En conséquence de l’épidémie de Covid-19 : fermeture jusqu’à nouvel ordre

En raison de l’épidémie de Covid-19, la salle de lecture de la Bibliothèque demeure fermée à tous ses publics jusqu’à nouvel ordre.

Nous vous tiendrons informés dès qu’une date sera connue pour une réouverture. Dans l’intervalle, et comme depuis le début de la crise, l’équipe se tient à votre disposition pour répondre au mieux à vos questions et demandes, que nous vous invitons à adresser à bibliotheque@academie-medecine.fr.

Nous vous remercions de votre compréhension.

La police des Lumières. Ordre et désordre dans les villes au 18e siècle

Les Archives nationales présentent sur leur site parisien une exposition intitulée « La police des Lumières », jusqu’au 11 juin prochain. La richesse de son thème, qui sous le terme de « police » inclut ce que nous appellerions aujourd’hui ordre public, politique économique, droit du travail, ou encore hygiène publique, donne lieu au déploiement d’une très grande variété de documents : aquarelles, plans, portraits peints, extraits d’ouvrages, manuscrits variés, etc. On y trouvera le témoignage du renforcement d’un système de surveillance et de contrainte, garant d’un ordre inégalitaire, mais toutefois marqué par le souci d’une administration éclairée qui recherche le bien-être des sujets au moyen de mesures rationnelles et raisonnées.

Police d’Ancien régime, puissance contraignante et parfois violente dont les cahiers de doléance de 1789 contesteront certains aspects, cette « police des Lumières » manifeste en effet tout au long du parcours de l’exposition l’ambivalence de son projet. Les commissaires nous rappellent que certains responsables de l’ordre public n’hésitent pas alors à parler d’une « science du bonheur », destinée à assurer « la félicité des hommes en société ». C’est ainsi qu’à côté de documents évoquant les aspects coercitifs de cette police, en particulier dans les grandes villes en forte croissance, l’exposition met en lumière des dispositifs qui manifestent un souci pour la préservation de la vie et le bien-être des corps et des esprits.

Ainsi en va-t-il de la réglementation (et des controverses qu’elle entraîne) autour de l’approvisionnement des villes en blé, ou encore des moyens dévolus à la lutte contre l’incendie. Le souci d’assurer la sécurité donne aussi lieu, d’une manière plus anecdotique mais très révélatrice des ambitions d’une police qui entend ne rien négliger, à une machine fumigatoire, dont la fonction est de ranimer les noyés en leur insufflant de la fumée de tabac par les orifices du corps.  L’idée est de Calmette, un chirurgien de Narbonne, qui en fait part à la Société royale de médecine en 1784. La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine est heureuse de prêter à l’exposition un dessin en couleurs. La Société royale de médecine, que continuera l’Académie de médecine fondée en 1820, participe en effet pleinement à la police des Lumières dans le domaine de la santé. L’exposition présente ainsi un autre document extrait des collections de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine : un feuillet manuscrit d’observations qui témoignent du rôle d’expertise de la Société royale de médecine en vue de l’autorisation de remèdes (alors appelés « empiriques »). Cette fonction de contrôle constitue avec celle de collecte d’informations, portant principalement sur l’état de santé des populations et sur ses déterminants climatiques, l’une des principales raisons d’être de la Société royale de médecine.

L’exposition a donné lieu à un catalogue, en même temps que paraît un autre ouvrage collectif, cosigné par deux des commissaires de l’exposition, embrassant l’histoire de la police en France, dans une perspective plus classiquement centrée sur l’ordre public, mais sur une très large période.

François Léger

Informations pratiques :

Exposition « La police des Lumières. Ordre et désordre dans les villes au 18e siècle. » Archives nationales, site de Paris, du 11 mars au 29 juin 2020. Archives nationales – 60, rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e.

Références bibliographiques :

Vincent Denis, Vincent Milliot et Isabelle Foucher (dir.), La police des Lumières. Ordre et désordre dans les villes au 18e siècle, Paris, Gallimard, Archives nationales, 2020.

Vincent Milliot (dir.), Emmanuel Blanchard, Vincent Denis, Arnaud-Dominique Houte, Histoire des polices en France. Des guerres de Religion à nos jours, Paris, Belin, Humensis, 2020.

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« Le dernier hiver du Cid », de Jérôme Garcin, prix Jean Bernard 2019

Décerné depuis 2003 par l’Académie nationale de médecine, le Prix Jean Bernard a été attribué en 2019 à Jérôme Garcin, pour son ouvrage Le dernier hiver du Cid (Gallimard, 2019).

