I, 656 ; II, 848 p. av. 63 fig. bien exécutées, empruntées à l’atlas de Moreau. » [SIEBOLD HERRGOTT 1892 t. III p. 407]
Tout au long des années 1850, il ne cessa de donner des contributions régulières à la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie.
En janvier 1853, Jacquemier éditait une nouvelle traduction du célèbre manuel de Naegele, déjà traduit en 1844 par Jean-Baptiste Pigné à partir de la 2nde édition. Estimant faire avec Naegele ce que son maître Moreau avait fait pour Baudelocque, il soulignait de surcroît le succès extraordinaire du Naegele en Allemagne :
« qui a eu un succès au moins égal et qui compte déjà huit éditions, fait presque sans exemple en Allemagne, où la multiplicité des universités rivales tend à limiter la propagation des livres classiques » [NAEGELE 1853 p. II] [SAGE PRANCHÈRE 2011 t. I p. 479 n. 25]
Dans sa thèse L’école des sages-femmes. Les enjeux sociaux de la formation obstétricale en France, 1786-1916, Nathalie Sage Pranchère souligne la manière dont Jacquemier insista sur et réorganisa le système de questions-réponses :
« Ce sont donc en réalité plusieurs milliers de questions qui sont proposées en complément du manuel. La mise à disposition des professeurs d’accouchement français d’un outil pédagogique mis au goût du jour et susceptible de prendre avantageusement le relais du “petit” Baudelocque permet à la méthode catéchétique de se maintenir dans les écoles de sages-femmes sur des bases scientifiques renouvelées. Elle justifie la pérennisation d’une forme d’instruction qui a été entre temps quasiment abandonnée dans l’enseignement primaire : celle de l’enseignement mutuel. » [SAGE PRANCHÈRE 2011 t. I p. 505-506]
Dès cette première traduction, l’ouvrage fut placé par décision ministérielle au rang des livres classiques destinés aux élèves sages-femmes de la Maternité de Paris. Une deuxième puis une troisième édition parurent coup sur coup en 1857.
Dystocie vraie des épaules et manœuvre de Jacquemier
Durant les années 1850, il accumula plusieurs observations relatives à la dystocie des épaules, qui culminèrent avec la lecture, en 1860 à l’Académie de médecine, d’un mémoire intitulé « Du volume de la poitrine et des épaules du fœtus considéré comme cause de dystocie dans les présentations de l’extrémité céphalique », publié dans la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie [JACQUEMIER 1860 b].
Il y décrivait une complication se produisant à l’accouchement, une rétention des épaules au-dessus du détroit supérieur :
« Dans l’accouchement normal, le diamètre bi-acromial s’engage dans un diamètre oblique permettant à l’épaule postérieure de se loger dans la concavité sacrée ou dans l’échancrure sacrosciatique pendant le trajet de l’épaule antérieure qui glisse derrière la symphyse. Habituellement, le diamètre bi-acromial est compris entre 12 et 13 cm, sa réduction par tassement permet aisément le passage du détroit supérieur. La tête s’engageant dans un bassin a priori normal, si le diamètre bi-acromial est supérieur à 13 cm et si les deux épaules tentent de s’engager simultanément, la dystocie est imminente, surtout si les épaules se placent dans le diamètre le plus court (axe antéropostérieur). » [TREISSIER 1995 b p. 1347-1348]
Jacquemier relatait avoir appliqué cette manœuvre pour la première fois, en 1848 :
« Dans le courant de mars 1848, je fus appelé rue des Trois-Frères pour terminer un accouchement laborieux : il s’agissait d’une femme âgée d’une trentaine d’années qui était en travail de son troisième enfant, et qui souffrait depuis environ dix-huit heures. La sage-femme qui l’assistait m’apprit que le travail avait marché assez vite jusqu’au moment où la tête avait commencé à s’engager dans le détroit inférieur, mais qu’à dater de ce moment et depuis environ dix heures, malgré des douleurs répétées et soutenues qui soulevaient déjà le périnée, l’expulsion n’avait plus fait de progrès sensibles. » [JACQUEMIER 1860 b p. 645]
Entendant les battements du cœur, et dès lors répugnant à appliquer un crochet mousse sur l’aisselle accessible, il effectua la première forme de manœuvre appelée à prendre son nom, bien qu’il eût fracturé la partie supérieure de l’humérus [STOFFT 2000].
La manœuvre de Jacquemier s’est depuis imposée comme celle préconisée dans les cas de dystocie vraie des épaules.
« Le principe de la manœuvre de Jacquemier ne consiste pas du tout à essayer d’abaisser l’épaule postérieure par une manœuvre directe, car c’est absolument impossible. Elle consiste à attraper la main qui correspond à l’épaule postérieure et à tirer tout le bras à l’extérieur. On comprend dès lors qu’à l’épaule postérieure se substitue le creux de l’aisselle, ce qui réduit le diamètre des épaules de trois bons centimètres. En outre, la traction sur le bras entraîne la rotation du tronc fœtal de telle sorte qu’à la fin de la manœuvre l’aisselle du bras que l’on tient se trouve sous le pubis tandis que l’épaule qui était quelques instants avant derrière le pubis est descendue dans l’excavation. C’est pourquoi dès que le bras est dehors, l’accouchement suit dans l’instant même. » [MALINAS 1985 p. 14]
« La dystocie des épaules ne peut se résoudre que par voie basse : seule, la manœuvre de Jacquemier permet de se sortir de ce redoutable accident dans sa forme typique. » [TREISSIER 1995 a p. 569]
Un faux-ami, le signe de Jacquemier
Jacquemier bénéficie par erreur d’un autre éponyme médical. Outre la manœuvre, on trouve aussi mention, dans la littérature obstétricale ou maïeutique, du “signe de Jacquemier”, diagnostic de la grossesse que même le très sérieux Garrison et Morton attribue à tort à Jacquemier [GARRISON MORTON 1991 p. 955]. Pourtant, Jacquemier lui-même, dans le chapitre de son manuel consacré au diagnostic de la grossesse, indiquait précisément sa source :
« L’un de ces signes, indiqué par M. Jacquemin, est tiré de la coloration plus foncée de la muqueuse vulvo-vaginale ; cette coloration plus intense, qui est quelquefois portée jusqu’au rouge-brun, est réelle ; mais, comme dans la plupart des cas, il est impossible de la distinguer de celle qui dépend des variétés individuelles ou de circonstances accidentelles ; elle ne paraît pas même devoir prendre place parmi les signes rationnels les plus secondaires. » [JACQUEMIER 1846 t. I p. 215]
Dans un article fondateur, qui contribua à faire de son auteur l’éponyme le plus couramment employé (« signe de Chadwick »), James Reed Chadwick restituait la priorité de la description de ce signe clinique à un médecin des prisons peu connu, Étienne Joseph Jacquemin (1796-1872), et faisait justice de l’attribution plus favorable au réputé Jacquemier [CHADWICK 1887]. Cela ne suffit pas, pour autant, à éviter la confusion qui perdure souvent encore aujourd’hui.
