Informations sur les horaires – pont de l’Ascension

A l’occasion de la fête de l’Ascension, la Bibliothèque sera fermée les jeudi 25 et vendredi 26 mai.

Nous vous souhaitons une bonne semaine et un bon week end.

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Une revue pour l’histoire du thermalisme : les Annales des établissements thermaux, cercles, casinos, eaux minérales

La Bibliothèque de l’Académie de médecine est la seule signalée dans les grands catalogues nationaux à posséder une collection complète, de 1907 à 1925, des Annales des établissements thermaux, cercles, casinos, eaux minérales. Cette revue est fondée en 1907 et dirigée pendant les dix-huit années de son existence par Étienne Pierre, avocat à la cour d’appel de Paris. Elle est continuée après sa mort par Jules Lefébure, sous le titre d’Annales des stations hydrominérales, climatiques, balnéaires. Elle constitue une source importante pour les aspects juridiques et économiques de l’histoire du thermalisme.

Dans le premier numéro, Étienne Pierre annonce le programme de la revue. Il souligne l’insuffisance de la législation qui remonte alors à une loi du 14 juillet 1856, et l’appel du corps médical à une réglementation favorisant le développement des stations thermales et climatiques. La législation plus récente autorisant les jeux sous certaines conditions a occasionné un grands nombres de litiges tranchés par les tribunaux, et donc une importante production jurisprudentielle. « Il est donc intéressant », écrit Étienne Pierre, « de suivre le Parlement dans son œuvre de réformes et les Tribunaux dans les solutions qu’ils donnent aux différends qui leur sont soumis ».

Si elle a pour objet la vie des établissements thermaux, la revue est plus précisément, au vu de son organisation initiale, une publication d’actualité juridique : une première partie présente l’actualité de la législation (lois, décrets, arrêtés) ; la deuxième partie présente la doctrine au travers de commentaires théoriques de la législation et de la jurisprudence ; une troisième partie rassemble les décisions de l’ensemble des juridictions, civiles ou administratives. Au cours des années apparaissent de nouvelles rubriques qui constituent autant de sources d’informations pour l’histoire du thermalisme : convocation d’assemblées générales et comptes-rendus, annonces de ventes, tirage de titres, « revue des stations », correspondance, nécrologie, bibliographie, etc. Chaque livraison se conclut par une partie « Statistiques ».

Vie des stations, jurisprudence, nécrologie, statistiques, modifications de sociétés : quelques rubriques des Annales des établissements thermaux

Les Annales gagnent progressivement une notoriété dans le monde du thermalisme. On pourra en voir un signe dans les citations dont elle est l’objet dans le principal représentant de la presse thermale, la Gazette des eaux. Si la naissance des Annales des établissements thermaux n’y est pas relevée en 1907, on voit des informations être reprises à partir de 1911, et un article d’Étienne Pierre faire l’objet d’un long compte-rendu dans la Gazette des eaux de février 1912, dans lequel les Annales sont qualifiées de « très intéressant bulletin ». On verra également un signe du succès rapide des Annales dans le fait que lors de l’assemblée générale de l’Union des établissements thermaux de France en 1913, les Annales figurent aux côtés de la Gazette des Eaux comme destinataires des dépenses publicitaires.

Source rare et précieuse pour l’histoire du thermalisme français, les Annales des établissements thermaux feront l’objet d’un programme de numérisation dans le cadre de notre partenariat avec la Bibliothèque nationale de France (bibliothèque numérique Gallica). En attendant, c’est avec plaisir que nous vous accueillerons à la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine pour la consulter.

 François Léger

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Les prix de l’Académie – V. Les hôpitaux de Moscou et de Saint-Pétersbourg

Au cours de son histoire, l’Académie de médecine a décerné de nombreux prix, fondés le plus souvent à la suite des dispositions testamentaires de médecins fortunés ou de philanthropes. La Bibliothèque conserve une grande partie des mémoires ayant concouru à ces prix. Plusieurs billets vous inviteront, à travers l’exploration d’un mémoire particulier, à en découvrir toute la richesse et la diversité.

