Dans les archives de l’Académie de médecine sont conservées les liasses de la correspondance dite des particuliers. Si la majeure partie de cette correspondance émane, de fait, de particuliers, médecins ou non, elle contient également des lettres d’académiciens et, même, des échanges à usage interne à l’Académie. Cette série de billets aura pour objectif de mettre en valeur l’intérêt des nombreux courriers reçus chaque année par l’Académie de médecine.
Poursuivons l’exploration de la correspondance avec l’année 1893, composée de 438 pièces.
Cette correspondance offre un reflet des activités quotidiennes de l’Académie, à la fois à travers les envois de particuliers : envoi de mémoires ou propositions de lectures en séance, envoi d’instruments ou d’appareils, présentation de malades, candidature aux concours, expertise sur les eaux minérales, vaccination antivariolique, etc., et à travers la correspondance à usage interne.
Les académiciens : de l’élection au décès
Constituant comme une passerelle entre les « particuliers » et les académiciens, se trouvent les lettres de candidature à une place de membre de l’Académie – on n’en dénombre pas moins de 23 –, ainsi que les lettres de remerciements à l’occasion d’une élection comme membre – on en dénombre 11. Étrangement, aucune des lettres de remerciements ne correspond à une des candidatures conservées dans cet ensemble.
Plusieurs courriers évoquent le décès d’un académicien, ou ses obsèques. L’Académie de médecine subit 11 pertes de membres titulaires en 1893, chiffre important rapporté à ceux des années avoisinantes (5 en 1890, 5 en 1891, 4 en 1892, 3 en 1894, 7 en 1895, 9 en 1896). La correspondance de 1893 comporte des lettres relatives aux décès des membres titulaires Benjamin Ball, Jean-Martin Charcot, Léon Le Fort, Émile Blanche, Charles de Villiers, Louis Adolphe Marotte, Émile Vidal, ainsi qu’aux associés nationaux Valentin Cazeneuve et Louis-Adolphe Raimbert.
Les prix
24 lettres ou cartes constituent des demandes d’envoi du programme des prix. De fait, diverses autres lettres concernent les candidatures aux prix de l’Académie, qu’il s’agisse des conditions pour prendre part aux prix ou à un prix spécifique, de l’envoi d’un mémoire à titre de candidature, de demandes d’ajout de documents, de délai, voire, après-coup, de retrait ou de copie des mémoires. Les conditions d’attribution des prix peuvent donner lieu à des protestations.
Ainsi, un certain Zimmermann, probablement un professionnel du métal, peut-être fondeur ou ciseleur, auteur d’un mémoire sur l’hygiène alimentaire présenté au prix Vernois, s’insurge contre la partie qui lui est consacrée dans le rapport de Lereboullet [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 438]. Léon Lereboullet y détaille les 17 mémoires ou travaux présentés au concours pour le prix Vernois et n’épargne en effet aucun sarcasme à Zimmermann, bien qu’il ne cite pas son nom :
« VIII. Rien n’est bon comme la santé. Telle est la devise d’un petit opuscule manuscrit intitulé : Hygiène alimentaire et dans lequel l’auteur s’efforce de démontrer « qu’il ne nous est pas permis de manger ou boire impunément ce qui nous plaît ». Pour vivre en bonne santé, il faut, nous dit-il, ne pas manger sans appétit, goûter avec soin ce que l’on mange et éviter les aliments ou boissons qui ont une saveur ou une odeur forte. Il faut surtout écouter les sensations de notre langue et avaler à chaque repas des aliments glissants car l’absorption exige que les aliments « glissent lentement et sans interruption dans l’intestin ». Aussi l’auteur préconise-t-il le lait « dont la matière grasse facilite le glissement dans l’intestin de la partie solide du lait (??) » et le pain blanc qui, à l’état de mie surtout, « est un aliment indispensable ». Ces quelques citations suffisent à montrer dans quel esprit a été rédigé ce mémoire. Nous ne voulons pas dénier à son auteur les bonnes intentions qui l’ont dicté. Nous hésitons cependant à croire que ses doctrines physiologiques parviennent à convertir ceux qui ont des dents et qui sont quelque peu gourmets. Ces derniers écouteront leurs sensations gustatives et, d’accord sur ce point avec l’auteur de l’Hygiène alimentaire, ils se refuseront à suivre la plupart de ses autres conseils. » [LEREBOULLET 1893 p. 551-552]
Le niveau de récompense peut également être source de frustration ou de ressentiment. Au prix de l’Académie, dont la question était : « Des origines et des modes de transmission des cancers », quatre concurrents se sont présentés. L’Académie a accordé un prix de 700 francs à Maurice Cazin, chef de laboratoire à la Faculté de médecine de Paris, un encouragement de 150 francs à Jean Fabre, de Lyon, enfin une mention honorable au docteur Louis Arnaudet (1846-1925), de Cormeilles dans l’Eure. Ce dernier refuse cette mention honorable, estimant qu’elle lui porte préjudice [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 7].
