Les « Mélanges » de l’Académie de médecine

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A la fin du XIXème siècle, le bibliothécaire de l’Académie  de médecine rassemble et fait relier  plusieurs milliers  de documents au sein de recueils thématiques, que l’on choisit alors d’intituler « Mélanges ». Si cette opération, réalisée en plusieurs fois (le dos des volumes fait apparaître 4 séries distinctes), n’est pas documentée, une analyse élémentaire de cette collection montre qu’il s’agit là d’un véritable travail de documentaliste : ces imprimés, essentiellement des thèses et des dissertations, mais aussi quelques notes, rapports, et même catalogues d’instruments chirurgicaux, sont regroupés au sein de volumes thématiques, dont certains comportent un sommaire manuscrit. Des ex-libris manuscrits ou sous forme d’estampille permettent parfois de déterminer l’origine des documents : ainsi certains mémoires d’obstétrique proviennent-ils de l’Obstetrical Society of London, ou encore des collections de Eduard Kaspar Jacob von Siebold. Le plus ancien est un texte publié en 1593 (« Ioannis Donatelli castilionensis De Febre maligna dispvtatio cum Theodoro Angelucio Philosopho, & Medico de ejusdem malignae febris natura et curatione disserente  », par Eustachius Rudius). Les plus récents datent de 1902 (Il s’agit d’une « Étude sur le paupérisme présentée à la commission administrative du bureau de bienfaisance », par Léopold Lallement, et des statuts d’une association pour pour le développement de l’assistance aux malades) et fournissent un terminus a quo au chantier de reliure engagé par le bibliothécaire de l’Académie. La majorité des documents date du XIXème siècle. Les thèmes correspondent aux préoccupations essentielles de l’Académie de médecine. 23 volumes rassemblent ainsi des mémoires consacrés aux eaux minérales. Mais ce sont l’obstétrique et la gynécologie, et plus généralement le thème de la procréation, qui y occupent la plus grande place. 16 volumes sont consacrés à la tératologie. L’épidémiologie est aussi bien représentée : on trouvera ainsi 10 volumes consacrés à la variole et à la vaccine, 4 à la syphilis.

En relation avec la responsabilité de santé publique qui incombe à l’Académie, les documents rassemblés fournissent une documentation dépassant la stricte thématique médicale. Pour n’en donner que quelques exemples, l’un des volumes « Hôpitaux » (Cote : 20443) compile une « Lettre au Conseil d’administration des hôpitaux de Lyon sur l’organisation du service chirurgical de l’Hôtel-Dieu » (1854), des « Rapports à M. le Ministre de l’Intérieur et au conseil général des hospices relatifs au service des enfans-trouvés dans le département de la Seine » (1838) accompagnés de statistiques et questionnaires d’enquête, au total 10 documents consacrés à la prise en charge hospitalière des accouchées. Un autre volume rassemble 8 essais et dissertations sur l’éducation des jeunes enfants (Cote : 20628). Les volumes intitulés « Médecine légale » touchent à des questions juridiques et de santé publique (le volume 20533 comporte une étude détaillée sur la question de la santé des houilleurs (1862), ainsi qu’un mémoire sur le  danger des « inhumations précipitées, et sur la nécessité d’un règlement pour mettre les citoyens à l’abri du malheur d’être enterrés vivans » (1776).

Ainsi, d’une « Histoire médicale de l’armée française à Saint-Domingue en l’an dix » (Cote : 20303 (10)) à une « Lettre sur la pharmacie en Chine » (Cote : 20403 (23)), la collection offre une documentation riche, variée, et souvent rare. Avant l’informatisation, le regroupement par les bibliothécaires de mémoires isolés en volumes thématiques était la solution la plus pratique : on trouvera ci-dessous la liste des Mélanges par volume, classés selon leur intitulé. Pour l’exploration de cette collection, ces regroupements thématiques offrent aujourd’hui un utile complément au catalogue Sudoc des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dans lequel on trouvera la collection signalée non par recueil mais individuellement par document. Certains recueils demeurent disséminés dans les rayonnages de la bibliothèque, ils seront progressivement catalogués si nécessaire et intégrés physiquement à la collection principale.

