Mémoires – I. Les années 1880.

Les Mémoires constituent un sous-ensemble des archives organiques de l’Académie de médecine, allant des années 1820 aux années 1930 approximativement. Ils consistent en notes, articles, mémoires que des médecins, scientifiques ou particuliers soumettent à l’appréciation de l’Académie dans l’espoir d’en donner lecture en séance ou d’en voir reconnaître la pertinence scientifique. On y trouve également un type particulier de mémoire, les plis cachetés, adressés à l’Académie par leurs auteurs dans le but de préserver le secret de leurs travaux tout en en établissant la priorité. Les documents y sont classés par année, puis – à peu près – par ordre alphabétique.

Mais ce sous-ensemble comporte également d’autres types de documents qu’il a été décidé de ne pas distraire du fonds, pour des raisons de cohérence archivistique et afin de ne pas modifier le classement sommaire réalisé par les Archives nationales dans les années 1970. Ainsi, y figurent de nombreuses lettres de candidatures, parfois associées à des envois de titres et travaux, voire de brochures à l’appui des candidatures. Quelques documents relèvent plus particulièrement de la correspondance avec les instances de l’Académie de médecine au sujet, par exemple, de congrès ou de commémorations auxquelles l’Académie est priée d’envoyer un représentant.

Le chantier d’inventaire de ce sous-ensemble des Mémoires, amorcé récemment, se concrétise d’ores et déjà par la publication de l’inventaire des quelques 1200 pièces de la décennie 1880-1889 dans le portail catalographique Calames.

Billet_2017_MémoiresAnnées1880Lèpre_couvLes études de statistique, de topographie ou de géographie médicales – en particulier les statistiques sur le recrutement et les conscrits ou encore les études épidémiologiques – portent aussi bien sur des pays entiers (la Suisse ou l’île de Zanzibar) que sur des départements (Ain, Loire-Inférieure, Vendée, Tarn-et-Garonne, de la Marne, du Calvados, du Var, du Nord), sur des régions (Cévennes) voire des villes (une épidémie à Salles-d’Aude) et certains de leurs établissements de soins (le sanatorium d’Argelès).

Les thématiques abordées sont de toutes sortes : instrumentation, ophtalmologie, rage, tuberculose, chirurgie, dermatologie, médicaments, alcoolisme, alimentation et nutrition, hygiène et salubrité publiques, etc. Quelques-unes des pièces sont en anglais, allemand, italien, espagnol ou portugais.

Pour ne prendre qu’un exemple, citons le Traité de la lèpre soumis à l’appréciation de l’Académie de médecine par le docteur Henri Camille Chrysostome Leloir (1855-1896), traité qu’il espère propre à lui attirer la reconnaissance de ses pairs. Ce sera chose faite avec son élection comme membre correspondant national pour la division d’anatomie et de physiologie le 20 mars 1888. Le docteur Leloir l’a réalisé à partir d’observations faites à l’hôpital Saint-Louis à Paris, lors de voyages d’étude en Italie (1878 et 1885), dans le Midi de la France (1885) et, surtout, au cours d’un voyage d’étude en Norvège (1884) pour lequel il avait été mandaté par le ministère de l’Instruction publique.

Héliogravures issues de l’atlas du Dr Leloir. Héliog. Arents / Imp. Arents

L’imposant traité se compose de trois volumes manuscrits, comptant respectivement 264 feuillets (et près d’une trentaine de dessins), 104 feuillets (et deux cartes représentant la première, le déploiement de la lèpre dans les districts médicaux de la Norvège à la fin de l’année 1879, la seconde la distribution géographique de la lèpre dans le Monde), et un atlas de 20 planches de lithographies (en couleurs ou en noir et blanc) et d’héliogravures.

Sa mission en Norvège lui a permis de relever plusieurs observations à la léproserie Saint-Georges de Bergen, toutes d’une grande précision clinique et, parfois, accompagnées d’héliogravures d’une qualité remarquable.

 

Jérôme van Wijland

 

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