Les services de l’Académie de médecine
Aux courriers concernant les prix s’ajoutent ceux relatifs aux médailles décernées au titre des différents services : eaux minérales, épidémies, hygiène de l’enfance, vaccine. Plusieurs lettres sont adressées à l’Académie dans le but de remercier et/ou de s’enquérir de la réception d’une médaille attribuée. L’attribution d’une médaille instille une forme d’ambiguïté quant au statut de la récompense : donne-t-elle le droit de se parer du titre de lauréat ? La réponse est négative.
D’autres courriers sont en revanche destinés à mettre en avant les qualités et les compétences des impétrants dans le but d’obtenir des récompenses. L’un de ces courriers revêt une forme singulière. Il s’agit d’une sorte de brochure publicitaire pour une nourrice, ainsi intitulée :
« Indication d’une nourrice dévouée recommandable. Mme Anne, née Victorine Condé résidant au Beau-Moulin, à Trévières (Calvados), commune sise à mi-chemin de la route nationale de Bayeux à Isigny-sur-Mer. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 69]
Préfacée, et sans doute conçue par le docteur Georges Bimont, son beau-frère, cette brochure de 20 pages prend la forme d’un véritable guide touristique, entre le Baedeker et le guide Chaix, à la fois dans son apparence matérielle (une plaquette brochée, de dimensions 20,5 × 13,5 cm) et dans son contenu (elle contient par exemple des notes sur le patrimoine et sur l’histoire du lieu), ainsi structuré :
- La famille Anne
- Trévières chef-lieu de canton (Calvados), arrond. de Bayeux (16 kil.)
- Climat
- Agriculture de la contrée
- Situation de l’habitation
- Hôtels existant à Trévières
- Moyens de transport pour Trévières
- Facilités accordées par la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest
- Plages du littoral de la Manche situées entre Le Havre et Cherbourg, en communications faciles avec les points-ci-dessous
- Sur la ligne de Cherbourg à Caen (Ouest), on trouve des gares d’embranchement ci-dessous, communications avec celles du Molay Littry et de Bayeux.
- Indication des gares d’embranchement que l’on doit gagner pour atteindre des points de départ ci-dessous situés entre Cherbourg et Saint-Nazaire, les gares du Molay-Littry et de Bayeux
- Excursion à Cherbourg et visite à l’arsenal maritime
- Communications par la voie de terre entre Bayeux et les localités suivantes
- Localités les plus proches du Beau-Moulin, dont la proximité permet le coup d’œil de la mer, aller et retour par voiture, dans la même journée
- Références à prendre auprès…
- Rétribution des soins donnés à un nourrisson par Mme Victorine Anne
L’insistance portant sur les distractions : excursions, visites, laisse penser que la brochure a été conçue pour séduire les classes bourgeoises, à tout le moins de la petite ou moyenne bourgeoisie. En effet, la rémunération mensuelle de 40 francs de la nourrice Victorine Anne se situe dans la moyenne des gages d’une nourrice, qui peuvent aller de 25 francs, voire moins, jusqu’à 70 francs mensuels. De plus, à cette époque post-haussmannienne, la pratique de la nourrice « sur lieu » (au domicile des parents) n’a cessé de se développer à Paris. La brochure est aussi conçue pour vanter un nourrissage estival, concomitant aux vacances de bord de mer alors en plein développement.
Le service de la vaccine
Parmi les services, celui de la vaccine donne lieu à des échanges de correspondance particulièrement intéressants : lettres de correspondants, brouillons de réponse de l’Académie, brouillons de lettres adressées par l’Académie au ministère. L’Académie continue de produire et d’envoyer de la vaccine. Le Tourangeau Edmond Chaumier (1853-1931), appelé à jouer un rôle-clé dans la vaccination antivariolique, en remercie l’Académie et en profite pour faire part de sa pratique : il vaccine depuis 1887 et déclare avoir recueilli plus de 40000 tubes en une année ; de ses difficultés : il déplore la purulence des génisses et du veau vaccinés en dépit de ses précautions antiseptiques [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 110].
