Mathias Malzieu récompensé par l’Académie nationale de médecine

Chaque année, à l’occasion de la Journée du livre médical, un jury composé de professeurs de médecine, de professeurs de littérature, de libraires, de bibliothécaires, etc. se réunit pour décerner un prix littéraire à un ouvrage à forte thématique médicale, le prix Jean Bernard de l’Académie nationale de médecine.

En 2016, le prix Jean Bernard a été  décerné à Mathias Malzieu, pour son Journal d’un vampire en pyjama, paru aux éditions Albin Michel.

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Journal d’une maladie (l’auteur se trouve atteint d’une aplasie médullaire sévère), d’une hospitalisation, le livre est aussi un entrelacs de « liens fragiles et magiques, à tisser entre le rêve et la réalité ». La réalité est celle d’une hospitalisation difficile, entre chambre stérile, transfusions, et perspective d’une greffe de moelle osseuse. Le rêve se déroule dans l’univers poétique que l’auteur a engendré, lui qui se voit comme « le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec ».

 

Remise du prix Jean Bernard à Mathias Malzieu par Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie nationale de médecine (20 décembre 2016).

Mathias Malzieu reçoit le prix Jean Bernard des mains de  Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie nationale de médecine (séance solennelle du 20 décembre 2016).

Au cours de son voyage, le vieil enfant conduisant son chalutier imaginaire dans la tempête, le vieil homme à tête d’œuf en T-shirt Spiderman, devient maître en l’art du « skathéter » (« art de rider avec un cathéter central »), expérimente douloureusement « la pêche au harpon dans le sternum ». Le vampire en pyjama qu’il est devenu affronte, dans un tourbillon d’images et de jeux avec les mots où l’on retrouve l’univers poétique de Dyonisos, la redoutable dame Oclès, mortelle séductrice aux cigarettes fines et à l’épée tranchante. Il revient à la vie grâce à l’intensité de l’amour, l’amour de Rosy, sa « boxeuse aux cheveux de sirène », de sa famille, de ses amis. Autour de lui, Walt Whitman, les nymphirmières qui berçent les poches de sang, l’hématologue à la voix douce, l’homme en jogging qui a la classe, le croisent ou l’accompagnent vers son « printemps de globules blancs ».

 

 François Léger

 

 

 

Pour mémoire, les jurys du prix Jean Bernard ont récompensé successivement depuis 2003 :

  • Schmitt, Éric-Emmanuel. Oscar et la dame rose. Paris, Albin Michel, 2002,
  • Winckler, Martin. Les trois médecins. Paris, P.O.L, 2004,
  • Gendarme, Jean-Baptiste. Chambre sous oxygène. Paris, Gallimard, 2005,
  • Didier, Marie. Dans la nuit de Bicêtre. Paris, Gallimard, 2006,
  • Sénanque, Antoine. La grande garde. Paris, Grasset, 2007,
  • Marin, Claire. Hors de moi. Paris, éd. Allia, 2008,
  • Carrère, Emmanuel. D’autres vies que la mienne. Paris, P.O.L, 2009,
  • Fonclare, Guillaume de. Dans ma peau. Paris, Stock, 2009,
  • Rostain, Michel. Le fils. Paris, Oh ! éd., 2011,
  • Márai, Sándor. La sœur. Paris, Albin Michel, 2011,
  • Mabin Chennevière, Yves. Portrait de l’écrivain en déchet. Paris, Seuil, 2013,
  • Le Drian, Marie. Le corps perdu de Suzanne Thover. Rennes, éd. Apogée, 2013.
  • Lanot, Charles. Médecin de campagne. Versailles, éd. Illador, 2014.
  • Malzieu, Mathias. Journal d’un vampire en pyjama. Paris, Albin Michel, 2016.
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