La Grande Guerre dans les collections de la Bibliothèque de l’Académie de médecine

A une semaine du centenaire de la Bataille de Verdun (21 février – 19 décembre 1916), il nous a semblé intéressant de faire un focus sur quelques documents de la Bibliothèque relatifs à la guerre de 1914-1918, et plus particulièrement à l’année 1916.

Citons tout d’abord le mémoire « L’hygiène sur le front des armées » que Léon Binet (1891-1971) a envoyé à l’Académie de médecine pour concourir au Prix Vernois. Ce mémoire fut lu en séance le 15 février 1916.

Prix Vernois_1916_Léon Binet

Prix Vernois 1916 – Mémoire de Léon Binet

Alors interne des hôpitaux de Paris, médecin aide-major au 366e régiment d’infanterie, Léon Binet a observé les conditions de vie et d’hygiène des soldats dont il rend compte dans ce mémoire de 154 pages. 10 sections permettent de dresser un état des lieux précis de la situation entre l’automne 1914 et le début de l’année 1916 : par exemple, une section concerne l’eau, les boissons alcooliques et les aliments, une autre, la propreté corporelle et la désinfection des vêtements sur le front, une troisième, l’inhumation des cadavres sur le champ de bataille, ou encore, la dernière section porte sur l’immunisation des troupes combattantes contre les maladies contagieuses. Léon Binet illustre son texte de croquis, de photos, de plans… et accompagne cette description de propositions visant à améliorer les conditions d’hygiène sur le front.

Fonds Paul Mathieu_4_n°36_Jean Vigne

Fonds Paul Mathieu

Un autre ensemble de documents mérite quelques lignes : les registres d’opérations de soldats blessés tenus par Paul Mathieu, chirurgien, puis médecin-chef de l’Ambulance 2/4 (2e ambulance pour la 1e première division du 4e corps d’armée) qui est intervenue dans la Somme. De mars 1915 à décembre 1916, Paul Mathieu (1877-1971) a rempli 8 cahiers, dont 5 pour la seule année 1916. Ces documents ont la forme habituelle de registres d’hôpitaux : une page par patient dont l’identité est précisée (nom, prénom, grade, régiment, adresse), indication de la date d’entrée et de la date de sortie, descriptif du problème de santé, diagnostic et traitement. Pour certains patients figure aussi un relevé de leur température sur plusieurs jours. Les blessures à traiter sont souvent liées à des éclats d’obus. Grâce aux radioscopies réalisées sur place, il est possible à Paul Mathieu de localiser précisément l’éclat quand il n’est pas visible à l’œil nu. Certains blessés doivent être évacués du front et sont renvoyés soit dans des hôpitaux à l’arrière, soit chez eux le temps de la guérison.

Membre de l’Académie de médecine à partir de 1943, Paul Mathieu a donné ses archives à l’Académie de médecine qui sont constituées principalement par ces registres de guerre (1915-1917) et des bulletins de santé de patients de l’hôpital Cochin (1936-1943). S’y ajoute un dossier biographique assez fourni (élection à l’Académie, candidature à la présidence, publications et manuscrits).

L’ensemble des documents relatifs à Paul Mathieu, ainsi que le mémoire de Léon Binet sont inventoriés sur la plate-forme Calames référençant les manuscrits et les archives conservés par la Bibliothèque. Ils sont ouverts à la consultation.

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