L’institution parisienne, d’ailleurs, ne dédaigne pas livrer ses propres méthodes de culture ou d’entretien :
« M. Hervieux, directeur de la vaccine à l’Académie se sert pour ses vaccinations de très grosses lancettes ; de rugines pour recueillir le vaccin sur les génisses et de fortes pinces pour comprimer les boutons, notre fournisseur est M. Th. Chazal, rue Monsieur-le-Prince, 21. L’eau bouillante seule est employée pour stériliser nos instruments. Pour nos génisses une fois qu’elles sont rasées, nous les lavons avec de l’eau cuite seulement, tous les autres antiseptiques employés jusqu’à ce jour ne nous ont pas [?]. Ils empêchent la marche régulière du vaccin. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 79]
« Voilà comme nous opérons : nous avons deux étables dont une est nettoyée trois fois par an et une nouvelle couche de peinture lui est donnée ; l’autre destinée à recevoir les génisses en attendant que l’odeur de l’essence soit enlevée, est simplement passée à l’eau de chaux. Vous aurez quelquefois des défaillances dans la virulence. Il faut renouveler votre vaccin avec de la bonne pulpe bien glycérinée et qu’elle ait au moins six à huit mois de date, la même pulpe fraîche ne donne que des croûtes. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 53]
Devant les proportions prises par ce service, l’Académie réclame budget et personnel au ministère :
« L’an dernier, à pareille époque, M. le ministre de l’Intérieur, frappé de l’importance des services que rendent à la population, non seulement, les vaccinations gratuites pratiquées trois fois par semaine, au siège de l’Académie, mais surtout l’envoi gratuit de vaccin de génisse irréprochable, à tous les praticiens et sages-femmes de France et des colonies qui en font la demande, M. le Ministre, dis-je, avait fait allouer à l’Académie pour le service de la vaccine, par la commission de répartition des fonds provenant du pari mutuel, une somme de vingt-mille francs. Cette allocation employée avec la plus rigoureuse économie, n’a pas été épuisée, mais le service des vaccinations prend, d’année en année, plus d’importance, ainsi qu’en témoignent les rapports de M. Hervieux, et pour qu’à aucun moment, ses ressources ne puissent rester au-dessous de ses besoins, la commission de vaccine pense qu’il est indispensable que chaque année une même somme lui soit attribuée. J’ai donc l’honneur de vous prier de vouloir bien demander à M. le ministre au nom de l’Académie, de renouveler l’allocation, en appelant de nouveau son attention sur les besoins d’un service qui satisfait à l’un des desiderata les plus importants de l’hygiène publique, car il ne tend à rien de moins qu’à faire disparaître la variole de nos statistiques mortuaires. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 55]
« Le service des vaccinations et revaccinations gratuites à l’Académie de médecine, prend une extension chaque jour plus considérable, déjà nous avons dû tripler le nombre de nos génisses et l’affluence toujours croissante, en cette saison, des personnes qui désirent être revaccinées, ne nous permet pas de douter qu’au mois d’avril nos six génisses seront insuffisantes. Dans ces conditions, le service de nos employés est devenu très lourd et c’est à peine si aujourd’hui, ils peuvent malgré tout leur zèle, suffire à leur tâche. Je viens donc vous demander, M. le ministre, de vouloir bien m’autoriser à leur adjoindre un aide qui pourrait recevoir une indemnité de 100 francs par mois, à prendre cette année sur l’allocation qui nous a été accordée par le ministère de l’Intérieur, mais qui dorénavant pourrait être prélevée sur les 2200 francs du budget de l’Académie, affectés par votre ministère, au service de la vaccine. Je vous demanderai encore de vouloir bien choisir cet employé supplémentaire, autant que possible parmi d’anciens sous-officiers, ayant une belle écriture, afin que plus tard on puisse au besoin le faire passer expéditionnaire. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 54]
Et de renouveler la demande de reconduction de l’allocation annuelle pour le fonctionnement du service de la vaccine :
« Le service de la vaccine est une des attributions les plus importantes de l’Académie de médecine, elle comprend en effet la conservation du vaccin, les vaccinations et revaccinations gratuites et l’envoi, également gratuit, de pulpe vaccinale à tout docteur, officier de santé, ou sage-femme, de la métropole et des colonies, qui en fait la demande. Jusqu’en 1889, le vaccin dit Jennérien, c’est-à-dire, le vaccin pris sur le bras d’un sujet vacciné, était le seul usité ; mais quelques faits de transmission de maladies spécifiques et en particulier de syphilis, ayant été observés, j’ai pensé que le moment était venu d’installer à l’Académie, un service de vaccination avec le vaccin de génisse dont l’efficacité et la parfaite innocuité sont admises aujourd’hui par tous les médecins. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 416]
Le secrétaire perpétuel Jules Bergeron précise qu’une première somme de 10000 francs a été allouée par le ministère pour les frais d’installation : construction d’une étable, achat de génisses, achat du matériel, recrutement d’une personne s’occupant du service ; puis qu’il y a eu allocation d’une somme annuelle de 20000 francs prélevée sur les revenus du pari mutuel en attendant de pouvoir l’inscrire au budget. La statistique vaccinale de l’Académie est la suivante : environ 520000 vaccinations pratiquées au cours de la présente année, 8 vaccinations par tube, 3 séances hebdomadaires de vaccinations gratuites, ce qui fait dire à Jules Bergeron que l’Académie « ne se propose pas seulement de prévenir les épidémies de variole dont on voit encore, de loin en loin, apparaître la menace, elle voudrait en outre contribuer, dans la mesure de sa sphère d’action, à faire disparaître la variole des statistiques mortuaires de la France » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 416].