Intitulé des volumes des Mélanges (Cotes 20290 à 20654)

François Léger

Comment citer cet article :

François Léger, « Les « Mélanges » de l’Académie de médecine », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 24 mai 2018. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/les-melanges-de-lacademie-de-medecine/.

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Fermetures du mois de mai

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En raison des jours fériés du mois de mai, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine sera fermée :

- le mardi 1er mai,

- le mardi 8 mai,

- le jeudi 10 et le vendredi 11 mai.

En dehors de ces jours de fermeture, la bibliothèque sera ouverte au public aux horaires habituels, le lundi et du mercredi au vendredi, de 10 h à 18 h.

 

François Léger

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Maurice Chevassu, chirurgien et collectionneur

Maurice Chevassu (1877-1957), chirurgien spécialisé en clinique urologique, a également été un grand collectionneur de documents portant sur la vie et la carrière de médecins illustres. En 1981, la veuve de Maurice Chevassu, née Jeanne Lermoyez, a légué à l’Académie nationale de médecine une collection de 15 classeurs dont la bibliothèque réalise à présent un inventaire pièce à pièce. Quatre autres classeurs se trouvent à l’Académie nationale de chirurgie. La collection de Maurice Chevassu est composée d’albums de philatélie conservant lettres, cartes de visite, photographies, extraits d’imprimés et coupures de presse relatifs à des médecins nés entre le XVIe et le XIXe siècle. Les documents sont divisés en deux grandes séries : la série Académie de médecine (7 classeurs) est consacrée aux membres de l’Académie de médecine depuis sa création  en 1820 jusqu’au milieu des années 1950. La série « Médecine » comprend plus généralement des personnalités du monde médical français et étranger : elle inclut néanmoins un certain nombre de membres de l’Académie.

La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine publie aujourd’hui dans le catalogue collectif Calames le volume V de la série médecine. Il comprend des documents portant sur 55 médecins classés par date de naissance, de Léon Labbé (1832-1916) à Hermann Krause (1848-1921). Certaines des pièces de ce volume proviennent des papiers personnels de Maurice Chevassu (il a été l’élève de professeurs représentés dans ce volume, Cornil, Duval, Farabeuf, Landouzy), mais aussi pour une grande part des archives de famille de son épouse, Jeanne Lermoyez, fille de l’oto-rhinolaryngologiste Marcel Lermoyez (1858-1929) et petite-fille du chirurgien Léon Labbé (1832-1916).

La collection de Maurice Chevassu présente essentiellement une riche iconographie, et des manuscrits autographes variés. L’iconographie consiste en de nombreux portraits, photographies, souvent imprimées sur cartes ou extraites de publications.

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Elle contient un très grand nombre de manuscrits autographes, qui vont de la carte de courtoisie à la lettre, présentant un intérêt documentaire certain. Ils font apparaître des réseaux de sociabilité, d’échanges scientifiques, parfois aussi quelques conflits. A titre d’exemple, on présente ici un billet écrit par Paul Bert à Henri Milne-Edwards le lendemain de la mort de son maître Claude Bernard, une sollicitation enflammée de Farabeuf à son maître Verneuil de Lariboisière, un billet de Léon Labbé exprimant aimablement le devoir de préférer son ami (Paul Tillaux) à son élève (Paul Segond) pour la nomination à un poste de professeur.

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L’inventaire détaillé de la collection Chevassu se poursuivra au cours des prochaines semaines.

François Léger

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Le parcours d’un manuscrit

Le cahier n° 1 du volume 22 de la revue Philosophia Scientiæ récemment paru propose, sous la direction de Franck Jovanovic, de Viera Rebolledo-Dhuin et de Norbert Verdier, un numéro spécialement consacré à « Science(s) et édition(s), des années 1780 à l’entre-deux-guerres ».

Il comporte en particulier un article consacré aux enjeux de pouvoir et aux stratégies d’occupation de l’espace pédagogique et éditorial dans le domaine obstétrical dans les années 1770-1780, à travers l’exemple des écrits du chirurgien accoucheur Jean-Louis Baudelocque et de ceux de ses principaux rivaux : Van Wijland, Jérôme, « Baudelocque et son maître. Écriture et genèse d’une pensée scientifique », Philosophia Scientiæ, 22 (1), 2018, p. 23–41.