Embryotome caché à lames mobiles et à chaînons de scie
Jacquemier fut aussi un concepteur et innovateur instrumental dans le domaine de l’embryotomie, proposant un nouvel instrument permettant la décollation par scie [SIEBOLD HERRGOTT 1892 t. III p. 138].
Dans la séance du 26 novembre 1861, le fabricant d’instruments chirurgicaux Louis Mathieu présentait à l’Académie impériale de médecine un nouveau type d’embryotome conçu suivant les indications de Jacquemier :
« M. Mathieu met sous les yeux de l’Académie un embryotome caché à lames mobiles et à chaînons de scie qu’il a construit sur les indications de M. Jacquemier.
Dans les cas si embarrassants de présentation du tronc, où le fœtus est mort et la version impossible, l’indication est de pratiquer la section du cou ou de séparer le tronc en deux parties qui sortent isolément avec la plus grande facilité. Mais, jusqu’à présent, l’art n’ayant à sa disposition que des moyens défectueux et insignifiants pour remplir cette indication, la section du cou du fœtus dans l’utérus est restée une opération des plus difficiles, le plus souvent même inexécutable, qu’on élude presque toujours.
C’est en vue de remédier à cet état de choses que le présent instrument de décollation ou de décapitation a été imaginé il est fort simple, bien que composé de plusieurs pièces, qui sont
1° Un crochet mousse (fig. 1), creusé dans toute son étendue d’un canal à rainure dans le sens de la courbure ;
2° Une tige sur un manche G, fixée par une vis, tige qui glisse librement dans le canal du crochet et est terminée, B, par une série de lames articulées dont la concavité fait saillie à travers la rainure du crochet
3° Une seconde tige qui peut, sans que l’on déplace le crochet, remplacer la première, portant (b, fig. 2), au lieu de lames convexes, des chaînons de scie écrasés en dehors de manière à former une large voie dans laquelle la partie recourbée du crochet, aplatie a cet effet, peut s’engager facilement
4° Une gaine mobile (d d), que l’on peut faire glisser jusqu’à la naissance de la courbure du crochet, et qui met à l’abri des lames convexes ou des dents de la scie, la vulve, le vagin, l’orifice utérin, etc.
On peut, par une disposition particulière (fig. 1) faire saillir à volonté la lame terminale au bout du crochet et le transformer en un crochet aigu pour le cas où il serait impossible de le porter sur le cou et où l’on voudrait agir sur le tronc, diviser la colonne vertébrale, le sternum, etc.
En saisissant d’une main le manche du crochet, que l’on tient immobile, et de l’autre le manche de la tige, on peut faire exécuter des mouvements rapides de va-et-vient aux lames ou à la scie, et diviser les parties embrassées dans la concavité du crochet.
Cet instrument se démonte avec la plus grande facilité et chaque pièce peut être nettoyée isolément. L’instrument, débarrassé de sa tige, et même de sa gaine protectrice si cela est nécessaire, est introduit dans l’utérus et mis en place comme un crochet mousse ordinaire. Après avoir poussé la gaîne au-delà de l’orifice utérin contre les parties du fœtus, on fait glisser la tige armée jusque dans la courbure du crochet ; tandis que la main droite, appliquée sur le manche de la tige, lui imprime des mouvements rapides de va-et-vient, la main gauche, appliquée sur le manche du crochet, le fixe sur les parties embrassées dans sa concavité.
Il résulte d’expériences nombreuses, faites sur le cadavre, que le crochet n’est pas exposé à être faussé, ni la tige armée à sortir de sa gaine. La tige à lame convexe divise facilement et rapidement les parties molles, tandis que la scie à large voie ne divise que lentement les parties osseuses. Cette partie de l’opération exige un exercice préliminaire et l’habitude de se servir d’une scie concave ayant à diviser en même temps des parties dures et des parties molles dans des conditions peu favorables. Le point important est de ne point exagérer la pression exercée avec la main qui fixe le crochet et le tient immobile sur les parties embrassées dans sa concavité. » [MATHIEU 1861 p. 157-159]
Un académicien actif et discret
À cette date, Jacquemier venait tout juste d’être élu académicien. Il avait tenté d’accéder à l’Académie de médecine, dans la section d’accouchement, dès le début des années 1850 mais sans succès. Lors de l’élection qui prit place dans la séance du 7 mai 1850, il ne recueillit aucun suffrage. Antoine-Constant Danyau fut élu. Jacquemier se présenta de nouveau à l’élection du 19 août 1851, au terme de laquelle Nicolas-Charles Chailly-Honoré fut élu, lui-même n’obtenant qu’un bulletin au second tour. Le 20 avril 1852, Jean Depaul fut élu, Jacquemier ne recueillant que deux bulletins en sa faveur au second tour.
Il n’y eut plus de scrutin dans la VIIe section avant qu’une place n’y fût ouverte en remplacement du pharmacien Eugène Soubeiran (1797-1858), membre dans la section de physique et chimie médicales. Dans la séance du 4 décembre 1860, placé en 1ère ligne, Jacquemier l’emporta dès le premier tour avec 44 voix contre 17 à Devilliers, 7 à Laborie, une à Blot, une à Hatin, une à Pajot et un bulletin blanc, Charles Devilliers et Hippolyte Blot finissant par le rejoindre dans la section, respectivement en 1862 et 1863.
Homme de peu de publications et de peu de communications, il n’en fut pas moins très actif au sein de l’Académie de médecine.
Dès le 26 décembre 1860, il fut nommé membre de la commission permanente de vaccine avec Blache, devenant au moins dès 1865 directeur adjoint du service de la vaccine, Depaul étant directeur. Ces responsabilités ne l’empêchèrent pas d’être désigné comme rapporteur de différents mémoires ayant trait à l’obstétrique, et ce, dès la première année de son élection. Dès 1861 il fut aussi désigné comme rapporteur du prix Capuron relatif aux accouchements, au sein d’une commission regroupant Moreau, Depaul, Ricord et Danyau.
