La léproserie de Koyama (1) : le séisme de Kantō

Billet Koyama Petit_journal1er septembre 1923 : vers midi, heure locale, un violent séisme ravage la plaine de Kantō sur l’île de Honshū, au Japon. Il s’avère l’un des plus meurtriers du XXe siècle, après ceux de Messine en 1908 et de Haiyuan en 1920, provoquant directement ou indirectement (tsunami, typhon, incendies, mouvements de panique, exactions contre les populations coréennes, famines, épidémies de choléra) la mort de plus de cent-mille personnes (environ 142 000 en comptant les disparus) et dévastant parmi d’autres les villes de Kanagawa, Shizuoka, Yokohama et Tokyo.

Ce tremblement de terre suscite dans le monde une véritable émotion. Le gouvernement français décide un jour de deuil national, la mise en berne des drapeaux sur les monuments publics et un jour de relâche des spectacles de théâtre ou de cinéma, hommage à une nation alliée de la guerre mondiale.Billet Koyama 1 carte

Ville de Verdun ou de Marseille, Ligue des patriotes ou « travailleurs de Rivesaltes », Comité français de secours aux enfants, Croix-Rouge, Syndicat français des directeurs de cinématographes, commerçants et négociants de l’avenue de l’Opéra, etc., rivalisent de générosité pour aider les victimes du sinistre. Parmi eux, le Syndicat de la presse parisienne qui, « profondément ému des malheurs qui viennent de frapper le Japon et tenant à témoigner sa sympathie au pays dont le drapeau a flotté parmi ceux des nations alliées, a pris l’initiative d’organiser, avec le concours de la presse française, une souscription publique destinée à venir en aide aux victimes de la catastrophe. (…) Le comité du syndicat a décidé, en outre, que, dès que le premier million aura été réuni, il sera employé à l’achat de denrées et d’objets, désignés par l’ambassade du Japon, et dont l’expédition immédiate sera assurée par un bâtiment de l’État que le ministre de la marine voudra certainement affecter à cet usage. » (Le Temps, 63e année, n° 22681, 13 septembre 1923, p. 2) Billet Koyama 3 souscripteurs r

Théodore Tuffier, chirurgien à la renommée internationale, agit alors comme mandataire du Syndicat de la Presse française ; il fait parvenir aux sinistrés « un hôpital sous tentes de 500 lits » et distribue les sommes restantes aux établissements d’instruction et de charité français.  À ce titre, il reçoit en guise de remerciements et de « respectueux hommage à la presse parisienne » un album de 70 photos consacré à la Léproserie de Koyama, bénéficiaire des subsides rassemblés, accompagné de 13 photographies supplémentaires et d’une lettre du Dr Ernest Bellet, médecin en chef de la Marine, datée du 3 juin 1925. Lors de la séance du 7 juillet 1925, il le présente et en fait don à l’Académie de médecine.

Billet Koyama 4 Tuffier

(à suivre)

Jérôme van Wijland

 

 

 

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