Les analyses qui y figurent s’appuient notamment sur un manuscrit in-4° de 533 pages, intitulé Cours d’accouchemens. De Monsieur Solayres de Renhac, Docteur en médecine et en chirurgie de Montpellier, de la société royale de la même ville, licencié du collège de chirurgie de Paris, désigné professeur et démonstrateur d’anatomie et de chirurgie à l’école pratique de cette ville. Mis au jour par Mr Baudelocque, son disciple. Première et seconde partie, conservé à la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine sous la cote Ms 873 (1744).

 

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Acquis en 2009 auprès d’un libraire spécialisé qui l’avait acheté dans les années 1970 à un collectionneur privé, le manuscrit avait déjà fait l’objet d’un intérêt marqué au XIXe siècle.

S’il est fort probable que Jean-Louis Baudelocque l’ait gardé jusqu’à sa mort en 1810, la trace du manuscrit se perd ensuite. Il est cependant permis d’émettre deux hypothèses quant aux possesseurs du manuscrit, dans la famille même de Baudelocque. Louis Auguste Baudelocque (1800-1863), dit Baudelocque neveu, aurait dû entrer en possession du manuscrit. Le testament de Jean-Louis Baudelocque précise en effet que ses « manuscrits seraient remis, dans le cas prévu où [s]on fils n’embrasserait pas l’état de la médecine, à l’un de [s]es deux neveux, Paul, ou Auguste Baudelocque, si l’un d’eux devenait docteur en médecine. » [Boyer ; Duméril 1833, 8] Le fils de Baudelocque étant devenu notaire et Paul étant décédé, cela fait naturellement d’Auguste le légataire des manuscrits. Cependant celui-ci n’a passé sa thèse qu’en 1823, ce qui laisse une vacance de treize ans entre la mort de Baudelocque et le respect de la condition testamentaire.

La seconde hypothèse nous porte vers le chirurgien et accoucheur Louis Charles Deneux, plus tard célèbre pour avoir mis au monde le Comte de Chambord. Ce cousin de Baudelocque en a également été le protégé et l’hôte lors de ses études médicales parisiennes. Dans ses mémoires, Deneux évoque à plusieurs reprises la bibliothèque de Baudelocque : la première fois, vers 1784, l’épouse de Baudelocque lui permet d’y puiser ce qui lui manque pour ses révisions ; la seconde fois, Baudelocque lui offre des livres lors de son départ de Paris en 1790. [Deneux ca 1827-1830, 59-60 ; 72b] Par la suite, Deneux s’avère un bibliophile de premier ordre et constitue une importante bibliothèque consacrée à l’étude physique et morale de l’homme, dont l’une des parties, concernant « la reproduction, les accouchements, les maladies des femmes, etc., etc., est probablement ce qui existe de plus complet sur ce sujet en France, et dans la plupart des bibliothèques étrangères. » [Deneux 1844, II] Siebold lui-même, dans son Essai d’une histoire de l’obstétricie, se fait l’écho de la qualité de la bibliothèque de Deneux. [Siebold, II, 468]

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Le manuscrit réapparaît, vu par l’obstétricien allemand Hermann Franz Naegele (1810-1851) lors d’un voyage à Paris [Naegele 1838, 111] qui se situe, selon Siebold et ce que l’on peut inférer du texte même de Naegele, en 1834. [Naegele 1838, 118] [Siebold, II, 469]

Au milieu du XIXe siècle approximativement, le manuscrit appartient au docteur Louis Sardallion (1796-1870), collectionneur avisé d’ouvrages d’obstétrique. L’ex-libris présent sur le manuscrit se retrouve en effet dans maints ouvrages signalés dans les catalogues de bibliothèques ou de vente aux enchères (ventes Kapandji-Morhange d’octobre 2009 et de mars 2010). Cet accoucheur – ainsi le qualifient les annuaires civils ou professionnels –, donnait des cours particuliers et proposait des préparations anatomiques et tocologiques. [Vaucher 1847, 3] [Revue et magasin de zoologie pure et appliquée, juin 1845, 218]

Deneux, Siebold, Naegele fils, Sardallion : les noms de ces médecins collectionneurs, allemands ou français, disent assez l’intérêt qu’un tel manuscrit suscitait et dont l’article cherche à mettre en évidence le rôle dans l’élaboration de la pensée et de l’écriture médicales de Baudelocque.