Jacquemier fut aussi associé aux premiers débats sur la surmortalité des nourrissons, sur le placement nourricier, le sort des enfants assistés, les modes d’allaitement ou le fonctionnement des crèches, amorcés par les envois des docteurs Charles Monot et Amédée-Théodore Brochard [ROLLET-ECHALIER 1990 p. 21-28] [LÉGER VAN WIJLAND 2021]. C’est lui qui, avec Hippolyte Blot, fut chargé du rapport du mémoire de Charles Monot, De l’industrie des nourrices et de la mortalité des enfants nouveau-nés, lu par Blot dans la séance du 11 septembre 1866 (publié dans le Bulletin à la date du 25 septembre) [BLOT 1866].
Patrice Pinell distingue dans ces débats trois niveaux d’argumentation, qui reflètent la diversité des enjeux à l’œuvre :
« Le premier porte sur l’analyse « scientifique » du problème de la mortalité infantile, de son évaluation statistique, de ses causes cliniques, de ses déterminants sociaux et moraux et de son importance pour la société française. Le deuxième est relatif à l’attitude que l’Académie doit adopter vis-à-vis de la question dont elle a été saisie et met en jeu une interprétation de la nature de la demande du ministre, une définition de son rôle comme instance consultative du pouvoir politique et, par là même, de ses relations avec le gouvernement et l’administration. Le troisième, articulé au précédent, concerne la nature du travail qu’il lui faut accomplir pour remplir correctement sa mission : s’en tenir à décrire la situation, amender le projet de réglementation du Dr Monot ou aller au-delà et proposer des réformes sociales. » [PINELL 2019 p. 143-144]
Nul doute que Jacquemier fut choisi pour le premier niveau d’argumentation, autrement dit ses compétences disciplinaires, scientifiques – son silence au cours des débats ultérieurs s’expliquant probablement autant par sa discrétion que par ses difficultés d’élocution :
Reconnu pour sa compétence, coauteur avec Blot du rapport sur le mémoire de Monot, Jacquemier fut d’office intégré à la commission provisoire chargée d’étudier la question de la mortalité des enfants fondée le 5 février 1867, mais ne fit pas partie de la commission, permanente, de l’hygiène de l’enfance, créée le 12 avril 1870 et d’orientation beaucoup plus politique.
Du legs Jacquemier à celui de sa veuve
Consacré scientifiquement, il le fut aussi symboliquement, étant élevé à la dignité de chevalier dans la Légion d’honneur par décret du 14 août 1862 [AN, LH//1341/40].
Mais son influence au sein de l’Académie, si tant est qu’il en eût eu une, déclina et, lors de la séance du 22 décembre 1874, il ne parvint pas à se faire élire membre du conseil pour l’année 1875.
Jean Marie Jacquemier décéda, muni des sacrements de l’Église, le 14 juin 1879, à l’âge de 73 ans. Il avait vécu, toute sa vie à Paris, dans le même quartier, rue de Trévise, rue de l’Échiquier, rue du Faubourg-Poissonnière et ses obsèques se tinrent à l’église Saint-Eugène, sa paroisse [AN, LH//1341/40]. Homme discret sinon modeste, il refusa qu’on prononçât aucun discours à son enterrement, et n’eut guère d’éloge par la suite [CHARPENTIER 1879] [HAHN 1889]. Sa place dans la section d’accouchements fut déclarée vacante le 18 novembre 1879 et pourvue, le 2 mars 1880, par l’élection d’Alexandre Guéniot.
Aux termes d’un testament en date, à Paris, du 5 juillet 1877, le docteur Jacquemier instituait sa femme légataire universelle en usufruit et la priait « d’acheter une concession de terrain à perpétuité et d’y faire construire un caveau de deux places pour nous seuls. » Sans enfant, il répartissait son capital et les quelques biens fonciers qu’il possédait dans le pays de Gex, à Tutegny et Vesancy, entre les membres de sa parentèle, neveux et nièces. Il donnait et léguait, en nue-propriété à l’Académie de médecine, une somme de 20000 francs, « à la charge de fonder un prix triennal qui portera mon nom et qui sera décerné par elle en séance publique à l’auteur d’un travail sur un sujet d’obstétrique qui aurait réalisé un progrès important. Ce travail devra être publié au moins six mois avant l’ouverture du concours. »
Après l’annonce du décès, lue en séance le 17 juin 1879, le président Alfred Richet donna lecture du testament, dans la séance du 29 juillet 1879, le legs étant accepté par le conseil d’administration. Il fallut cependant attendre le 16 août 1886 pour que le secrétaire perpétuel de l’Académie soit en mesure de transmettre au ministre les pièces nécessaires à la prise du décret autorisant l’Académie à accepter la libéralité faite par Jacquemier, décret qui fut pris, en date à Paris du 27 octobre 1886 (et porté à la connaissance de l’Académie dans sa séance du 9 novembre 1886) :
« Le Secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine est autorisé à accepter au nom de cette Académie, aux clauses et conditions imposées le legs d’une somme de vingt-mille francs (20.000 frs), que le Sieur Jacquemier a fait à cet établissement, par son testament en date du 5 juillet 1877.
Le revenu de cette somme placée en rente 3 % sur l’Etat Français devra être consacré à la fondation d’un prix triennal.
Ledit prix portera le nom du testateur et sera décerné par l’Académie de médecine, en séance publique, à l’auteur d’un travail sur une sujet d’obstétrique qui aura réalisé un progrès important.
Ce travail devra être publié au moins six mois avant l’ouverture du Concours. » [Dossier Prix Jacquemier]
Là encore, le décret ne fut pas immédiatement appliqué et sans doute la libéralité de Mme Jacquemier décida-t-elle l’Académie à reprendre le dossier du legs Jacquemier.