Une renommée internationale
Les lieux d’où sont envoyées les lettres témoignent de la notoriété internationale de l’Académie de médecine : les pays européens au premier chef (Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche-Hongrie) mais aussi l’Argentine, les États-Unis d’Amérique, l’Égypte, la grande Syrie, etc.
Un certain Ayoub Hanna Trad, par exemple, pharmacien sujet de l’Empire ottoman, écrivant depuis Beyrouth, soumet à l’appréciation de l’Académie de médecine, un procédé pour embaumer les corps sans excavation, à la manière des anciens Egyptiens, et un médicament à base végétale contre les maladies syphilitiques. Beyrouth le 19 Avril 1893 [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 9].
L’exotisme est d’ailleurs parfois mis en avant comme garant, en quelque sorte, d’un secret efficace. A. Hartwig, de Delft, estime ainsi avoir découvert à Java, chez les indigènes, un remède contre la diphtérie [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 228].
Expertise pharmaceutique
Comme pour les années précédentes, les propositions de remèdes secrets ou nouveaux émanent tant de scientifiques – médecins, pharmaciens – que de particuliers dépourvus de toute formation médicale.
Louis Canivet, par exemple, qui propose un onguent contre les dartres, est entrepreneur de terrassements à Maubeuge [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 99]. Madame Veuve Charles Buret, à Louvres en Seine-et-Oise, connaît, dit-elle, le moyen de définir le sexe au moment de la conception :
« J’ajoute même qu’il nous serait facultatif par ce moyen même dans l’application que je fais de régénérer rehausser la France en donnant naissance à plus d’hommes qu’elle ne comporte. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 91]
Le Sétois François-Paul Balma père, détient un procédé à base d’eau de mer contre les maladies de poitrine, quoique les quolibets de ses enfants ne soient pas sans le saisir de quelque doute :
« Ayant lu dans les journaux que Monsieur Carnot était malade à Fontainebleau, je me suis permis d’en adresser un avis à Madame Carnot ; je n’ose en parler à personne car malgré l’évidence, mes enfants se moquent de moi ; bien plus fort Monsieur le Président, je crois l’eau de mer salée tellement merveilleuse, qu’on pourrait redresser un enfant bossu à force de lui arroser l’épine dorsale ; je ne veux pas finir cette lettre, sans vous dire que je suis resté deux ans aveugle de la cataracte, et que c’est grâce à l’habileté de Monsieur Truc de Montpellier, que je puis me faire comprendre aujourd’hui. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 16]
Un homme qui se dit à la fois journaliste rouennais et négociant, propriétaire en Algérie de dix-mille hectares de vignes et d’un château à Sotteville-lès-Rouen, a trouvé un remède contre la calvitie :
« J’ai l’honneur de vous informer que j’ai après de nombreux travaux qui m’avaient altéré la santé au point de me priver de pouvoir prendre nourriture et sommeil, je suis arrivé à trouver un procédé pour faire reparaître ma chevelure et la barbe à toutes personnes vieille ou jeune. Preuve ma mère qui a 66 ans était chauve à l’heure qu’il est elle a une jolie chevelure, moi-même qui avais le crâne dénudé à la suite de mes nombreux travaux de science et de lettres, eh bien mes cheveux repoussent et dans un mois ma tête en sera couverte. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 114]
Cette auto-médication se retrouve chez J. Meunier, commis de Direction des Postes et Télégraphes à Dijon, qui a trouvé une tisane contre la dysenterie :
« Ayant pris part à la campagne du Tonkin, au titre de mon administration, j’ai contracté à Hanoi, au moment de l’épidémie cholérique de 1885, une dysenterie que j’ai conservée pendant plus de cinq années, sans aucune modification, malgré les divers traitements auxquels j’ai été soumis, sans interruption. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 317]
Expertise instrumentale
Les propositions d’instruments ou d’appareils peuvent émaner aussi bien de sociétés que de médecins. La société Fabre et Comp., 44, rue des Batignolles, soumet ainsi à l’appréciation de l’Académie de médecine, pour le prix Desportes, un appareil insufflateur à air chaud créosoté, à température constante et progressive, destiné au traitement des affections des voies respiratoires [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 177].