L’année 1842 voit la création d’un Service des missions au sein du ministère de l’Instruction publique, destiné à encourager et subventionner des voyages d’études à l’étranger. Il se voit complété en 1874 par une Commission des missions, composée de scientifiques, qui étudie et rend ses avis sur le bien-fondé des missions. C’est dans ce cadre que la médecine et les hôpitaux russes vont faire l’objet de rapports détaillés de la part de Henri Huchard et Georges Dujardin-Beaumetz. Ce dernier publie en trois livraisons et une dizaine de pages le compte-rendu de son voyage dans la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie de 1888. Il fera don lors d’une séance de l’Académie de médecine d’une brochure regroupant ces livraisons. Henri Huchard fait publier en 1890 par la Revue générale de clinique et de thérapeutique, qu’il dirige, un texte de 75 pages intitulé « Une Mission scientifique en Russie (notes et impressions de voyage) ».

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Paul Aubry, médecin de Saint-Brieuc, a été lauréat du prix Monbinne en 1887 (prix décerné par l’Académie de médecine et subventionnant des missions scientifiques d’intérêt médical), pour un Rapport à M. le Ministre de l’Instruction Publique, sur les hôpitaux en Orient, l’aliénation mentale et la lèpre. Il a ensuite lui aussi effectué une mission en Russie, en août 1887, à la demande du ministère de l’Instruction publique. Il y a visité des hôpitaux à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Son rapport a d’abord pris la forme d’un article publié dans la Revue française de l’étranger et des colonies, en 1890 et 1891. Concourant à nouveau au prix Monbinne en 1891, il soumet un mémoire, constitué d’extraits de son article enrichis de textes manuscrits ainsi que de nombreux documents. Ceux-ci sont variés et riches : pour l’hôpital Abougoff, ce sont notamment des séries statistiques (de 1869 à 1880) sur le typhus, les pneumonies, la tuberculose, qui fournissent selon le compilateur un « véritable état sanitaire de la capitale russe ».

Billet_2017_Hopitaux_russes(1)_1On remarquera en particulier la partie du rapport portant sur l’hôpital-baraque Alexandre de Saint-Pétersbourg. Elle participe d’une réflexion approfondie sur l’architecture des hôpitaux développée dans le dernier tiers du XIXe siècle sous l’influence des doctrines hygiénistes. Parmi les sources d’inspiration des médecins et des architectes figurent notamment les hôpitaux-baraques, utilisés par exemple avec succès par les armées allemandes durant la guerre de 1870. Des publications s’ensuivent, parfois signées de membres ou de correspondants de l’Académie de médecine : dès 1872, Angel Marvaud préface ainsi un ouvrage écrit par deux architectes. Quelques années plus tard, Gabriel Maunoury publie dans Le Progrès Médical un long article consacré aux hôpitaux-baraques en Allemagne. Le mémoire du docteur Aubry contribue à cette réflexion par des documents nouveaux, complémentaires et de qualité : c’est ainsi à une précise description architecturale qu’il se livre, avec des planches de croquis très précis tant sur l’implantation des bâtiments que sur les techniques de construction. Une attention particulière est portée à la désinfection : description des appareils, données statistiques.

La suite du mémoire est consacrée à deux hôpitaux moscovites : l’hôpital de la ville, pour lequel on trouvera des plans, des statistiques, mais aussi des formulaires d’admission traduits par l’auteur du rapport ; et le tout récent hôpital pour enfants Sainte-Olga.

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Le mémoire ne vaut cette fois pas le prix à Aubry, qui concourra à nouveau sans succès en 1893, avec un rapport de mission au 3ème congrès d’anthropologie criminelle de 1892 (Session de Bruxelles), discipline sur laquelle il a d’ailleurs publié un ouvrage (La contagion du meurtre : étude d’anthropologie criminelle, Paris, Félix Alcan, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1887 ).

François Léger

Bibliographie :

Aubry P., Les hôpitaux de Saint-Pétersbourg et de Moscou Étude descriptive accompagnée de plans, observations, statistiques, et autres documents). Rapport de mission (août 1887), Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, Prix Monbinne, 1891 n°5.

Aubry P., « Les hôpitaux en Russie, Notes d’un missionnaire scientifique. », Revue française de l’étranger et des colonies, 1891 1890, XII, XIII, no 107, 108, 109, pp. 678‑680, 738‑741, 44‑46.

Dujardin-Beaumetz G., Des hôpitaux-baraques et de l’enseignement médical en Russie, Paris, France, 1889.

Dujardin-Beaumetz G., « Des hôpitaux-baraques et de l’enseignement médical en Russie », Gazette Hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1888, XXV, série 2, no 46, 51, 52, pp. 722‑726, 809‑811, 821‑823.