Veuve en premières noces d’un certain Antoine Louis Céleste Gérardot (d’où descendance) et en secondes noces de Jean Marie Jacquemier, épousé en juillet 1866, Caroline Élisabeth Bragayract (1817-1897), prévit, aux termes d’un testament en date à Paris, du 10 juin 1894 :
« Je lègue à l’Académie de médecine dont mon mari a été membre, une somme de 50000 francs qu’elle emploiera comme elle le jugera, mais à la condition qu’elle fera exécuter si je ne l’ai pas fait moi-même, comme j’en ai l’intention, le buste en marbre de mon mari, qui sera placé en bonne situation dans les locaux de l’Académie, à moins que j’aie pu moi-même faire faire ce buste qui, dans ce cas, sera remis à l’Académie. » [Dossier Prix Jacquemier]
Dispositions testamentaires corrigées d’un codicille en date, à Paris, du 11 mars 1897 :
« L’Académie de médecine n’aura pas à faire faire le buste de mon mari que j’ai fait faire moi-même, et que je lui ai donné ; elle profitera néanmoins du legs de 50000 frs contenus dans mon testament. » [Dossier Prix Jacquemier]
Le don du buste, en effet, avait été annoncé dans la séance du 30 juin 1896. Mme veuve Jacquemier décéda le 26 décembre 1897 et le legs, porté à la connaissance de l’Académie, fut accepté par le conseil d’administration dans sa séance du 26 juillet 1898.
Le 7 octobre suivant, le secrétaire perpétuel écrivait au directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, le priant d’accepter en dépôt, pour le compte de l’Académie de médecine, « un titre de 578 francs de rente 3 % sur l’État français avec jouissance à compter du 1er juillet dernier, plus une somme de 639 francs 65 centimes, reliquat disponible sur le prix d’achat de ce titre, le tout destiné à la fondation d’un prix triennal dit “prix Jacquemier”. Les arrérages serviront à récompenser l’auteur du travail sur un sujet d’obstétrique ayant réalisé un progrès important. » [Dossier Prix Jacquemier]
Le legs de Mme Jacquemier, quant à lui, fut délivré par sa petite-fille le 20 octobre 1898, donnant lieu à décret en date du 6 mars 1899 (porté à la connaissance de l’Académie dans sa séance du 21 mars 1899) et à placement des 50000 francs, le 27 mars 1899, sur le compte “Intérêts des fondations et reliquats divers” de l’Académie à la Caisse des dépôts et consignations.
Il ne fallut pas moins de vingt-trois ans, depuis le décès de Jacquemier en 1879, pour que le prix fût ouvert, en 1901, sans être pour autant décerné, et vingt-six ans, pour qu’il fût, en 1904, décerné pour la première fois.
Fortune du prix Jacquemier
Le prix Jacquemier demeure marqué par une histoire erratique, connaissant de longues interruptions accentuées par le caractère triennal du prix (puis biennal dans l’après-guerre). Entre 1901 et 1913, sa dotation était fixée à 1700 francs. Survint la Première Guerre mondiale et le prix ne fut pas décerné avant 1922. Dès lors, et jusqu’en 1947, bien que le prix connût encore des interruptions (après 1922, il ne fut de nouveau décerné qu’en 1931 ; de même, il n’y eut pas de prix Jacquemier entre 1939 et 1947) sa dotation fut de 2500 francs. Entre 1953 et 1963, sa dotation était de 3600 francs (ou 36 francs nouveaux). Il n’y eut ensuite pas de prix avant 1969 ; à partir de cette date et jusqu’à sa dernière attribution en 1981, le prix donna droit à une médaille.
Comme pour les autres prix, l’érosion monétaire due à l’inflation rendit les dotations de plus en plus dérisoires en termes de pouvoir d’achat, pour finir par n’être que de simples médailles. Au début des années 1980, les prix dits de fondation furent regroupés par spécialité. Le prix Jacquemier (1886) fut ainsi regroupé avec les prix Capuron (1851), Huguier (1875), Tarnier (1900) et Barthélemy (1920) pour former le prix “Obstétrique”, décerné dès 1982.
Les lauréats
À l’exception de la session de 1913 où le prix suscita 4 candidatures, il n’y eut jamais plus de deux candidatures, dénotant un prix peu convoité.
| Année | Nombre de candidats | Lauréat(s) |
| 1901 | 1 | Prix non décerné. |
| 1904 | 2 | Prix à M. le Dr L. Bouchacourt, chef de clinique à la Faculté de médecine de Paris : Série de travaux sur les applications de la radiographie à l’obstétrique. |
| 1907 | 1 | Prix à M. le Dr Paul Mantel, de Saint-Omer : L’inversion utérine et son traitement par l’application du ballon de M. Champetier de Ribes. |
| 1910 | 2 | Prix à M. le Dr André Boquel, professeur de clinique obstétricale à l’école de médecine d’Angers : La pratique de la dystocie. Mention très honorable à M. le Dr Paul Bouquet, directeur du cours départemental d’accouchement, médecin de la Maternité de Brest : Action de la contraction utérine sur l’œuf humain ; phénomènes passifs de la grossesse et du travail. Grossesse, accouchement, direction du travail. |
| 1913 | 4 | Prix à MM. les Drs G. Fieux, professeur-agrégé à la Faculté de médecine, et Pierre Mauriac, médecin des hôpitaux de Bordeaux : De la possibilité d’une toxémie villeuse et d’un séro-diagnostic de la grossesse, dans les premiers mois de la gestation. |
| 1922 | 1 | Prix à M. le Dr Pierre Lantuéjoul, chef de clinique à la Pitié, Paris : Les hémorragies méningées sous-dure-mériennes traumatiques du nouveau-né. |
| 1931 | 1 | Prix à M. le Dr Raymond Mahon, de Bordeaux : L’utérus parturient rachianesthésié. |
| 1935 | 2 | Prix aux Drs Séguy et Brandwein, de Paris : Contribution à la recherche de la date de l’ovulation chez la femme. Mention honorable au Dr Bouquet, de Brest : Obstétrique physio-pathologie de la reproduction. |
| 1937 | 2 | Prix à M. le Dr Metzger, de Paris : Le Chirurgien devant l’état puerpéral. |
| 1939 | 1 | Prix à MM. les Drs Mouchotte et Chauvois, de Paris : Les dessanglées du périnée. |
| 1947 | 1 | Prix à M. le Dr André L. Granjon, de Paris : Les grossesses gémellaires. Étude statistique en série continue. |
| 1953 | Prix à M. le professeur Tevfik Remzi Kazancigil, d’Istanbul : ouvrage sur le diagnostic histopathologique en gynécologie. | |
| 1955 | Prix à M. le Dr Richard Le Cannelier, d’Alger : Contribution à l’étude du rôle du système nerveux dans les suites de couches normales et pathologiques. | |