A la clinique Violet, un jour de novembre 1959, le professeur François de Gaudart d’Allaines, croyant intervenir pour un abcès amibien, découvre chez Gérard Philipe un carcinome hépatocellulaire le condamnant à très court terme. Mais le lecteur du livre de Jérôme Garcin savait déjà, dès les premières pages, que la fatigue qui accablait Gérard Philipe à Ramatuelle à la fin de l’été 59 n’était pas « celle des jours heureux » mais l’annonce de la foudre qui terrasse finalement l’acteur à 36 ans, à peine trois mois plus tard, sans que la vérité de sa maladie lui ait jamais été révélée, ni par ses proches, ni par son médecin.

Au delà du tragique, un sentiment de présence et même d’intimité naît de détails qui sont autant de souvenirs : on franchit les grilles du parc de Cergy, la porte de l’appartement de la rue de Tournon, on se glisse même sur la pointe des pieds dans la chambre, et les pages qu’on tourne sont autant de coups d’œil inquiets et tristes sur le héros endormi. Et comme Anne sa femme, le lecteur, témoin de ces ultimes journées, a parfois le sentiment d’entretenir un tendre et pieux mensonge, pour que la vie se poursuive, avec ses rêves et ses projets – incarner Le comte de Monte-Cristo au cinéma – jusqu’à cette nuit du 25 novembre 1959, où un livre se referme sur une page d’Euripide. « Sur la table de nuit repose le volume des Troyennes, un coupe-papier en nacre fiché à la page 123, avec, dans la marge, ce leitmotiv : « Pour moi, dans vingt ans » » (p. 167).

Et en effet le récit n’est pas celui d’une agonie. L’évocation du compagnonnage avec le Parti communiste, de ses amis Jean Vilar, René Clair, Georges Perros, de ceux qui ne le connaissent pas mais lui rendent hommage, François Mauriac ou Aragon, replongent le lecteur dans la bouillonnante vie culturelle de la France des années 1950. Surtout, page après page, le foisonnement de talents qui entourent l’acteur, lui rappelant les triomphes passés ou l’emmenant vers les prochains succès, révèle l’extraordinaire vitalité de Gérard Philipe, que ni la maladie fatale ni même la mort ne peuvent empêcher de rayonner.

Les jurys du prix Jean Bernard ont récompensé successivement depuis 2003 :

– 2003 : Schmitt, Éric-Emmanuel, Oscar et la dame rose, Paris, Albin Michel, 2002
– 2004 : Winckler, Martin, Les trois médecins, Paris, P.O.L., 2004
– 2005 : Gendarme, Jean-Baptiste, Chambre sous oxygène, Paris, Gallimard, 2005
– 2006 : Didier, Marie, Dans la nuit de Bicêtre, Paris, Gallimard, 2006
– 2007 : Sénanque, Antoine, La grande garde, Paris, Grasset, 2007
– 2008 : Marin, Claire, Hors de moi, Paris, Éditions Allia, 2008
– 2009 : Carrère, Emmanuel, D’autres vies que la mienne, Paris, P.O.L., 2009
– 2010 : Fonclare, Guillaume de, Dans ma peau, Paris, Stock, 2009
– 2011 : Rostain, Michel, Le fils, Paris, Oh ! éd., 2011
– 2012 : Márai, Sándor, La sœur, Paris, Albin Michel, 2011
– 2013 : Mabin Chennevière, Yves, Portrait de l’écrivain en déchet, Paris, Seuil, 2013
– 2014 : Le Drian, Marie, Le Corps perdu de Suzanne Thover, Rennes, Apogée, 2013
– 2015 : Lanot, Charles, Médecin de campagne, Versailles, Illador, 2014
– 2016 : Malzieu, Mathias, Journal d’un vampire en pyjama, Paris, Albin Michel, 2016
– 2017 : Merle-Béral, Hélène, 17 femmes prix Nobel de sciences, Paris, Odile Jacob, 2016
– 2018 : Lançon, Philippe, Le lambeau, Paris, Gallimard, 2018
– 2019 : Garcin, Jérôme, Le dernier hiver du Cid, Paris, Gallimard, 2019

François Léger

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Filmer le travail : femmes en métiers d’hommes

L’association « Filmer le travail », née d’un partenariat entre l’Université de Poitiers, l’Espace Mendès France (EMF) et l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de travail (ARACT), cherche à remplir trois grands objectifs :

« – Cinématographique. Faire connaître à un public large la production cinématographique sur le thème du travail à un moment où l’on assiste à un retour du travail dans le cinéma, une multiplication des images et à une redéfinition des frontières entre réel et fiction.
– Scientifique. Analyser et dynamiser l’usage de l’image (fixe ou animée) en Sciences sociales.
– Citoyen. Ouvrir un espace de réflexion et de débats sur l’évolution et l’avenir du travail. »

