Dominique Jean Larrey (1766-1842), grande figure de la chirurgie de guerre

Académie Nationale de Médecine

Il y a 250 ans naissait, dans les Pyrénées, Dominique Jean Larrey, éminent chirurgien de l’épopée napoléonienne.

Attiré très jeune par la médecine, il décide de suivre les traces de son oncle Alexis Larrey, chirurgien en chef de l’hôpital de La Grave à Toulouse. Il débute sa formation auprès de lui et la poursuit à Paris, après un passage par l’école de médecine et de chirurgie de Brest et une expédition sur la frégate La Vigilante.

Peu après son arrivée à Paris, Dominique Jean Larrey est pris dans la tourmente révolutionnaire. Chirurgien de l’armée du Rhin en 1792, il est rapidement remarqué par Napoléon Bonaparte qu’il accompagne dans toutes ses expéditions jusqu’à la chute de l’Empire en 1815 : en Italie, en Egypte, à Trafalgar, en Autriche, en Espagne, en Russie… A chaque fois, Larrey fait preuve d’une implication et d’un engagement exceptionnels auprès des blessés, tout en mettant en place une organisation médicale de premier ordre sur le front et à l’arrière dans les hôpitaux. C’est lui qui invente les ambulances volantes allant au secours des blessés sur le champ de bataille et permettant ainsi une prise en charge des blessés plus rapide et efficace : ce sont les ancêtres du S.AM.U.

ART5_Statue de DJLarrey par Pierre-Alfred RobinetTrès vite, Napoléon Bonaparte le distingue en le nommant chirurgien en chef de la Garde des consuls (1802), puis de la Garde impériale (1805) et enfin de la Grande Armée (1812), ou encore en le nommant inspecteur général du service de santé des armées. En 1804, Dominique Jean Larrey est un des premiers à recevoir la Légion d’honneur dont il atteint le grade de commandeur en 1807.

Parallèlement à cette carrière militaire, Larrey soutient sa thèse Dissertation sur les amputations des membres à la suite des coups de feu en 1803, devenant le premier docteur en chirurgie. Nommé chirurgien en chef de l’Hôpital de la Garde, il y exerce entre deux campagnes.

La chute de l’Empire marque un arrêt dans sa carrière, mais jusqu’à la fin de sa vie Larrey reste actif : chirurgien de l’hôpital du Gros Caillou, chirurgien en chef de l’Hôtel Royal des Invalides, enseignement, rédaction de ses mémoires, mission pour visiter les hôpitaux d’Algérie… Dans cette seconde partie de sa vie, il voit aussi son travail et ses talents récompensés par plusieurs distinctions : présidence de la Société de médecine de Paris en 1806, nomination parmi la « première promotion » de membres de l’Académie royale de médecine en 1820, élection à l’Académie des sciences en 1829…

Ms 843(1714) n°10_Rapport de DJ Larrey_19.08.1809L’importance de Dominique Jean Larrey dans le domaine de la médecine militaire est incontestable (ambulances volantes, amputations rapides, hygiène sur le champ de bataille…) et a été reconnue par ses contemporains, de même que son sens de l’engagement auprès des blessés et son esprit « humanitaire ». Il reste une grande figure de la médecine française comme en atteste l’Académie de médecine. En effet, dans cette institution, on peut admirer une statue en pied de Larrey dans le hall d’entrée, faisant face à celle de Nicolas Desgenettes, premier médecin de Napoléon 1er, ainsi qu’un tableau de Charles Louis Müller représentant Larrey opérant sur le champ de bataille, vraisemblablement en Egypte. Enfin, depuis 1984, la Bibliothèque de l’Académie de médecine conserve une urne contenant une partie des entrailles de Larrey. Elle a été offerte par le Val-de-Grâce où ces entrailles ont été retrouvées dans une crypte de l’église en 1980. Les collections de la Bibliothèque abrite d’autres documents de et sur Larrey, accessibles à la consultation : lettres, rapports de sa main, livres, dossier biographique….

Anaïs Dupuy-Olivier

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