| 1957 | Prix à M. le Dr Claude Sureau, de Paris : Étude de l’activité électrique de l’utérus au cours de la gestation et du travail. | |
| 1959 | Prix à M. le Dr Georges David, de Meudon : Les anasarques fœto-placentaires par incompatibilité sanguine. Problèmes physio-pathologiques et premiers résultats thérapeutiques. | |
| 1961 | Prix à M. le professeur Herbert Tuchmann-Duplessis, de Paris, et Mme Lucette Mercier-Parot, de Cachan : Sur l’action tératogène d’un sulfamide hypoglycémien. Étude expérimentale chez la ratte. | |
| 1963 | Prix à M. le Dr Jean-Claude Poulet, de Viroflay : L’évolution de la mortalité fœtale dans l’accouchement par le siège. | |
| 1969 | Prix à M. le Dr Bernard Blanc, de Marseille : Les hypogonadismes primitifs chez les sujets de phénotype féminin. | |
| 1971 | Prix à M. le Dr Bernard Zurlinden, de Besançon : Étude comparative de deux méthodes radiologiques non ionisantes d’exploration du placenta, thermographie et tomo-échographie B. | |
| 1973 | Prix à M. le Dr Jean Decoq, de Wattrelos : Étude du néphrogramme isotopique dans la gravido-puerpéralité normale et pathologique. | |
| 1975 | Prix à M. le Dr Étienne Herbinet, de Sceaux : Dosage radio-immunologique de l’alpha-fœtoprotéine au cours de la grossesse humaine. | |
| 1977 | Prix à M. le Docteur Charles Merger, de Marseille : Dosage radio-immunologique de la Δ4 androsténédione plasmatique au cours du cycle génital normal. | |
| 1981 | Prix au Docteur Philippe Jouhet, de Paris : Le piézogramme dans le retard de croissance intra-utérin. |
L’originalité du prix résidait dans la restriction des candidatures aux travaux ayant fait l’objet d’une publication au moins six mois auparavant. En imposant une telle condition, Jacquemier s’assurait, d’une part, que les publications soumises eussent fait l’objet d’un premier processus de validation, via son acceptation éditoriale, d’autre part, qu’elles eussent passé sous les fourches caudines du public spécialisé.
De fait, s’il suscita peu de candidatures, la présence, parmi 26 lauréats, de 8 futurs académiciens (soit près d’un tiers), est un indicateur du haut niveau des candidats, si l’on considère l’appartenance à l’Académie de médecine comme un critère d’excellence.
On y relève, dans l’ordre successif de leur élection à l’Académie nationale de médecine, les noms de : André Boquel (1866-1961), élu correspondant en 1922, Pierre Mauriac (1882-1963), élu correspondant en 1937, Pierre Lantuéjoul (1887-1963), élu membre de la section de chirurgie en 1950, Raymond Mahon (1902-1990), élu correspondant en 1977, Herbert Tuchmann-Duplessis (1911-2001), élu membre en 1978, Claude Sureau (1927-2020), élu membre en 1978, Georges David (1923-2018), élu membre en 1994, et Bernard Blanc, né en 1938, élu correspondant national pour la division de chirurgie en 1999.
Outre la présence de futurs académiciens, on note la présence d’un étranger, Tevfik Remzi Kazancıgil (1894-1969), récompensé alors qu’il s’apprêtait à être fait chevalier de la Légion d’honneur (en 1954), ainsi que celle d’une seule femme, Lucette Mercier-Parot, observation peu surprenante dans une discipline historiquement réservée aux hommes, l’obstétrique.
Enfin, on note qu’un seul médecin fut récompensé à deux reprises : Paul Bouquet, de Brest, sans être lauréat, se vit décerner une mention très honorable en 1910 et une mention honorable en 1935.
Penchons-nous, tour à tour, sur le cas d’un lauréat du prix et sur celui d’un candidat malheureux.
1959 : Georges David et les anasarques fœto-placentaires
En 1959, le prix fut décerné à Georges David, pour un article consacré aux anasarques fœto-placentaires par incompatibilité sanguine et à de premiers résultats thérapeutiques concernant cette pathologie néo-natale. Il était alors hémobiologiste des Hôpitaux de Paris et s’apprêtait à devenir assistant au sein du laboratoire d’Embryologie de la faculté de médecine des Saint Pères dirigé par Antoine Giroud et son adjoint d’Herbert Tuchmann-Duplessis – qui allait être récompensé en 1961. Georges David pratiquait alors les exsanguino-transfusions dans le cadre de la maladie hémolytique du nouveau-né et s’était intéressé à une complication œdémateuse, les anasarques. Il racontait ainsi sa découverte :
« [Maurice] Lacomme avait émis l’hypothèse suivante : n’existerait-il pas, à l’instar des incompatibilités sanguines, des incompatibilités homme-femme également dues à des anticorps, qui pourraient expliquer certaines stérilités ? Il voulait m’engager à explorer cette analogie mais il me fallait disposer d’un laboratoire et surtout d’une animalerie pour une telle démarche. » [CAHEN VAN WIJLAND 2016 p. 40]
« J’avais deux voies pour vérifier cette hypothèse. La première consistait à vérifier s’il était possible de provoquer expérimentalement une incompatibilité sanguine chez l’animal. Je pouvais travailler les incompatibilités sanguines classiques en reprenant les travaux d’une équipe anglaise sur le lapin. Les Anglais avaient démontré la possibilité de créer une situation d’incompatibilité fœto-placentaire chez le lapin. Mais ils n’avaient pas réussi à faire apparaître la forme grave connue chez l’humain, à savoir les anasarques fœto-placentaires. Je reprends donc ce modèle en provoquant chez la lapine l’apparition d’anticorps. J’utilisais l’animalerie du service de Tuchmann-Duplessis. J’avais sympathisé avec le gardien de l’animalerie. Dans un premier temps je constate les mêmes résultats que l’équipe anglaise et comme eux n’observe aucune anasarque. Tuchmann-Duplessis me laissait l’accès à l’animalerie et plus particulièrement aux lapins. J’avais sympathisé avec le gardien de l’animalerie. Je travaillais sur les lapins, tentant de comprendre les stérilités que les explorations cliniques n’expliquaient pas. Je les immunisais volontairement, en leur injectant des globules sanguins, afin d’en constater les effets éventuels après accouplement. Or mes résultats s’avéraient négatifs : des lapines s’immunisaient, il y avait fabrication d’anticorps, mais jamais d’anasarques. C’est le responsable de l’animalerie qui m’a mis sur la piste d’une explication : il m’a appris qu’on ne voyait jamais de nouveau-né anormal dans cette espèce, tout simplement parce que la femelle accouchait de nuit et s’empressait de dévorer les petits anormaux ! Comme la Faculté fermait à 20 heures et que mon épouse avait l’expérience de sage-femme, Nous avons décidé de pratiquer les accouchements à domicile, chez nous, rue de Vaugirard. Lorsqu’une lapine était prête à mettre bas, nous la rapportions à la maison, l’installions dans la baignoire, ce qui nous permettait de suivre la naissance des différents lapereaux. Nous avons alors constaté à plusieurs reprises la naissance d’anasarques, que nous soustrayions immédiatement à la destruction par la mère, qui avalait aussi bien le placenta que le fœtus. La démonstration était faite ! Lacomme en a été très impressionné. » [CAHEN VAN WIJLAND 2016 p. 41-43]