La 11e édition de son festival, consacrée au travail des femmes, se tient à Poitiers du 7 au 16 février 2020. Hormis les films en compétition, le festival déploie un riche programme de projections de films, conférences, concerts, journées d’études, etc.
Tout particulièrement, il propose, dans la médiathèque François-Mitterrand, une exposition consacrée aux « Femmes en métiers d’hommes à la Belle Époque ». Sa commissaire, Juliette Rennes, a travaillé à partir d’une collection de cartes postales des années 1900 et d’un ensemble d’archives relevant de la culture visuelle, pour mettre en évidence les débats et enjeux qui ont entouré la féminisation de métiers jusque-là occupés par des hommes.

L’exposition, qui s’appuie sur l’ouvrage éponyme de Juliette Rennes, Femmes en métiers d’hommes (cartes postales, 1890-1930). Une histoire visuelle du travail et du genre, reprend en partie celle qui s’était tenue du 17 janvier au 20 décembre 2015, au musée de l’Histoire vivante de Montreuil.

La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, qui y avait contribué par le prêt de documents relatifs à Augusta Dejerine-Klumpke (1859-1927), première femme interne des hôpitaux de Paris, est heureuse de renouveler ce prêt dans le cadre du festival « Filmer le travail ».

Jérôme van Wijland

Informations pratiques :
Exposition « Femmes en métiers d’hommes à la Belle Époque », Médiathèque François-Mitterrand, 4 rue de l’Université, 86000 Poitiers, du 7 au 16 février 2020. Consulter le site de l’association Filmer le travail.

Pour en savoir plus :

Juliette Rennes, Femmes en métiers d’hommes (cartes postales, 1890-1930). Une histoire visuelle du travail et du genre, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Bleu Autour, 2013

Jacques Poirier, Augusta Dejerine-Klumpke (1859-1927). Pionnière de la médecine et féministe exemplaire, Montceaux-lès-Meaux, Éditions Fiacre, 2019

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Célébrations du bicentenaire de l’Académie (1820-2020)

L’Académie nationale de médecine célèbrera tout au long de l’année 2020 sous le haut patronage du Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, le bicentenaire de sa création en 1820, par une ordonnance de Louis XVIII prise sous l’impulsion du baron Portal.

Marquant l’ouverture officielle du bicentenaire, la séance du 21 janvier a été l’occasion d’évoquer différents aspects de l’histoire de l’Académie, des figures de médecins illustres à l’histoire de ses collections artistiques. Elle a également mis à l’honneur l’ouvrage dû à la plume de l’historien Pascal Griset, professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne Université, spécialiste des institutions techniques et scientifiques françaises, à propos desquelles il a récemment écrit plusieurs ouvrages (INSERM, Académie des sciences, CEA).

Ce livre, publié par les éditions du cherche midi et réalisé avec la collaboration du directeur de la bibliothèque, Jérôme van Wijland, consacre une large place à une iconographie qui fait revivre au fil des pages les ambiances médicales qui ont caractérisé les deux cents ans d’existence de l’Académie de médecine. L’ouvrage s’attache à articuler, sur plus de deux siècles, d’une part le mouvement de la société, fait d’innovations scientifiques, de bouleversements politiques, de guerres, de moments de prospérités et de crises économiques, et d’autre part les débats, prises de position, réformes et ruptures internes qui ont marqué la vie de l’Académie. De nombreux portraits de médecins qui ont appartenu à la compagnie, égrenés tout au long de l’ouvrage, donnent chair à l’histoire institutionnelle.

Des vidéos disponibles sur la chaîne youtube de l’Académie nationale de médecine seront également diffusées tout au long de l’année pour évoquer sous la forme de brèves interviews les missions de l’Académie et les innovations médicales qu’elle a accompagnées tout au long de son histoire.

 

François Léger

 

Bibliographie :

Pascal Griset, avec la collaboration de Jérôme van Wijland, Académie de médecine. 200 ans. Une histoire de la santé, Paris, le cherche midi, 2019.

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Les Académiciens publient

Tout au long de l’année, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine reçoit et présente des ouvrages publiés par des académiciens. Ainsi en 2019 :

Patrick Berche, Une histoire de la médecine du travail, Paris, Éditions Docis, 2019.

Jean Dubousset, Сколиоз и гармония: сибирские лекции, Novossibirsk, Костюкова, 2019 (Scoliosis and harmony. Siberian lectures. En russe, traduit de l’anglais).