 

Jérôme van Wijland

 

Références bibliographiques :

Baudelocque, J.-L. [1773] Cours d’accouchemens. De Monsieur Solayres de Renhac, Docteur en médecine et en chirurgie de Montpellier, de la société royale de la même ville, licencié du collège de chirurgie de Paris, désigné professeur et démonstrateur d’anatomie et de chirurgie à l’école pratique de cette ville. Mis au jour par Mr Baudelocque, son disciple. Première et seconde partie. BANM, Ms 873 (1744).

Boyer, A. ; Duméril, A. M. C. [1833] Rapport fait à l’Académie royale des sciences de l’Institut de France, par MM. Boyer et Duméril sur un mémoire intitulé “Du Broiement de la tête de l’enfant mort dans le sein de la mère, nouveau procédé pour terminer l’accouchement laborieux” et qui lui a été présenté par M. Baudelocque neveu,… suivi d’une lettre contenant un extrait du testament de Jean-Louis Baudelocque, adressée par M. Baudelocque neveu à ses confrères. Paris : impr. de H. Dupuy.

Casanove, A. de [2012] Conception et application d’un modèle d’encodage TEI : l’édition électronique des manuscrits de Louis-Charles Deneux, accoucheur de la duchesse de Berry… Mémoire du master Technologies numériques appliquées à l’histoire. [Paris] : École nationale des chartes.

Deneux, L.-C. [ca 1827-1830] Sa biographie. Journal 1822 à 1830. Faculté de médecine. Chaire de clinique d’accouchements. BANM, Ms 827 (1698).

Deneux, L.-C. [1844] Catalogue d’une partie de la bibliothèque de M. L.-C. Deneux, …, Dont la vente aura lieu le 27 mai 1844,…. Paris : Librairie de J. Techener.

Naegele, H. F. [1838] Die Lehre vom Mechanismus der Geburt nebst Beiträgen zur Geschichte derselben. Mainz : bei Victor von Zabern.

Siebold, E. G. J. de [1866] Lettres obstétricales. Avec une introduction et des notes par J. A. Stoltz. Paris : J.-B. Baillière et fils.

Siebold, E. G. J. de [1891] Essai d’une histoire de l’obstétricie. Traduit de l’allemand avec additions, figures et un appendice par F. J. Herrgott. Paris : G. Steinheil.

Van Wijland, J. [2018] Baudelocque et son maître. Écriture et genèse d’une pensée scientifique, Philosophia Scientiæ, 22 (1), 2018, p. 23–41.

Vaucher, J.-B. de [1847] Notice sur M. le docteur Sardallion, accoucheur, membre de la Société médico-pratique. Publiée dans les Archives des hommes du jour, Revue mensuelle, historique et nécrologique, par MM. Tisseron et De Quincy. Paris : Impr. de Mme de Lacombe.

 

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Les académiciens publient

Tout au long de l’année, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine reçoit et présente des ouvrages publiés par des académiciens. Ainsi en 2017 :

Association des amis du patrimoine du CHU de Bordeaux. La vie des hôpitaux bordelais de 1914 à 1956, IVème Colloque de l’ Association des amis du patrimoine du CHU de Bordeaux, Hôtel Saint-Marc, 19 septembre 2015, Audenge, Éd. Marginalités et société, 2017.

Bergoignan-Esper, Claudine, Dupont, Marc, Droit hospitalier,  10e éd., Paris, Dalloz, coll.« Cours Dalloz – Série Droit Public », 2017.

Giroud, Jean-Paul, Automédication: Le guide expert, Paris, Éditions de La Martinière, 2017.

Godeau, Pierre, Caprices du destin, constance de l’amitié: un médecin se penche sur son passé, Montceaux-lès-Meaux, Éditions Fiacre, 2017.

Mattei, Jean-François, Questions de conscience: de la génétique au posthumanisme, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2017.