Pierre Jouannet, dans l’éloge qu’il lui consacra, rappelait ainsi cette aventure et ses suites fécondes :
« Parallèlement, il poursuivait ses travaux sur les conséquences fœtales de l’immunisation maternelle sanguine, notamment sur l’anasarque fœto-placentaire, complication œdémateuse pratiquement toujours fatale pour le nourrisson. Georges David se rendit compte que le plus important pour sauver l’enfant atteint d’anasarque était de réduire l’hypervolémie cause de l’œdème pulmonaire et de l’anoxie cérébrale. Il élabora alors un protocole de réanimation combinant une saignée par la veine ombilicale dès l’expulsion suivie immédiatement d’une exsanguino-transfusion, les deux gestes étant renouvelés dans les heures suivantes si nécessaire. Les résultats furent spectaculaires conduisant à un taux de survie de 50 % environ alors qu’il était pratiquement nul auparavant.
Restait à établir un modèle expérimental de l’anasarque fœto-placentaire pour étudier les mécanismes du syndrome et ses conséquences fatales. Pour mener à bien le projet, il fallait maîtriser les moyens d’étude de l’embryon et du fœtus. C’est ce qui conduisit Georges David au laboratoire d’Embryologie de la faculté de médecine des Saint Pères dirigé par Antoine Giroud et son adjoint Herbert Tuchman-Duplessis. La reproduction de l’anasarque chez le lapin lui permit alors de vérifier l’exactitude des hypothèses pathogéniques qu’il avait formulées, à savoir que la mort de l’enfant était due à une défaillance cardiaque consécutive à l’hypervolémie dont le mécanisme initial était un double obstacle au retour veineux. Cette observation confirma le bien fondé du protocole thérapeutique qu’il avait mis au point.
La décennie des années 60 fut cependant marquée par le développement de la thérapie fœtale in utero. » [JOUANNET 2020 p. 332]
En conclusion de cet article fondateur, Georges David pouvait annoncer : « cette forme de la maladie hémolytique n’est plus hors de portée de la thérapeutique. » [DAVID 1958 p. 379] Le prix Jacquemier lui fut naturellement destiné, Maurice Lacomme en étant alors le rapporteur.
1973 : un temps de retard pour le docteur Briand
En 1973, année qui vit Jean Decoq, de Wattrelos, être récompensé pour son Étude du néphrogramme isotopique dans la gravido-puerpéralité normale et pathologique, une autre candidature fut soumise à l’attention de l’Académie. Henry Briand (1899-1982) avait passé son doctorat, à Bordeaux en 1923, et avait fait partie du service de santé de la marine. Établi à Saint-Malo, cet homme d’un certain âge, soumit à l’appréciation de l’Académie de médecine un modèle de montre destinée à déterminer la date de l’ovulation en vue de la régulation des naissances, dite « montre gynécologique » :
« J’ai eu l’honneur au début de l’année 1972 de vous adresser 2 montres dites de régulation des naissances, en sollicitant de votre très haute bienveillance de concourir pour un prix et une médaille de l’Académie de médecine. […] Le problème de la régulation des naissances a fait en France un progrès immense en un an. Au début de 1972 il était peu connu et tout était concentré en ce domaine sur la contraception plus ou moins discutée et qui ne fait sûrement pas l’unanimité de ceux qui vont avoir à légiférer sous peu. La régulation des naissances a remporté l’unanimité du vote à mains levées à l’Assemblée nationale en décembre 1972 et accepté par Monsieur le premier ministre et Monsieur le ministre de la Santé.
Mais pour régulariser et aider à faire cette régularisation il ne suffit pas de faire des conférences ou de passer des films, il fallait offrir à toute personne voulant la pratiquer un objet qui puisse lui permettre d’y arriver. […] » [BANM, Acad. Méd. Prix Jacquemier 1973 n° 2 f]
Et de conclure, triomphalement, dans un autre courrier :
« Jusqu’ici, on a connu la fécondation involontaire inattendue inopportune […] Maintenant, on va connaître la fécondation volontaire déterminée désirée. » [BANM, Acad. Méd. Prix Jacquemier 1973 n° 2 g]
Attaché à faire reconnaître son invention, il joignait à sa candidature comme gage de sérieux sa correspondance avec diverses personnalités françaises ou étrangères, provenant du Canada, des États-Unis d’Amérique, d’Espagne, d’U.R.S.S., de Pologne ou encore du Vatican, mais également, par exemple, avec Hamza Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, ou Robert Boulin, ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale.
La candidature suscita deux rapports sans appel. Dans un premier rapport, en date du 10 juin 1972, Robert Merger insista sur le caractère compliqué de la montre :
« la nécessité de remonter le mécanisme tous les jours à la même heure, sous peine de tomber dans des appréciations erronées, ensuite un calcul est imposé pour éliminer l’erreur qui pourrait être due aux cycles longs et irréguliers » [BANM, Acad. Méd. Prix Jacquemier 1973 n° 2 c]
François Lepage, dans un deuxième rapport, reprit les arguments de son confrère et ajouta :
« Enfin la notice qui l’accompagne fait état de la possibilité de procurer garçon ou fille, selon que les rapports sexuels ont lieu le jour 13 ou le jour 15 : ceci relève de la plus haute fantaisie.