Claudine Bergoignan Esper, Jacques Bringer, Jean-Michel Budet, Emmanuel Vigneron, Les groupements hospitaliers de territoire. Un moyen d’organisation de l’offre de santé, Boulogne-Billancourt, Berger-Levrault, 2019.

Michel Germain, Autour du violon: applications à la médecine. Ergothérapie, musicothérapie, Montceaux-lès-Meaux, Éditions Fiacre, 2019.

Jean-Jacques Hauw, La maladie d’Alzheimer, Paris, Que sais-je ? / Humensis, 2019.

Maurice Hinsenkamp, Notre santé. Entre science, éthique et finance, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2019.

Michel Huguier, Henri II, Catherine de Médicis, Diane de Poitiers et la Renaissance, Monceaux-lès-Meaux, Éditions Fiacre, 2019.

Pierre Joly, La recherche médicale, une passion française, Paris, Cherche midi, 2019.

Pierre Jouannet, Bernard Baertschi, Jean-François Guérin, Recherches sur l’embryon. Dérive ou nécessité ?, Paris, Le Muscadier, INSERM, 2019.

Ollivier Laccourreye, Alfred Werner, Dites 33 ! Trente-trois voyages en médecine, Bagneux, Digobar Éditions, 2019.

Bernard Lechevalier, Emmanuelle Haïm, Le plaisir de la musique. Une approche neuropsychologique, Paris, Odile Jacob, 2019.

Jean-Pierre Michel  (dir.), Prevention of chronic diseases and age-related disability, Cham, Springer Nature Switzerland, 2019.

Jean-Pierre Michel et Stefania Maggi (dir.), Adult Vaccinations. Changing the Immunization Paradigm, Cham, Springer Nature Switzerland, 2019.

Jean-Paul Tillement, Au Liban, la paix retrouvée. Plaidoyer pour une paix durable au Proche-Orient en octobre 2018 : avec SOS Chrétiens d’Orient, Montceaux-lès-Meaux, Éditions Fiacre, 2019.

Guy Vallancien, A l’origine des sensations, des émotions et de la raison. J’aime donc je suis, Paris, L’Harmattan, 2019.

François Léger

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Bonne année 2020

Toute l’équipe de la bibliothèque vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Billet_2018_Bonne_année

Nous sommes heureux de vous accueillir à partir de ce lundi 6 janvier 2020 dans notre salle de lecture, et de vous accompagner tout au long de l’année à venir dans vos travaux et recherches.

Marquise Arconati Visconti, femme libre, mécène d’exception

« Quand on a commencé à manier le rayon X, on s’en est servi sans défiance, dans l’ivresse de la découverte inouïe. (…) Le temps passa, et il semblait que la radiographie fût inoffensive pour ceux qui l’administraient – quand, tout à coup, une sorte d’écaille s’ouvrit, purulente, à l’extrémité de chacun de leurs doigts. (…) – « Mon orphelin », me présente Infroit. D’un ton qu’il faisait enjoué, il me montrait dans un petit bocal un doigt de milieu, le sien, celui de sa main droite, dont le docteur Segond l’a séparé naguère. Dans le liquide, les trois phalanges s’érigent, écailleuses et meurtries, attestant le mal pour quoi on dut les condamner. Au milieu de la phalangette, une petite plaie se soulève : c’est le cancer… » (Charles Leboucq, « Un héros », Le Journal, 11 octobre 1912, p. 1)

L’héroïsme du savant manipulateur lui vaut d’être fait chevalier de la Légion d’honneur cette même année 1912. Le 28 novembre 1920, à l’âge de 46 ans, après avoir été amputé des deux bras et avoir subi plus de vingt opérations, le chef du laboratoire central de radiographie de la Salpêtrière décède d’un cancer dû aux radiations, non sans avoir été promu le mois précédent officier de la Légion d’honneur.

Moins de deux mois plus tard, le 11 janvier 1921, le président de l’Académie de médecine fait part au conseil d’administration de la proposition faite par la marquise Arconati Visconti (1840-1923) de fonder un prix portant le nom de Charles Infroit (1874-1920). Le prix doit être décerné tous les trois ans, « à une personne de nationalité française qui, par ses observations, ses recherches, ses publications, aura contribué notablement au développement de la radiologie médicale, envisagée dans son sens le plus large, comme l’application au diagnostic et au traitement des maladies des diverses radiations, notamment celles des rayons X, des rayons émis par le radium ou par toute autre substance radio-active. »

Tableau des bienfaiteurs de l'Académie nationale de médecine

À sa mort en 1923, la marquise Arconati Visconti fait de l’université de Paris sa légataire universelle et fait créer ou octroyer bourses, prix, chaires et subventions, à l’École des chartes, à l’École pratique des hautes études, au Collège de France et à plusieurs universités. Elle répartit les ouvrages de la bibliothèque de son défunt mari et de la sienne entre plusieurs bibliothèques.