Huchard H., Une mission scientifique en Russie (notes et impressions de voyage), Paris, Revue générale de clinique et de thérapeutique, 1890.

Jaeger F., Sabouraud É., Étude sur les hôpitaux-baraques ; précédée de Considérations sur l’utilité et les avantages qu’ils présentent au point de vue hygiénique par le Dr Angel Marvaud, Paris, Ducher et Cie, 1872.

Laget P.-L., Laroche C., Duhau I. et al., L’hôpital en France, du Moyen Âge à nos jours: histoire & architecture, 2ème éd., Lyon, Lieux Dits éditions, 2016.

Maunoury G., « Les Hôpitaux-baraques en Allemagne », Le Progrès Médical, 29 septembre 1877, vol. 5, p. 741‑792.

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Les collections imprimées de la Bibliothèque de l’Académie et le fonds Daremberg

Avec près de 4000 titres de périodiques morts ou vivants, et des dizaines de milliers de monographies dont 115 incunables, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine peut s’enorgueillir d’être l’une des bibliothèques médicales les plus importantes de France.

Billet Coll imprimées Magasin

Une vue des magasins

L’Académie de médecine est créée en 1820 par Louis XVIII, sous l’impulsion du baron Portal, pour « répondre aux demandes du gouvernement sur tout ce qui intéresse la santé publique, et principalement sur les épidémies, les maladies particulières à certains pays, les épizooties, les différens cas de médecine légale, la propagation de la vaccine, l’examen des remèdes nouveaux et des remèdes secrets, tant internes qu’externes, les eaux minérales naturelles ou factices, etc. » Avec la conservation de ses archives également stipulée par l’Ordonnance fondatrice de 1820 et la constitution progressive d’un patrimoine artistique, la Bibliothèque se voit dotée d’une responsabilité triple : elle conserve non seulement les imprimés mais également les archives et les œuvres d’art. Ses collections imprimées reflètent les domaines précisés par l’Ordonnance, telles la littérature consacrée à la vaccination antivariolique ou encore l’hygiène et la santé publique, et s’étendent à des domaines de spécialisation des médecins et chirurgiens des XIXe et XXe siècles, comme la gynécologie-obstétrique.

Les collections de la Bibliothèque se sont largement constituées à la faveur d’achats et de dons. Au XIXe siècle comme au début du XXe siècle, ce sont les médecins – et pas uniquement des académiciens – ou leurs héritiers qui font don d’ensembles d’ouvrages à l’Académie. Ainsi en 1892 le don par sa veuve de 400 ouvrages ayant appartenu à Henri Roger (1809-1891), en 1893 le don de 406 volumes et 4069 thèses par René Marjolin (1812-1895) représentent des accroissements majeurs. On citera aussi les fonds Mattéi et Devilliers qui comptent respectivement 832 et 94 ouvrages consacrés aux accouchements et aux maladies des femmes, ou encore les 130 ouvrages d’anatomie, de pathologie et de thérapeutique dentaires du fonds Magitot. Les ouvrages présentés en séance comme ceux adressés à l’Académie pour concourir aux nombreux prix qu’elle propose, finissaient par entrer dans les collections de la Bibliothèque. De nos jours, cette dernière reçoit des ensembles cohérents et souvent rares à la suite de la désagrégation de plus en plus fréquente des bibliothèques ultra spécialisées des laboratoires biomédicaux (addictologie, thérapie cellulaire, neurologie, etc.).
Les dons de particuliers étaient complétés de ceux provenant des éditeurs spécialisés en médecine (Baillière, Masson, Asselin et Houzeau, Doin, Steinheil) avec lesquels l’Académie elle-même ou des académiciens entretenaient des relations suivies, auxquels il convient d’ajouter la politique de concession d’ouvrages en provenance du ministère de l’Instruction publique. Les échanges de publications avec des sociétés savantes, contre le Bulletin de l’Académie de médecine, permettent encore aujourd’hui d’enrichir les collections de périodiques.
Dès le début du XXe siècle la Bibliothèque avait acquis une certaine réputation, si bien que les pouvoirs publics faisaient appel à elle pour se dessaisir de ses doubles et contribuer à la constitution de nouvelles bibliothèques (bibliothèque des internes des hôpitaux de Paris, bibliothèque de l’école d’application du service de santé des troupes coloniales à Marseille, bibliothèques de service de santé de certaines colonies).