Pour toutes ces raisons, cet appareil ne présente pas de précision scientifique réelle et il ne nous paraît pas possible qu’il puisse bénéficier de l’appui moral de l’Académie de Médecine sous forme d’un prix ou d’une médaille. » [BANM, Acad. Méd. Prix Jacquemier 1973 n° 2 b]
Dans un monde où le décret d’application de la loi Neuwirth de 1967 sur la contraception orale venait d’être publié (le 24 avril 1972), un tel objet devait apparaître comme radicalement « ana-chronique ». Le modèle de montre fut restitué à son inventeur le 8 octobre 1974.
Jérôme van Wijland
Sélection de publications par Jacquemier :
[JACQUEMIER 1837] J.-M. Jacquemier, De l’auscultation appliquée au système vasculaire des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et du fœtus, pendant la vie intra-utérine et immédiatement après la naissance : Observations faites à la maison d’accouchement de Paris pendant l’année 1837, Paris, Imprimerie et fonderie de Rignoux et Ce, 1837.
[MOREAU 1837] F.-J. Moreau, Traité pratique des accouchemens. Atlas de planches exécutées d’après nature par Émile Beau, sur les préparations anatomiques de M. Jacquemier, Paris, Germer Baillière, Libraire-éditeur, 1837 (atlas) ; 1838 (vol. I) ; 1841 (vol. II).
[JACQUEMIER 1838] J. M. Jacquemier, « Recherches d’anatomie et de physiologie sur le système vasculaire sanguin de l’utérus humain pendant la gestation, et plus spécialement sur les vaisseaux utéro-placentaires », Archives générales de médecine, Journal complémentaire des sciences médicales, IIIe et nouvelle série, Tome III, octobre 1838, p. 165-194.
[JACQUEMIER 1839] J. M. Jacquemier, « Recherches d’anatomie, de physiologie et de pathologie sur l’utérus humain pendant la gestation, et sur l’apoplexie utéro-placentaire, pour servir à l’histoire des hémorrhagies utérines, du part prématuré et abortif », Archives générales de médecine, Journal complémentaire des sciences médicales, IIIe et nouvelle série, Tome IV, mai 1839, p. 5-29 ; juillet 1839, p. 321-341 ; août 1839, p. 397-426.
[JACQUEMIER 1844] J. Jacquemier, Des fractures de la clavicule, Thèse d’agrégation : Chirurgie : Paris, Faculté de médecine, Paris, Imprimerie de Bourgogne et Martinet, 1844.
[MOREAU 1845] F.-J. Moreau, Atlas de 60 planches sur l’art des accouchemens. Ces planches, exécutées d’après nature par Émile Beau, sur les préparations anatomiques du docteur Jacquemier, ancien interne de la maison d’accouchemens de Paris, sont destinées à servir de complément à tous les traités d’accouchemens, Nouveau tirage, Paris, Germer Baillière, Libraire-éditeur, 1845.
[JACQUEMIER 1846] J. Jacquemier, Manuel des accouchements et des maladies des femmes grosses et accouchées, contenant les soins à donner aux nouveaux-nés, Paris, Germer Baillière, Libraire-éditeur, 1846.
[NAEGELE 1853] F.-C. Naegelé, Manuel d’accouchements à l’usage des élèves sages-femmes, Nouvelle traduction de l’allemand sur la dernière édition par M. le docteur Schlesinger-Rahier, augmentée et annotée par J. Jacquemier, suivi d’un appendice contenant la saignée, les ventouses et la vaccine et d’un questionnaire complet, Paris, Germer Baillière, Libraire-éditeur, 1853.
[JACQUEMIER 1860 a] Dr Jacquemier, Exposé sommaire des titres et travaux scientifiques présentés par le Dr Jacquemier, à l’appui de sa candidature à l’Académie impériale de médecine (section d’accouchements), Paris, Imprimerie de L. Martinet, 1860.
[JACQUEMIER 1860 b] Jacquemier, « Du volume de la poitrine et des épaules du fœtus considéré comme cause de dystocie dans les présentations de l’extrémité céphalique », Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie. Bulletin de l’enseignement médical, tome VII, n° 40, 5 octobre 1860, p. 644-647 ; n° 41, 12 octobre 1860, p. 661-663 ; n° 43, 26 octobre 1860, p. 692-698 ; n° 48, 30 novembre 1860, p 775-777.
[MATHIEU 1861] Mathieu, Présentation d’un embryotome caché à lames mobiles et à chaînons de scie construit sur les indications de M. Jacquemier, Bulletin de l’Académie impériale de médecine, 26e année, tome XXVII, 1861-1862, séance du 26 novembre 1861, p. 157-159 (ill. p. 157).
[BLOT 1866] « Rapport, au nom d’une commission composée de MM. Jacquemier et Blot, rapporteur, sur un mémoire de M. le docteur Monot, de Montsauche (Nièvre), intitulé De l’industrie des nourrices, et de la mortalité sur les petits enfants », Bulletin de l’Académie impériale de médecine, 30e année, Tome XXXI, 1865-1866, séance du 25 septembre 1866, p. 1175-1184.
Bibliographie :
[BEAUVALET-BOUTOUYRIE 1999] Scarlett Beauvalet-Boutouyrie, Naître à l’hôpital au XIXe siècle, Paris, Belin, 1999.
[BOUILLAUD 1876] Bouillaud, « De l’identité du bruit de soufflet dit placentaire avec le bruit de soufflet des grosses artères, et de sa localisation dans les artères intra-pelviennes », Bulletin de l’Académie de médecine, 40e année, 2me série, tome V, 1876, séance du 6 juin 1876, p. 553-601.
[CAHEN VAN WIJLAND 2016] Fabrice Cahen, Jérôme van Wijland, Inventer le don de sperme. Entretiens avec Georges David, fondateur des Cecos, Paris, Éditions Matériologiques, 2016 (Épistémologie de la médecine et du soin ; 1).
[CHADWICK 1887] James R. Chadwick, « The value of the bluish coloration of the vaginal entrance as a sign of pregnancy ». Transactions of the American Gynecological Society, Volume 11, For the year 1886, 1887, p. 399–418.
[CHARPENTIER 1879] Alphonse Charpentier, « Le Dr Jacquemier », Archives générales de médecine, 1879, Volume II, VIIe série, tome 3, p. 232-238.