De son vivant, cette fille d’Alphonse Peyrat (1812-1890), journaliste devenu député siégeant à l’extrême-gauche, dans le groupe radical de l’Union républicaine (1871-1876), puis sénateur (1876-1890), s’était imposée comme une intellectuelle engagée. Elle tenait un salon que fréquentaient les hommes politiques tels Léon Gambetta ou Jean Jaurès, mais aussi les professeurs et intellectuels tel Joseph Bédier, et s’affirma comme un soutien constant du capitaine Dreyfus.

Le musée des Arts décoratifs lui rend aujourd’hui hommage, par une exposition qui bénéficie des prêts de multiples institutions ayant bénéficié des largesses de la marquise. Le commissariat en est assuré par Thérèse Charmasson, Anne Forray-Carlier et Stéphanie Méchine, assistées de Pauline Juppin et Marie Mouterde.

Inspiré par la figure de la marquise Arconati Visconti et complétant l’exposition, un colloque qui se tient en Sorbonne les 12 et 13 décembre 2019 permet d’évoquer l’histoire des mesures mécénales et philanthropiques en faveur des établissements de recherche ou d’enseignement supérieur.

Intitulé « Patrimoine, philanthropie et mécénat, XIXe-XXIe siècle. Dons et legs en faveur de l’enseignement, de la recherche et des institutions de conservation », il s’attache à des figures internationalement connues, telles les familles Rothschild et Rockefeller mais propose aussi des excursus régionaux, sur les villes de Strasbourg, Nancy ou Montpellier.

 

Jérôme van Wijland

 

Informations pratiques :

Exposition « Marquise Arconati Visconti, femme libre et mécène d’exception », Musée des Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75001 Paris, du 13 décembre 2019 au 15 mars 2020. Voir le communiqué de presse.

 

Colloque « Patrimoine, philanthropie et mécénat, XIXe-XXIe siècle. Dons et legs en faveur de l’enseignement, de la recherche et des institutions de conservation », Chancellerie des universités de Paris, Grand salon de la Sorbonne, 47, rue des Écoles, 75005 Paris, les 12 et 13 décembre 2019. Voir le programme.

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Information sur les horaires : fermeture exceptionnelle le jeudi 5 décembre

A titre exceptionnel, la Bibliothèque sera fermée le jeudi 5 décembre 2019.

Nous vous remercions de votre compréhension.

 

Éric Baudelaire – Faire avec

En septembre 2017, le centre Pompidou accueillait une exposition de l’artiste plasticien Éric Baudelaire intitulée Après.

L’exposition s’articulait autour de la projection du film Also Known As Jihadi. Le film était directement inspiré du film A.K.A. Serial Killer (1969), dans lequel  le cinéaste et révolutionnaire marxiste Masao Adachi suivait, au moyen d’une lecture politique du paysage, le parcours d’un jeune tueur en série. Also Known As Jihadi reprenait cette méthode, explorant les paysages et les lieux que traverse un jeune Français dans son parcours de radicalisation puis d’engagement jihadiste, le film étant par ailleurs ponctué d’extraits de documents judiciaires.

L’artiste complétait le film par la présentation d’un abécédaire « incomplet, arbitraire et intuitif ». La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine avait modestement contribué à l’exposition par le prêt de la thèse de Philippe Tissié consacrée aux Aliénés voyageurs. Essai médico-psychologique (Bordeaux, 1887). Le cas d’Albert Dadas, qui y est exposé, permettait de mettre en relief la question de l’hypnose et des états altérés de conscience.

Le Centre régional d’art contemporain de Sète réactive cette exposition en présentant du 9 novembre 2019 au 2 février 2020, sous le titre Faire avec, en l’enrichissant de nouvelles productions ainsi que des œuvres existantes de l’artiste : films, sérigraphies, œuvres épistolaires… Et la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine s’honore d’accompagner ce projet du même prêt.

Jérôme van Wijland

Informations pratiques :

Exposition Faire avec – Éric Baudelaire. 9 novembre 2019-2 février 2020. Centre régional d’art contemporain, Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, 26, quai Aspirant Herber, 34200 Sète. Horaires d’ouverture : ouvert tous les jours sauf le mardi, de 12h30 à 19 h – Samedi, dimanche de 14 h à 19 h.

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