Messer, Jean, Micheli, Jean-Léopold et Salle, Bernard, Cinquante ans de néonatalogie, Rezé, Le livre Actualité, 2017.

Michel, Jean-Pierre, Oxford textbook of geriatric medicine, 3e édition, New York, Oxford University Press, 2018.

Queneau, Patrice et Bourguignon, Claude de, Sauver le médecin généraliste, Paris, Odile Jacob, 2017.

Tillement Jean-Paul, Au Kurdistan irakien avec les réfugiés de la plaine de Ninive, Montceaux-lès-Meaux, Éditions Fiacre, 2017.

 

François Léger

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Fermeture exceptionnelle le jeudi 22 mars

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En raison de circonstances exceptionnelles, la salle de lecture de la bibliothèque de l’Académie nationale de médecine sera fermée au public le jeudi 22 mars 2018.

La bibliothèque ouvrira à nouveau aux horaires habituels dès le vendredi 23 mars à 10 h.

Nous prions nos lecteurs de nous excuser pour la gêne occasionnée.

François Léger

 

 

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Le prix Jean Bernard 2017 récompense Hélène Merle-Béral

Chaque année, à l’occasion de la Journée du livre médical, un jury composé de professeurs de médecine, de professeurs de littérature, de libraires, de bibliothécaires, etc. se réunit pour décerner un prix littéraire à un ouvrage à forte thématique médicale, le prix Jean Bernard de l’Académie nationale de médecine.

Lors de la séance solennelle du 19 décembre 2017, le prix Jean Bernard 2017 a été remis à Hélène Merle-Béral, pour son livre « 17 femmes prix Nobel de sciences », publié aux éditions Odile Jacob.

Billet_2018_Prix_JeanBernardCouverture

Hélène Merle-Béral décrit dans ce livre les parcours personnels et scientifiques des femmes lauréates de prix Nobel  de sciences (Chimie, Physique, Physiologie ou médecine), en s’attachant particulièrement à tout ce qui a pu permettre à ces femmes de surmonter les obstacles redoutables que le siècle passé a opposé à l’ambition scientifique féminine. A côté de figures plus ou moins bien connues  (Marie Curie, Irène Joliot-Curie, Françoise Barré-Sinoussi), sont évoquées des femmes dont la contribution scientifique demeure largement ignorée du public français, en dépit du prix Nobel (Linda Buck, Ada Yonath, Barbara McClintock…). Attentive aux vocations précoces, aux influences du milieu et de la famille, Hélène Merle-Béral n’oublie pas le contexte politique et économique et offre ainsi au lecteur une sorte de voyage dans le XXème siècle scientifique : on y voit des carrières naître sur fond de montée du fascisme (Rita Levi-Montalcini, prix Nobel de physiologie ou médecine 1986 pour ses travaux en neurobiologie et sa découverte du Nerve Growth Factor), de crise économique des années 1930 (Gertrude Elion, prix Nobel de physiologie ou médecine 1988, pour sa découverte des  applications thérapeutiques des purines), ou encore de révolution culturelle (Youyou Tu, prix Nobel de physiologie ou médecine 2015 pour le traitement du paludisme).

Pour mémoire, les jurys du prix Jean Bernard ont récompensé successivement depuis 2003 :

  • Schmitt, Éric-Emmanuel. Oscar et la dame rose. Paris, Albin Michel, 2002,
  • Winckler, Martin. Les trois médecins. Paris, P.O.L, 2004,
  • Gendarme, Jean-Baptiste. Chambre sous oxygène. Paris, Gallimard, 2005,
  • Didier, Marie. Dans la nuit de Bicêtre. Paris, Gallimard, 2006,
  • Sénanque, Antoine. La grande garde. Paris, Grasset, 2007,
  • Marin, Claire. Hors de moi. Paris, éd. Allia, 2008,
  • Carrère, Emmanuel. D’autres vies que la mienne. Paris, P.O.L, 2009,
  • Fonclare, Guillaume de. Dans ma peau. Paris, Stock, 2009,
  • Rostain, Michel. Le fils. Paris, Oh ! éd., 2011,
  • Márai, Sándor. La sœur. Paris, Albin Michel, 2011,
  • Mabin Chennevière, Yves. Portrait de l’écrivain en déchet. Paris, Seuil, 2013,
  • Le Drian, Marie. Le corps perdu de Suzanne Thover. Rennes, éd. Apogée, 2013.
  • Lanot, Charles. Médecin de campagne. Versailles, éd. Illador, 2014.
  • Malzieu, Mathias. Journal d’un vampire en pyjama. Paris, Albin Michel, 2016.
  • Merle-Béral, Hélène. 17 femmes prix Nobel de sciences. Paris, Odile Jacob, 2016.