Alexis de Lomonossoff se fait le promoteur d’un modèle de chaufferette utile dans les accès de choléra ou de fièvre jaune, type de chaufferette dont il rappelle qu’il est alors exposé dans l’exposition hygiénique de la Société de santé publique russe [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 281].
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Le docteur Charles Legay, de Lille, propose, lui, à la commission permanente de l’hygiène de l’enfance, un « appareil fort simple pour stériliser le lait dans les ménages » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 265-270]. Alphonse Charpentier le décrit ainsi dans son rapport des mémoires – hors-concours – adressés à la commission de l’hygiène de l’enfance :
« L’appareil se compose
1° D’un simple flacon pouvant contenir 500 à 1,000 grammes de lait suivant le type du flacon.
2° D’un bouchon en verre qui constitue la partie essentielle de l’appareil.
3° D’un ressort support qui maintient la fermeture du flacon et lui sert de support.
L’appareil porté au bain-marie permet d’élever la température du lait à 85 degrés, chiffre que l’auteur fixe comme limite à sa stérilisation.
Il n’y a qu’une simple objection à faire à l’auteur, c’est que le lait ainsi traité n’est pas du lait réellement stérilisé, mais du lait pasteurisé, puisque ce n’est qu’à une température de 104 degrés, que tous les germes pathogènes sont réellement détruits. II y a là toutefois un effort à récompenser. » [CHARPENTIER 1893 p. 474]
De fait, le docteur Legay se voit attribuer cette année-là l’une des huit médailles de bronze décernées au titre du service de l’hygiène de l’enfance.
Expertise légale ou réglementaire
L’Académie de médecine est fondée à apporter sa contribution aux questions de santé publique en général. Bien que ce ne soit pas son rôle, l’Académie peut être sollicitée pour apporter son expertise légale ou réglementaire dans un cadre individuel, confirmer la légitimité de telle ou telle déclaration. Ainsi Mme Béthoux, sage-femme, lui demande-t-elle si la réclame qu’elle compte publier pour vanter ses services de sage-femme ne comporte rien de répréhensible.
« Mme X… sage-femme à … traitement spécial et radical des pertes blanches et en général de tous les malaises qui précèdent, accompagnent ou suivent les accouchements. Dépositaire de ceintures perfectionnées et brevetées pour grossesses, chute de matrice et déviation, douches, eczémas et autres articles. L’indispensable des dames. Ceinture périodique dite de propreté. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 67]
Dans sa réponse, l’Académie prend soin de se dégager de toute responsabilité :
« Le Conseil d’administration de l’Académie de Médecine m’a chargé de vous faire connaître en réponse à votre lettre que les questions de réclame sont du ressort du Commissaire de police, si vous annoncez que vous guérissez telle ou telle maladie. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 67]
Expertise morale
Au-delà de simples aspects réglementaires, l’Académie de médecine apparaît comme un des lieux où peut s’exprimer une doctrine morale de la médecine et de la santé. C’est ainsi que l’entend Félicité Hervieu, née Bridoux (1840-1917), femme politique initiatrice notamment des jardins ouvriers. Depuis Sedan, et à la suite de la remise des statuts de son œuvre, Reconstitution de la famille, elle propose de soumettre à l’appréciation de l’Académie de médecine des idées pour lutter contre les avortements, les infanticides, la dépopulation et l’immoralité de la France :
« Mais pour répandre ces doctrines parmi les classes des travailleurs et atteindre le but désiré, il faut des personnes compétentes en ces matières, des personnes connaissant assez la médecine et unissant cette science à celle de la moralité : hygiène de l’âme, hygiène du corps ! Qui se trouve mieux placé que la doctoresse et la sage-femme ? Que peuvent les leçons de moralité du prêtre, du professeur ; si la mère ne connaît pas les premiers éléments des soins physiques qu’elle doit prodiguer à son enfant dès son bas âge ? Comme le dit Monsieur Brouardel la sage-femme est le médecin du Pauvre, elle pénètre partout. Que de bien, que de mal elle peut faire ! et combien de savants docteurs seraient dans le vrai en prenant sous leur protection cette cohorte de femmes dont la mission est si importante au point de vue social. En présence de la dépopulation de la France, en présence surtout de ces crimes commis dans l’ombre et dont la justice des hommes ne peut s’emparer qu’il soit fait un appel à toutes les sage-femmes de France ; que dans chaque localité elles puissent établir des réunions dans lesquelles seraient étudiés les divers sujets concernant le rôle de la femme de la création ! Comme vous le voyez, Monsieur, cette société que nous allons établir ose entrer en lutte contre cette immoralité qui détruit la famille et qui conduit notre nation à la décadence ! » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 231]
Quoi qu’il en soit, la légitimité de l’Académie de médecine est assise à telle enseigne qu’un certain Paul Nacre, un aliéné ou bien un fantaisiste, qui se prétend Grand Chancelier de Gladéon, roi fondateur, premier souverain d’un régime s’étendant sur toute la ville de Paris, et appelé à s’étendre sur toute la surface du Globe, demande qu’un « orateur fondatorial » (sic) prenne la parole lors de la séance publique annuelle [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 330].