Billet Inc. C7 1

Abulkasim. Liber servitoris de praeparatione medicinarum simplicium. Trad. de l’arabe Simon a Cordo avec le concours d’Abraham Judaeus Tortuosiensis. – Venezia : Nicolas Jenson, 1471. – 4°. Inc. C 7. L’un des trois premiers livres de médecine jamais imprimés.

Si la collection Daremberg constitue de nos jours le cœur des collections de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, elle n’a gagné cette place que tardivement, au prix d’un glissement de perspective. Charles Daremberg (1817-1872), bibliothécaire, médecin et philologue, positiviste proche de Renan et de Littré, s’était rendu célèbre par ses traductions de Galien et ses travaux d’histoire de la médecine, qui lui avaient valu d’occuper à partir de 1870 la chaire d’histoire de la médecine tout juste refondée. Son lien avec l’Académie était double : il en avait été le premier bibliothécaire dans les années 1840 puis en avait été élu membre associé libre en 1868.
A côté des copies, collations, transcriptions ou traductions de manuscrits médicaux grecs et latins qu’il s’était efforcé de rassembler sa vie durant, il avait constitué une bibliothèque importante, pour partie consacrée à l’art médical. A l’examiner aujourd’hui, la collection, quoique contenant ici ou là de belles reliures, des provenances illustres, des annotations intéressantes, n’est pas celle d’un bibliophile esthète mais d’un historien, pour qui le contenu prime sur l’aspect matériel du livre.
Acquise par l’Académie en 1873 auprès de sa veuve et de son fils, et entreposée provisoirement dans la Bibliothèque Mazarine, la collection Daremberg n’a probablement été transférée dans la Bibliothèque qu’à compter de l’érection du bâtiment construit spécialement pour l’Académie en 1902, et n’a été cataloguée que dans les années 1905-1910, par Léon Laloy. Sa cotation, identifiant les incunables par la lettre A, B ou C selon leur format et les autres livres par la lettre D, a fortement contribué à la distinguer des autres ouvrages, tous affectés d’une simple cotation numérique.

C’est sensiblement à cette même époque que la Bibliothèque cherche à s’affirmer comme une bibliothèque de référence en histoire de la médecine et pas seulement en médecine ; dans les années 1910, son bibliothécaire Ernest Wickersheimer sollicite ainsi de sa hiérarchie la possibilité de prendre les premiers abonnements de la Bibliothèque à des revues d’histoire de la médecine. Cette orientation érudite sera d’ailleurs suivie par ses successeurs Henry Busquet et Maurice Genty et continue, encore aujourd’hui, d’imprimer sa marque sur la politique documentaire de l’établissement.

Jérôme van Wijland

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« L’âme de la chair est dans son sang » : le fonds Henri Baruk

Billet_2017_BarukCaricatureC’est dans une notice manuscrite rédigée par ses soins et destinée à résumer son œuvre scientifique qu’Henri Baruk (1897-1999) cite une sentence de la Bible (Lévitique, 17, 11) pour appuyer l’idée qu’au-delà de mécanismes physiologiques, « la personnalité reste derrière [le cerveau] et représente l’esprit qui inspire et dirige les sentiments ». Le fonds Henri Baruk, conservé à la bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, contient en deux boîtes des documents variés qui contribuent ainsi à éclairer la pensée et la personnalité de ce psychiatre élu à l’Académie nationale de médecine en 1965, où son centenaire a été célébré en 1997. On trouve au sein de ce dossier des pièces issues des archives de l’Académie, relatives à son élection, à la célébration de son centenaire, ou encore des éloges ou nécrologies publiés à l’occasion de son décès ; des manuscrits ou tapuscrits d’ouvrages ou d’articles composant son œuvre ; des extraits de sa correspondance.