[DAVID 1958] Georges David, « Les anasarques fœto-placentaires par incompatibilité sanguine. Problèmes physio-pathologiques et premiers résultats thérapeutiques », Gynécologie et Obstétrique, 57, 1958, p. 362-379.
[GARRISON MORTON 1991] Jeremy M. Norman (ed.), Morton’s medical bibliography. An annotated check-list of texts illustrating the history of medicine (Garrison and Morton), 5th edition, Aldershot, Scolar Press, 1991.
[HAHN 1889] Louis Hahn, « Jacquemier (Jean-Marie) », dans Amédée Dechambre (dir.), Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 4e série : F-K, tome 16e : INH-KYT, Paris, Asselin et Houzeau, G. Masson, 1889, p. 557.
[JOUANNET 2020] Pierre Jouannet, « Éloge du professeur Georges David (1923-2018) », Bulletin de l’Académie nationale de médecine, tome 204, 2020, séance du 8 octobre 2019, p. 331-335.
[JOULIN 1865-1866] Joulin, « De la version pelvienne, de ses avantages et de ses inconvénients, et de l’application du forceps dans les cas de rétrécissement du bassin », Mémoires de l’Académie impériale de médecine, tome 27 (1865-1866), p. 1-90.
[LAENNEC 1826] R.-T.-H. Laennec, Traité de l’auscultation médiate et des maladies des poumons et du coeur, Seconde édition entièrement refondue, Paris, J.-S. Chaudé, Libraire-éditeur, 1826.
[LÉGER VAN WIJLAND 2021] François Léger, Jérôme van Wijland, « Un “centre de direction, d’action et d’informations” : la commission de l’hygiène de l’enfance de l’Académie de médecine (1866-1999) », dans Emmanuelle Berthiaud, François Léger, Jérôme van Wijland (dir.), Prévenir, accueillir, guérir. La médecine des enfants de l’époque moderne à nos jours, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2021, p. 179-206.
[LEJUMEAU DE KERGARADEC 1822] J.-A. Lejumeau de Kergaradec, Mémoire sur l’auscultation appliquée à l’étude de la grossesse ou Recherches sur deux nouveaux signes propres à faire reconnaître plusieurs circonstances de l’état de gestation, Paris, chez Méquignon-Marvis, 1822.
[MALINAS 1985] Yves Malinas, « Dystocie des épaules : une minute pour survivre », La Pratique médicale quotidienne, n° 211, 1985, p. 8 ; 13-15.
[TREISSIER 1995 a] A. Treissier, « Anomalies de la croissance fœtale : Macrosomie fœtale », dans Émile Papiernik, Dominique Cabrol, Jean-Claude Pons (dir.), Obstétrique, Paris, Flammarion médecine-sciences, 1995, p. 563-569.
[TREISSIER 1995 b] A. Treissier, « Dystocie des épaules », dans Émile Papiernik, Dominique Cabrol, Jean-Claude Pons (dir.), Obstétrique, Paris, Flammarion médecine-sciences, 1995, p. 1347-1351.
[PINELL 2019] Patrice Pinell, La Bonne Société et la cause de la petite enfance. Sociogenèse de la première loi française de protection de l’enfance (1874), Vulaines-sur-Seine, Éditions du croquant, « Champ social », 2019.
[ROLLET-ECHALIER 1990] Catherine Rollet-Echalier, La politique à l’égard de la petite enfance sous la IIIe République, Paris, Institut national d’études démographiques, Presses universitaires de France, 1990 (Travaux et documents).
[SAGE PRANCHÈRE 2011] Nathalie Sage Pranchère, L’école des sages-femmes. Les enjeux sociaux de la formation obstétricale en France, 1786-1916, Thèse pour obtenir le grade de docteur de l’université Paris-Sorbonne, 2011.
[SCHAAL 2012] Jean-Patrick Schaal (dir.), Didier Riethmuller, Robert Maillet, Michèle Uzan (collab.), Mécanique et techniques obstétricales, 4e édition, Montpellier, Sauramps Médical, 2012.
[SIEBOLD HERRGOTT 1891 t. II] Ed. Gasp. Jac. de Siebold, Essai d’une histoire de l’obstétricie, traduit de l’allemand avec additions, figures et un appendice par F. J. Herrgott…, t. II, Paris, G. Steinheil, éditeur, 1891.
[SIEBOLD HERRGOTT 1892 t. III] Ed. Gasp. Jac. de Siebold, Essai d’une histoire de l’obstétricie, traduit de l’allemand avec additions, figures et un appendice par F. J. Herrgott…, t. III. Appendice, Paris, G. Steinheil, éditeur, 1892.
[STOFFT 2000] Henri Stofft, « Une dystocie vraie des épaules en 1848. L’intervention de Jean-Marie Jacquemier », Cahiers du Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France (SYNGOF), n° 41, mars-avril 2000, p. 34-39. [Henri Stofft (1930-2025) y annonçait un article à paraître dans la revue Histoire des sciences médicales, autrement dit le Bulletin de la Société française d’histoire de la médecine, où il avait déjà publié 18 articles entre 1983 et 1998, article qui ne parut jamais.]
[VAN WIJLAND 2024] Jérôme van Wijland, « L’internat au temps du choléra », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 4 octobre 2024. Disponible à l’adresse : https://bibliotheque.academie-medecine.fr/ms-1419-2290.
Inventaire du prix Jacquemier :
https://calames.abes.fr/pub/ms/Calames-202603101610433762027
Pour citer cet article :
Jérôme van Wijland, « Les prix de l’Académie – XIV. Jean Marie Jacquemier (1806-1879) et le prix éponyme (1901-1981) », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 1er mai 2026. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/prix-jacquemier/.

![Positions respectives du bras de l'accoucheur et de la main du fœtus dans la manœuvre de Jacquemier [MALINAS 1985 fig. 8 p. 15]](https://bibliotheque.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2026/03/Billet_2026_Jacquemier_Malinas-1024x997.jpg)
![Embryotome caché à lames mobiles et à chaînons de scie construit sur les indications de M. Jacquemier [MATHIEU 1861 p. 157]](https://bibliotheque.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2026/03/Billet_2026_Jacquemier_Embryotome-1024x282.png)





![Dr H. B., Mode d'emploi de la montre gynécologique [Acad. Méd. Prix Jacquemier 1973 n° 2 d] © Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine](https://bibliotheque.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2026/03/Billet_2026_Jacquemier_Briand-724x1024.jpg)
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