La dénonciation des injustices
S’adresser à l’Académie de médecine pour lui exposer une situation d’injustice est courant. Un certain Charrié, domicilié 7, rue des Abbesses à Montmartre, dénonce le manque d’humanité de certains médecins, et insiste sur la nécessité d’accueillir les malades atteints d’affections pulmonaires à leur début, lui-même étant devenu tuberculeux par suite du désintérêt des médecins :
« Je viens de lire dans les journaux qu’un congrès s’était réuni à l’effet d’apporter des moyens hygiéniques en vue d’arrêter la propagation de la tuberculose honneur au congrès. Je profite donc de cette occasion pour vous apprendre que je suis atteint de cette terrible maladie, non pas d’une façon héréditaire, mais par accident à la suite des froids en 1890 où j’ai contracté une affection pulmonaire. Je me suis présenté à l’hôpital Lariboisière à la consultation du docteur en chef de la salle Grisolle qui fait le service actuellement, ce docteur auquel j’expliquais les symptômes que je ressentais me fit tendre les mains et déclara que j’étais alcoolique, et me renvoya sans être visité ni ausculté. Retombant malade quelque temps après je me suis présenté de nouveau. Mêmes observations. Je fis venir le médecin de la Mairie, n’ayant pas les moyens, qui fut très étonné que je ne fusse pas accepté à l’hôpital vu mon état, un mois après je retourne à la consultation du même docteur mais je fus visité par un de ses élèves, qui me fit savoir que je devais être vu par le chef, je suis monté dans son service, où il donnait un lit à un homme qui n’était nullement malade, mais qui se recommandait de la part de la Comtesse Mathilde, pour se reposer une huitaine, se retournant vers moi il me dit que j’étais gravement malade, mais qu’il n’avait pas le temps de s’occuper de moi que je revienne le vendredi à sa consultation, j’y suis allé, alors il m’a répondu que lorsque l’on souffrait on avait mal partout et renvoyé, voyant cela je me suis présenté quatre jours après au service de M. Gouguenheim, qui m’a pris d’urgence reconnaissant que mon état était compliqué d’une pleurésie, je suis resté en traitement un mois où je me suis rétabli, je suis de nouveau retombé et ai retourné à la visite toujours de M. Dugué pour savoir au juste le nom de la maladie je n’ai pas été reçu. Il n’y a que fin novembre 1892 que je fus admis en son service après 2 ans de maladie. J’y suis resté 12 jours, où j’ai appris que j’étais devenu tuberculeux et qu’il n’y avait rien à faire comme il a dit. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 109]
La défiance à l’encontre du corps médical peut revêtir d’autres formes. Un certain Ad. d’Arcès, établi à Lugano, en Suisse, depuis une vingtaine d’années pour le travail des vers à soie, s’enquiert d’un médecin pouvant le conseiller concernant l’hydropisie dont est atteint son fils âgé de 10 ans. Il a bien eu recours à un médecin, via ses publicités, mais a perdu confiance, explique-t-il, après que l’homme de l’art a ordonné le même traitement que celui qu’il avait utilisé pour une maladie de matrice [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 2].