Billet_2017_BarukNotice

L’œuvre publié d’Henri Baruk est foisonnant, mêlant traités de psychiatrie, essais d’inspiration historique, morale et religieuse, et autobiographie. S’y trouve inlassablement reformulée et précisée la pensée pour laquelle Henri Baruk a jugé nécessaire de lutter jusqu’à ses derniers jours, et dont l’essence était son caractère humaniste, l’amenant à refuser tant la psychanalyse, qui limite selon lui l’inconscient aux bas-instincts, que les diagnostics « destructeurs » de schizophrénie qui condamnent le patient à l’état d’incurable. Les documents du fonds Baruk font écho à l’œuvre. A la lecture de pièces où Baruk ramasse sa pensée et l’explicite auprès d’interlocuteurs divers, on trouvera ainsi matière à éclairer ses principales notions et idées : « quelques notes sur [son] curriculum vitae » qu’il adresse à son ami le professeur Gounelle de Pontanel, exposé de la genèse de sa pensée (lettre du 12 février 1987) ; une lettre adressée à la directrice du Quotidien du médecin où il précise la notion de « crise de la psychiatrie » ; ou encore une notice rédigée par ses soins, et que ses amis Mireille et Georges Lescure ont remis à l’Académie nationale de Médecine, où il expose en trois feuillets comment « L’œuvre scientifique du Prof. Baruk, étendue sur plus d’un demi-siècle, part de la neurologie, s’étend à toute la psychiatrie et parvient à la philosophie » (Notice sur Henri Baruk, de la main même d’Henri Baruk). On y lira enfin que ce psychiatre qui unifie foi et science, en trouvant dans la Bible les bases possibles d’un processus thérapeutique, rejetait néanmoins avec vigueur les qualificatifs qu’un journal lui attribue de médecin « passionné et éloigné de l’objectivité », se réclamant au contraire de « soixante-dix années de recherches scientifiques contrôlées par le grand maître de l’objectivité, Babinski » (lettre du 8 janvier 1991, au prof. Gounelle de Pontanel).

François Léger

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Patentes épatantes !

En 1901, le docteur Antonin Catelan (1842-1903), directeur des services sanitaires du port de Marseille, offrait à l’Académie de médecine sa collection de patentes de santé françaises et étrangères et de passeports sanitaires (Ms 1148 (2019)-1149 (2020) cg). En 1890, alors médecin sanitaire de France à Alexandrie, le docteur Catelan s’était vu décerner une médaille d’argent pour le service des épidémies grâce à son Mémoire sur l’épidémie de grippe. Un an plus tard, il avait postulé, sans succès, à une place de correspondant national dans la première division (médecine) de l’Académie de médecine.
Réparties dans deux très grands registres, ces 291 patentes de santé, s’échelonnant de 1786 à 1899 (180 pour le vol. 1 : 1786-1827, 111 pour le vol. 2 : 1828-1899), dessinent une histoire des échanges et des transits maritimes avec la ville de Marseille, d’abord limités à l’espace méditerranéen (ports d’Espagne, de France et d’Italie principalement) puis plus largement ouverts sur le monde atlantique (de l’Atlantique nord aux ports sud-américains et africains en passant par la mer des Caraïbes), l’océan indien (Mozambique, Zanzibar, Aden, Bombay, la Réunion) et jusqu’à l’océan pacifique.

Il s’agit plus précisément de certificats sanitaires délivrés aux navires au départ d’un port pour attester de la bonne santé de leur équipage et de la population du port de provenance à l’arrivée dans un autre port (en l’occurrence Marseille), leur permettant ainsi d’éviter des périodes de quarantaine.

Patentes de santé émanant des ports de Barcelone, Mahon et La Seyne.

Outre le nom du bateau, son type (brigantin, vapeur, tartane, etc.), le nombre de ses marins – parfois de ses passagers –, on peut y trouver aussi le rôle des équipages, les noms, et différentes données probablement destinées au contrôle et à l’identification : âge, couleur des cheveux, couleur de la peau, taille.
La collection atteste également des transformations de l’espace géopolitique méditerranéen pendant la Révolution et le premier Empire (Toulon rebaptisée Port-la-Montagne, patentes niçoises en langue italienne, etc.)Billet_2017_ Patentes_AgdeLit

Enfin, c’est aussi toute une iconographie des saints protecteurs (sainte Vierge, saint Roch, saint Sébastien, saint Aurélien, etc.) qui se déploie en un ensemble de gravures, tailles d’épargne ou douces, sophistiquées ou grossières, profuses ou laconiques, pourvues parfois de détails cartographiques (gîtes, récifs, hauts fonds…)

Cette collection n’attend plus que ses chercheurs, qui pourront puiser dans telle ou telle patente particulière ou bien encore en étudier les aspects sériels.