François Léger

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Soigner en terre étrangère au XIXe siècle. Appel à communications

Colloque international
Hippocrate sans frontières : soigner en terre étrangère au XIXe siècle (Europe, mondes atlantiques et coloniaux)

Académie nationale de médecine, Université Paris-Sorbonne, Université Paris-Nanterre
15-16 novembre 2018
Appel à communications (Hippocrates without borders. Call for papers)

En janvier 2016, le Quotidien du médecin rapportait que pour la première fois, des internes en médecine générale en France étaient exclus de leur service pour incompétence et renvoyés faire un stage de remise à niveau de six mois. Caractéristique de ces étudiants : ils avaient tous commencé leur cursus médical hors de France, profitant ensuite de la possibilité offerte à tout étudiant européen de faire son internat en France jusqu’au doctorat. Ce fait, relativement anecdotique (8 internes sur 8 881 classés cette année-là) fut largement repris dans la presse nationale, réveillant et révélant des inquiétudes anciennes vis-à-vis de la figure du médecin étranger.
Si la situation (professionnelle, juridique, sociale) des médecins étrangers au XXe siècle a suscité en France l’intérêt des juristes (Wolmark, 2001 et 2012), des politistes (Déplaude, 2011) et des sociologues (Lochard, Meilland, Viprey, 2007 ; Bontron, Voisin, 2012), elle peine à rentrer pleinement dans les problématiques historiennes malgré les travaux d’Henry Nahum sur les médecins juifs et Vichy (Nahum, 2006 et 2007) et l’étude éclairante de Julie Fette sur l’entre-deux-guerres et le régime de Vichy (Fette, 2012).
L’actualité réitérée des questions sur le statut du médecin étranger, sa formation, ses pratiques et ses compétences tend largement à oblitérer l’ancienneté du phénomène et son acuité par-delà les frontières françaises. Le XIXe siècle, temps d’invention des États-nations en Europe et de réformes des législations nationales sur l’enseignement et l’exercice de la médecine, fait pourtant figure d’époque relativement favorable à la circulation européenne des étudiants en médecine et des praticiens, incarnée par un Mateu Orfila, devenu doyen de la faculté de médecine de Paris, ou par l’itinérance d’un Eduard Jacob von Siebold, professeur à Göttingen engagé dans un véritable tour de l’Europe obstétricale dans les années 1830. Ces grandes figures de la médecine du XIXe siècle ne suffisent cependant pas à épuiser les enjeux que recouvre l’exercice médical à l’étranger, quelles que soient les figures professionnelles qui l’incarnent (docteur en médecine, médecin « licencié », sage-femme, etc.).
En ce siècle de réforme universitaire et de bouleversement des paradigmes scientifiques, s’intéresser aux mobilités médicales, interroge tant l’évolution des savoirs médicaux et des attentes sociales qu’ils véhiculent, que le rapport aux institutions nationales de formation. À ce titre, il implique d’éclairer, dans la lignée des travaux sur les étudiants étrangers parisiens (Warner, 1998 ; Moulinier, 2012), les choix étudiants, la constitution de communautés nationales estudiantines et les modalités de diplomation des non-nationaux dans les différentes universités européennes. Cette approche, tout comme celle impliquant l’exercice à l’étranger, impose, entre autres, d’appréhender les aspects économiques en jeu dans l’expatriation estudiantine ou professionnelle.
Ce mouvement des médecins interroge aussi les attendus politiques qui encadrent l’exercice médical et lient dans un nombre croissant de pays le maintien ou le rétablissement de la santé à l’appartenance nationale des médecins. La mise au point d’une exclusivité nationale du droit
d’exercer pose la question d’un avantage national accordé aux praticiens nés et diplômés dans le pays et la victoire d’un principe selon lequel on ne serait jamais mieux soigné que chez soi et par ses semblables. Elle interroge aussi les attitudes des médecins étrangers eux-mêmes face à la construction de ces exclusivités nationales, la manière dont ils composent (ou non) avec les règlementations, et les formes de leur exercice dans leur pays d’installation (type de clientèle, pratiques médicales, relations avec les médecins locaux).
Au-delà, le mouvement des médecins s’inscrit dans les dynamiques migratoires européennes qui peuvent les mener dans un pays étranger autant que dans une colonie, alors que s’affirme dans plusieurs métropoles, une politique d’expansion coloniale.
Exercer dans des colonies qui ne sont pas celles de sa métropole – si tant est que celle-ci en possède – amène à s’interroger sur les modalités de la pratique médicale en terrain colonial où souvent nécessité fait loi. La législation s’exerce-t-elle de la même manière selon qu’il s’agit de soigner les Européens installés outre-mer ou les populations colonisées ? La question nationale se pose-t-elle pour les médecins missionnaires, dans des colonies où l’exclusivité est peu de mise ? Par ailleurs, l’insertion des femmes médecins dans les colonies pose-t-elle les mêmes questions que celle des hommes, alors qu’à la fin du XIXe s., l’outremer peut être vu comme un terrain particulièrement favorable à l’exercice féminin, notamment en ce qu’elles n’y font pas de concurrence aux hommes ?
Ces mobilités interrogent enfin sur l’existence de migrations en communautés et le maintien d’une culture médicale nationale entretenue par des flux continus depuis le pays ou la métropole d’origine dans le cadre de ces migrations ? De ce point de vue, la médecine de diaspora, au service des siens dans un autre pays, constitue un autre pan des questionnements possibles de ce colloque.
Sans s’interdire d’étudier des propositions portant sur des thématiques connexes, le comité scientifique souhaite que les contributions s’inscrivent autant que possible dans les quatre axes suivants :
- étudier la médecine à l’étranger : l’itinérance estudiantine ;
- autoriser et encadrer : le praticien étranger aux prises avec la législation du pays d’accueil ;
- soigner en terre coloniale ;
- exercer la médecine auprès de ses compatriotes : la médecine de diaspora.
Les études portant sur d’autres pays que la France seront particulièrement bienvenues. Le comité est ouvert tant à des approches à l’échelle nationale et sur la longue durée qu’à des recherches plus micro-historiques sur des parcours individuels ou collectifs de médecins. La question du genre des soignants ou de leur patientèle pourra constituer un angle d’approche pertinent. Enfin, les aires géographiques prioritairement concernées seront l’Europe et ses espaces d’expansion coloniale mais, les migrations des Européens outre-Atlantique pourront être envisagées, de même que la présence ou l’exercice de médecins extra-européens en Europe.