L’injustice peut également être d’ordre professionnel, comme en atteste une lettre d’accusation de plagiat à l’encontre de Le Fort, et de revendication de priorité, par le docteur Georges-Charles Pasquier :
« J’apprends le décès de M. L. Le Fort, membre de l’Académie de médecine. C’est une perte sensible pour la science, mais je me demande comment, avec son riche bagage scientifique, il n’a pas eu honte de me traiter outrageusement dans sa dernière édition de médecine opératoire, à propos d’une modification de l’amputation de Pirogoff dont il se prétend l’auteur et qu’il m’a dérobée. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 338]
Le docteur Théophile Sambuc (1834-1900), ancien professeur de physique et de chimie aux Écoles de médecine navale, suspecte le plagiat de ses idées par le docteur Onimus, dans sa communication sur les erreurs paradoxales imputables aux observations du thermomètre comme indicateur des impressions subies par le corps humain sous l’influence des variations de la température atmosphérique [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 392].
Le sentiment d’injustice irrigue tout autant les personnes considérées comme aliénées, qui s’adressent à l’Académie souvent en dernier recours. On retrouve par exemple, dans cette correspondance de 1893, le même Alphonse Jamard rencontré dans les années précédentes [VAN WIJLAND 2025]. Personnage ambiguë, ouvrier distillateur anarchiste et aliéné, il se livre ici tout particulièrement à une condamnation en règle des agissements du docteur Mesny [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 236-238] :
« Vous confondez le savant docteur Dumesnil, médecin en chef de l’Asile de Vincennes avec un rebut de l’armée incapable d’arracher une dent. Je nomme Mesny (dit Mesnil), 18 rue Crozatier, un ex maquereau, un voleur, un faussaire, un escroc, un assassin de droit commun. Non seulement, ce vil mouchard ne se contente de dévoiler le sacré secret professionnel recueilli auprès du chevet de ses malades ; il échafaude en outre des jugements téméraires qu’il troque au rabais dans les saturnales policières. De ce chef, ce hideux escarpe décoré se fait plus de 50 000 francs par an ! Au-delà l’omnipotente pieuvre d’Esculape l’Académie de médecine, sciemment tolère cet immonde à exercer la médecine. D’autre part, un sphinx en putréfaction le grand Q ? il l’exhibe au-dessus de la loi… Je mets au défi ce sinistre carabin de Montfaucon de me poursuivre devant les tribunaux. Sus à ce redoutable bandit ! P. S. : Mesny est en plus un f∴ de la loge des Admirateurs de l’Univers. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 237]
Une certaine Veuve Guilloz dénonce le comportement des hommes de sa ville :
« Je condane les hommes Nominatif de ma ville qi on mi le crime des ecrits a souffler dans mes arteres civique le crime du déchirement ainssi que les femmes nominative eyan mi une main criminele sur l’appui du jugement elles n’on pu reprendre de suivre le sein de ma balance et me font ce crime a ma face de Dieu me font la mort cruelle et laver la mauvaise odeur de leur sens et ne tiene que le mal e eux q’on les fasse pendre avan ma mort pour pouvoir correspondre avec mon Fils de France. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 224]
Appels à l’aide
Comme pour les années précédentes, certains courriers constituent des demandes d’aide, médicale ou financière. Un homme de 35 ans, Ludovic Lefebvre, malade depuis 19 mois, sollicite ainsi le concours médical de l’Académie de médecine, pour le soigner [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 264]. J. Étienne demande quant à lui le secours financier de l’Académie :
« Hier ma femme est allée vous conduire mes 2 enfants, pour la deuxième fois, et vous lui avez délivré 2 bons de 2 francs prime que vous donnez aux gens nécessiteux. Aujourd’hui elle est allée à la mairie du XVe notre arrondissement pour les toucher mais on lui a refusé disant que l’on ne les payait plus. Ne pourriez-vous pas, Monsieur, employer votre bonté à nous les faire avoir, car je vous jure que ma femme attendait après pour avoir du pain à mes cinq enfants, moi étant sans ouvrage depuis cinq semaines. Nous comptons sur votre haute bienveillance car nous en avons un sérieux besoin. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 175]
Rémy Pichenot architecte statuaire dans le 20e arrondissement, signalé dans d’autres sources comme graveur sur métaux, fils de ferblantier lampiste, exprime sa hantise de finir ses jours à l’hospice :
« la malchance et peut-être la malveillance, me poursuivent depuis plusieurs années, et je ne tiendrais pas à finir mes jours au dépôt de mendicité de Nanterre ou autre. […] J’ai la tête ronde, mais j’ai deux creux, et bosses, quand j’étais jeune je voyais derrière moi, et encore il y a quelques années. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 346]
Bien que décédé finalement à l’hospice du Kremlin-Bicêtre, il aura du moins vécu jusqu’en 1916.