 

Jérôme van Wijland

 

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Les académiciens publient

Tout au long de l’année, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine reçoit et présente des ouvrages publiés par des académiciens. Ainsi en 2016 :

Battin, Jean-Jacques, Féniès, Jacques, Vigneaux, Michel, Mostermans, Hermann, L’ Islande : sous la glace, le feu, Bordeaux, Les dossiers d’Aquitaine, 2016.

Berche, Patrick, Le fragile empire des gènes, Paris, Éditions Docis, 2016.

Bergoignan-Esper, Claudine, Sargos, Pierre, Les grands arrêts du droit de la santé, Paris, Dalloz, 2016.

Bertrand, Edmond, À votre santé : données médicales et culturelles : huile d’olive, vin, sel, café, thé, chocolat, miel, plantes médicaments, Paris, L’Harmattan, 2016.

Bousser, Marie-Germaine,  Guichard, Jean-Pierre, AVC : en réchapper et y échapper, Paris, Inserm, Le Muscadier, 2016.

Brugère-Picoux, Jeanne (dir.), Mes poules en bonne santé : comment reconnaître, prévenir et traiter leurs maladies, Paris, AFAS, 2016.

Degos, Laurent, Quelle politique de santé pour demain ? Paris, Le Pommier, 2016.

Germain, Michel A, Les tables d’opération de l’Antiquité à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2016.

Huguier, Michel, Trois grands esprits de la Renaissance sur les routes d’Europe : Michel Sittow, Ignace de Loyola, André Vésale, Monceaux-lès-Meaux, Éditions Fiacre, 2016.

Jouannet, Pierre (dir.), Procréation, médecine et don, Paris, Lavoisier, Médecine sciences, 2016.

Laccourreye, Olivier,  Laccourreye, Laurence, Werner, Alfred, Les  clés de la voix: protéger, entretenir et presque tout savoir sur la voix, Paris, Éditions de Fallois, 2016.

Lejoyeux, Michel, Les quatre saisons de la bonne humeur, Paris, JC Lattès, 2016.

Michel, François-Bernard, Le professeur Marcel Proust, Paris, Gallimard, 2016.

 François Léger

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Actualité d’Augusta Dejerine-Klumpke

Le 10 février 2017 a lieu à la Salpétrière un colloque consacré à Jules Dejerine, à l’occasion du centenaire de son décès. Les travaux présentés lors de ce colloque mettront en lumière les étapes importantes de la carrière de Jules Dejerine, et certaines contributions souligneront le rôle d’Augusta Klumpke-Dejerine, son épouse : l’œuvre de Jules Dejerine est en effet pour une large part une œuvre commune, construite aux côtés d’Augusta. Faute de poste officiel, celle-ci a collaboré avec son époux successivement à l’hôpital de Bicêtre puis à la Salpétrière.

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La personnalité, le parcours et les réalisations d’Augusta Klumpke méritent en eux-mêmes qu’on y prête attention : pour son action à l’hôpital des Invalides, après la mort de Jules Dejerine en 1917 (elle y organise le service des grands infirmes et étudie les pathologie des paraplégiques), ou pour la création au sein de la Société française de neurologie de la fondation Jules Dejerine. Mais elle s’est en fait illustrée dès l’époque de ses études et de son entrée dans la carrière médicale, en devenant de haute lutte la première femme admise à l’Internat.

Le fonds Dejerine-Klumpke, conservé à l’Académie nationale de médecine, contient un très riche dossier documentaire sur cette conquête de l’Internat par Augusta Klumpke en 1886, aux côtés de Blanche Edwards. On y découvrira des pièces éclairant son parcours personnel et académique jusqu’à l’internat (documents administratifs, pétitions, photographies, ainsi qu’une correspondance comprenant des lettres adressées à Jules Dejerine), mais aussi un dossier de presse fourni et éclairant sur les réactions suscitées par l’opiniâtre combat d’Augusta Klumpke pour l’accession à l’Internat, et rassemblé par ses soins.

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« Acceptez sincères félicitations des femmes médecins russes souhaitons brillants travaux scientifiques sur nouveau champ d’action que vous venez d’ouvrir aux femmes » (Télégramme de félicitations des femmes médecins russes, daté du 19/01/1887)

Le fonds Dejerine-Klumpke a déjà fait l’objet d’une présentation hors des murs de l’Académie nationale de médecine : une sélection des documents qu’il renferme avait fait l’objet d’un prêt au Musée de l’Histoire vivante de Montreuil lors d’une exposition proposée du 17 janvier au 31 décembre 2015 : « Femmes en métiers d’homme », à l’occasion de laquelle un billet avait été rédigé sur ce site.