Calendrier et modalités pratiques :
Les propositions de communications (titre, résumé d’une page max., bref CV) devront parvenir en français, anglais, italien, espagnol aux organisateurs avant le 15 février 2018. Elles seront examinées et évaluées par le comité scientifique. La sélection des communications sera indiquée aux proposants avant le 28 février 2018. Les communications pendant le colloque pourront se faire en français, anglais, italien, espagnol et devront être accompagnées d’un diaporama dans une autre langue (français ou anglais) pour une meilleure compréhension générale. Elles dureront 30 minutes, questions comprises.
Les propositions de communications devront être envoyées à l’adresse suivante : hippocrate19@sciencesconf.org

Comité scientifique :
Delphine Diaz, Université de Reims-Champagne-Ardenne
Claire Fredj, Université Paris Nanterre
Isabelle Renaudet, Aix-Marseille Universités
Philippe Rieder, Université de Genève
Isabelle Robin, Université Paris-Sorbonne
Nathalie Sage Pranchère, Université Paris-Sorbonne
Jérôme van Wijland, Bibliothèque de l’académie nationale de médecine

Comité d’organisation :
Claire Fredj, Université Paris Nanterre
Isabelle Robin, Université Paris-Sorbonne
Nathalie Sage Pranchère, Université Paris-Sorbonne
Jérôme van Wijland, Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine

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Approches interdisciplinaires du geste chirurgical (XXe-XXIe siècles)

Jeudi 11 janvier 2018 se tiendra une journée d’étude consacrée aux « Approches du geste chirurgical (XXe-XXIe siècles) : histoire, littérature, philosophie, arts visuels », organisée dans le cadre du projet du Fonds national suisse de la recherche scientifique « La figure du poète-médecin (XXe-XXIe siècles) : une reconfiguration des savoirs ».