Les appels à l’aide peuvent prendre la forme d’une proposition de contrepartie. Plusieurs lettres comportent ainsi de la part des auteurs des propositions de vente de leur propre corps. Isidore Christ, 38 ans, brasseur au Thour dans les Ardennes, souffre d’une fistule lacrymale et de diverses fistules au visage. Il en est réduit à cette offre :
« Étant dans le besoin de faire ce sacrifice je viens vous offrir mon corps après la mort étant un sujet de faire des expériences. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 129]
Malade, et ne pouvant presque plus travailler, Léon Alexandre Girardin, ouvrier en papeterie, fait une proposition équivalente [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 218]. Ed. Fleury, domicilié à Paris, accompagne sa proposition d’une description de son état et des traitements qu’il a subis :
« Atteint d’atrophie musculaire congéniale, j’ai marché jusqu’à l’âge de 25 ans, mais depuis voici 19 ans, ayant 44 ans aujourd’hui, je suis cloué dans ma chaise sans pouvoir me lever. Voici Monsieur le Directeur, le motif qui me fait vous écrire cette lettre : une personne âgée de 76 ans qui vient d’être opérée de la jambe à l’hôpital Cochin, vient d’être achetée par l’Académie qui lui fait deux francs par jour “paraît-il”. Je suis marié depuis l’âge de 23 ans, j’ai eu 6 enfants dont 5 sont encore vivants et bien portants. Je suis une charge pour ma famille car j’ai trois tout jeunes enfants qui ne gagnent pas le dernier n’ayant que 5 ans. Il y a 10 ans j’ai été dans le service du Docteur Charcot à la Salpêtrière. L’année d’après dans le service de M. Verneuil pour un ongle incarné, amené par perturbation trophile. M. Verneuil n’a pas voulu me faire l’opération craignant les suites, étant d’une surexcitabilité excessive. Étant couché je ne puis me mettre sur mon séant, les bras sont atteints et je m’en sers difficilement surtout par les jours de froid. Autrement la santé générale est bonne, toutes les fonctions se font bien. Si donc, Monsieur le Directeur vous croyez qu’après ma mort mon corps puisse être utile à la science, et que l’Académie veuille m’acheter dans les mêmes conditions citées plus haut, je vous serais reconnaissant de me faire savoir où et comment je dois faire l’engagement. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 187]
L’Académie est aussi sollicitée pour son entregent dans la recherche d’un poste. Mademoiselle Marie Mauriac, sage-femme à Villeréal dans le Lot-et-Garonne demande ainsi une place de garde-malade :
« Je m’adresse à vous avec confiance excusez mon hardiesse. J’ai 27 ans je suis été reçue en 1889, mes parents ont voulu de toute vigueur me garder à Villeréal nous sommes trop nombreuses pour pouvoir gagner de quoi vivre ; c’est à présent ou jamais de penser à cela. Alors malgré mes parents je viens monsieur vous prier de me trouver parmi vos amis une bonne place de garde-malade si toutefois monsieur n’a pas besoin de mon service. Sans me vanter je suis d’une amabilité impossible très douce très patiente à mes malades ; alors ils seront satisfaits de moi je vous l’assure. » [BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 307]
Jérôme van Wijland
Lien vers l’inventaire :
BANM, Acad. Méd. Correspondance 1893 n° 1-438
Bibliographie :
[CHARPENTIER 1893] M. Charpentier, « Rapport sur les mémoires et travaux adressés à la Commission permanente de l’Hygiène de l’enfance 1892-1893 », Bulletin de l’Académie de médecine, 57e année, 3e série, tome XXX, séance du 7 novembre 1893, p. 467-543.
[LEREBOULLET 1893] « Sur le concours pour le Prix Vernois », au nom d’une Commission composée de MM. L. Colin, Le Roy de Méricourt et L. Lereboullet, rapporteur, Bulletin de l’Académie de médecine, 57e année, 3e série, tome XXX, séance du 7 novembre 1893, p. 544-561.
[VAN WIJLAND 2025] Jérôme van Wijland, « Correspondance – IV. L’année 1892 », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 14 mars 2025. Disponible à l’adresse : https://bibliotheque.academie-medecine.fr/correspondance-1892.
Pour citer ce billet :
Jérôme van Wijland, « Correspondance – V. L’année 1893 », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 20 septembre 2025. Disponible à l’adresse : https://bibliotheque.academie-medecine.fr/correspondance-1893.






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