 

François Léger

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Mathias Malzieu récompensé par l’Académie nationale de médecine

Chaque année, à l’occasion de la Journée du livre médical, un jury composé de professeurs de médecine, de professeurs de littérature, de libraires, de bibliothécaires, etc. se réunit pour décerner un prix littéraire à un ouvrage à forte thématique médicale, le prix Jean Bernard de l’Académie nationale de médecine.

En 2016, le prix Jean Bernard a été  décerné à Mathias Malzieu, pour son Journal d’un vampire en pyjama, paru aux éditions Albin Michel.

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Journal d’une maladie (l’auteur se trouve atteint d’une aplasie médullaire sévère), d’une hospitalisation, le livre est aussi un entrelacs de « liens fragiles et magiques, à tisser entre le rêve et la réalité ». La réalité est celle d’une hospitalisation difficile, entre chambre stérile, transfusions, et perspective d’une greffe de moelle osseuse. Le rêve se déroule dans l’univers poétique que l’auteur a engendré, lui qui se voit comme « le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec ».

 

Remise du prix Jean Bernard à Mathias Malzieu par Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie nationale de médecine (20 décembre 2016).

Mathias Malzieu reçoit le prix Jean Bernard des mains de  Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie nationale de médecine (séance solennelle du 20 décembre 2016).

Au cours de son voyage, le vieil enfant conduisant son chalutier imaginaire dans la tempête, le vieil homme à tête d’œuf en T-shirt Spiderman, devient maître en l’art du « skathéter » (« art de rider avec un cathéter central »), expérimente douloureusement « la pêche au harpon dans le sternum ». Le vampire en pyjama qu’il est devenu affronte, dans un tourbillon d’images et de jeux avec les mots où l’on retrouve l’univers poétique de Dyonisos, la redoutable dame Oclès, mortelle séductrice aux cigarettes fines et à l’épée tranchante. Il revient à la vie grâce à l’intensité de l’amour, l’amour de Rosy, sa « boxeuse aux cheveux de sirène », de sa famille, de ses amis. Autour de lui, Walt Whitman, les nymphirmières qui berçent les poches de sang, l’hématologue à la voix douce, l’homme en jogging qui a la classe, le croisent ou l’accompagnent vers son « printemps de globules blancs ».

 

 François Léger

 

 

 

Pour mémoire, les jurys du prix Jean Bernard ont récompensé successivement depuis 2003 :

  • Schmitt, Éric-Emmanuel. Oscar et la dame rose. Paris, Albin Michel, 2002,
  • Winckler, Martin. Les trois médecins. Paris, P.O.L, 2004,
  • Gendarme, Jean-Baptiste. Chambre sous oxygène. Paris, Gallimard, 2005,
  • Didier, Marie. Dans la nuit de Bicêtre. Paris, Gallimard, 2006,
  • Sénanque, Antoine. La grande garde. Paris, Grasset, 2007,
  • Marin, Claire. Hors de moi. Paris, éd. Allia, 2008,
  • Carrère, Emmanuel. D’autres vies que la mienne. Paris, P.O.L, 2009,
  • Fonclare, Guillaume de. Dans ma peau. Paris, Stock, 2009,
  • Rostain, Michel. Le fils. Paris, Oh ! éd., 2011,
  • Márai, Sándor. La sœur. Paris, Albin Michel, 2011,
  • Mabin Chennevière, Yves. Portrait de l’écrivain en déchet. Paris, Seuil, 2013,
  • Le Drian, Marie. Le corps perdu de Suzanne Thover. Rennes, éd. Apogée, 2013.
  • Lanot, Charles. Médecin de campagne. Versailles, éd. Illador, 2014.
  • Malzieu, Mathias. Journal d’un vampire en pyjama. Paris, Albin Michel, 2016.
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Meilleurs vœux pour 2017 !

Toute l’équipe de la bibliothèque vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Billet Botanicon -voeux 2017

Nous serons heureux de vous accueillir dans notre salle de lecture et sur notre site internet, et de vous accompagner tout au long de l’année à venir dans vos travaux et recherches.

 

François Léger

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