Elle prend place à la suite de la journée d’étude « Les réseaux médico-littéraires dans l’Entre-deux-guerres : revues, institutions, lieux, figures » tenue à l’université de Fribourg les 24 et 25 novembre 2016 et du colloque international « La figure du poète-médecin, XXe-XXIe siècles » tenu les 30 mars et 1er avril 2017, également tenu à l’université de Fribourg.

 

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PROGRAMME

 

  • 8h30 : Accueil des participants. Mot d’accueil par M. Christian Chatelain (chirurgien urologue, spécialiste de transplantation rénale et pancréatique), président de l’Académie nationale de médecine pour 2018.Mot d’accueil par M. Jérôme van Wijland, Directeur de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine.
  • 9h : Introduction du colloque par Thomas Augais et Julien Knebusch (FNS/Université de Fribourg, Suisse)
  • 9h30 : Conférence inaugurale par Thomas Schlich (McGill University, Canada) : The Changing Rules of Surgical Performance: Styles of Surgery, 1800-1920
  • 10h : Discussion
  • 10h30 : Pause
  • 10h50 : Joël Danet (Ingénieur de recherche à la faculté de médecine de Strasbourg, projet MedFilm, projet ERC Body Capital) : Approches filmiques du geste chirurgical : un geste exemplaire, un geste cinégénique, un geste comptable
  • 11h20 : Alexandre Wenger (Université de Genève) : Gestes, mains, gants : la chirurgie dans The Knick de Steven Soderbergh
  • 11h50 : Christina Lammer (sociologue et vidéaste, Akademie der Bildenden Künste, Wien, Österreich) : Performing Surgery
  • 12h20 : Discussion

 

  • 13h : Déjeuner

 

  • 14h30 : Isabelle Percebois (Professeure agrégée de Lettres Modernes, docteure en Littératures Comparées de l’Université Paris-Sorbonne) : Gestes et pouvoirs du chirurgien dans la fiction fantastique : Le Docteur Lerne, sous-Dieu de Maurice Renard
  • 15h : Danièle Leclair (Université Paris-Descartes / UMR Thalim) : Le ballet des mains chez Lorand Gaspar : dessin, danse et chirurgie
  • 15h30 : Discussion
  • 16h : Pause
  • 16h30 : Julia Pröll (Universität Innsbruck, Institut für Romanistik, Österreich) : Dépasser l’« emprunt à l’atlas d’anatomie »? Le geste chirurgical au miroir de la littérature française de l’extrême contemporain. Un dialogue entre trois chirurgiens-écrivains (Maurice Mimoun, Gilbert Schlogel, Antoine Sénanque) et Maylis de Kerangal
  • 17h : Philippe Hubinois (chirurgien et philosophe) : Actes et gestes chirurgicaux : de la chirurgie classique à la télé-chirurgie
  • 17h30 : Discussion et clôture de la journée

 

Informations pratiques :

Cette manifestation se déroulera le jeudi 11 janvier 2018 de 9h à 18h, dans la salle des séances de l’Académie nationale de médecine, 16, rue Bonaparte, 75006 Paris. L’accès en est libre et gratuit. La journée se déroulera en français et en anglais, avec traduction simultanée dans les deux langues.

Responsables : Thomas Augais, Julien Knebusch, Jérôme van Wijland

 

Jérôme van Wijland

 

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Meilleurs vœux pour 2018 !

Toute l’équipe de la bibliothèque vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Billet_2018_Bonne_année

Nous serons heureux de vous accueillir à partir du 8 janvier 2018 dans notre salle de lecture, et de vous accompagner tout au long de l’année à venir dans vos travaux et recherches.

 

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