Maladie et mort de Maurice Ravel

La séance de l’Académie nationale de médecine du mardi 12 décembre 2017, organisée par le neurologue – et organiste, pendant trente ans, de l’église Saint-Pierre de Caen – Bernard Lechevalier, prévoit de revenir sur « la maladie de Maurice Ravel » à travers les lectures et les interprétations qu’en ont donné ses médecins.

Il y a quatre-vingts ans en effet, le 28 décembre 1937, décédait le compositeur Maurice Ravel des suites de l’opération au cerveau pratiquée par le neurochirurgien Clovis Vincent (1879-1947). Dès l’accident de voiture (souvent appelé accident de taxi) dont il fut victime en 1932, et sans doute bien avant, Maurice Ravel souffrait de troubles neurologiques sévères qui avaient fini par le rendre incapable de composer et de jouer de la musique.
Maurice Ravel & Lily Laskine 1935

En février 1936, il confiait sa santé au neurologue Théophile Alajouanine (1890-1980) et au psychiatre Henri Baruk (1897-1999). Les deux médecins conduisirent sur trois séances leur observation médicale en l’accompagnant d’une série de tests musicaux : reconnaissance des airs musicaux, reconnaissance des notes, lecture des notes, exécution au piano, dictée musicale, écriture musicale, étude des gammes. Menées sur une feuille de musique à portée, les tentatives d’écriture de notes, de son propre nom ou encore d’une clef de sol ne sont pas sans dégager une forte charge émotive.

La générosité de Georgette Signoret, veuve du Professeur Jean-Louis Signoret, qui les tenait de son maître Théophile Alajouanine, vaut à la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine de conserver ces documents depuis juin 2014.

Billet_2017_Ravel_Partition

Théophile Alajouanine aborda le cas Ravel à plusieurs reprises dans ses aspects scientifiques, notamment en 1948 dans la revue Brain ou encore dans son ouvrage L’aphasie et le langage pathologique (1968).

Henri Baruk lui, l’évoqua dans ses mémoires :

« J’ai eu à m’occuper aussi d’un très grand musicien, l’un des plus célèbres de notre siècle. Il présentait une amusie typique sans aucune trace d’aphasie ou de trouble de la personnalité.

Elle s’est déclarée alors qu’il était en train d’écrire un concerto. Brusquement sa main s’est arrêtée de tracer des notes. Celles-ci ne correspondaient plus à rien pour son esprit. Il s’est mis au piano : impossible de jouer, alors qu’il était un extraordinaire virtuose.

Il va d’abord consulter le professeur Alajouanine qui prend contact avec moi parce qu’il sait que je suis musicien. Je reçois cet auteur célèbre, assez ému en raison de l’admiration que je nourris pour lui. Je suis d’autant plus touché que ce patient se révèle comme un homme exquis, à l’esprit très fin, à la délicatesse extrême, que la maladie n’a nullement privé de ses immenses qualités humaines. Il juge et sent les hommes et les choses avec un instinct que j’admire.Billet_2017_Ravel_Baruk
Nous nous installons au piano et c’est lui qui me demande de jouer l’une de ses œuvres. Je fais le difficile ou plutôt le modeste et l’on comprendra pourquoi : le morceau n’est pas facile et je ne me sens pas capable d’en respecter l’esprit pas plus que la forme. Il insiste et je me jette à l’eau. À chaque faute – et Dieu sait si elles abondent – et même à chaque erreur de style ou de nuance il m’arrête. Certes il y a devant nous des partitions mais c’est l’oreille qui le guide.
J’avoue n’avoir pas réussi à rendre à ce compositeur dont la gloire n’a fait que grandir depuis sa mort, le talent et même le génie qui l’habitaient. Avec le professeur Alajouanine nous l’avons perdu de vue. Peut-être n’a-t-il pas eu la patience de nous  écouter. Peut-être ne pouvions-nous rien pour lui d’ailleurs. Toujours est-il qu’il est allé consulter un célèbre neurochirurgien. Celui-ci a tenté une opération exploratoire sur le cerveau pour déterminer la zone qui était lésée. L’auteur de tant de chefs-d’œuvre est mort des suites de l’opération. » (Baruk, Henri, Des hommes comme nous. Mémoires d’un neuropsychiatre, p. 25-26)

Jérôme van Wijland

Manifestation :

Séance de l’Académie nationale de médecine, mardi 12 décembre 2017 à 14h30
« De la maladie de Maurice Ravel à Théophile Alajouanine en passant par Jean-Louis Signoret »
Organisateur : Bernard Lechevalier

Références bibliographiques :

Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, Ms 930 (1801), dossier sur la maladie de Maurice Ravel.

Alajouanine, Théophile, « Aphasia and Artistic Realization », Brain, Volume 71, Issue 3, 1 September 1948, p. 229–241.

Alajouanine, Théophile, L’aphasie et le langage pathologique, Paris, J.-B. Baillière & fils, 1968.

Baruk, Henri, Des hommes comme nous : mémoires d’un neuropsychiatre, Paris, Robert Laffont, Opera Mundi, 1976 (Collection Vécu).

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Marie Curie, de la rue Cuvier à la rue Bonaparte

A l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Marie Curie, l’Académie nationale de médecine rend hommage à sa première académicienne, élue le 7 février 1922.

Billet_2017_Séance_Marie_CurieLors du bilan de fin d’année, le secrétaire annuel Achille Souques revenait sur l’élection de Marie Curie, après le discours de réception prononcé par le Président de l’Académie Auguste Béhal lors de la séance du 14 février 1922 :

« En son nom [i.e. au nom de l’Académie], je souhaite la bienvenue à nos nouveaux collègues Mme Pierre Curie, MM. Hallion, Desnos, Legry, Paul Carnot,  et je prie Mme Pierre Curie de vouloir bien agréer l’hommage de notre respect.

La candidature de Mme Curie, posée par quelques-uns de nos collègues, fit une grande sensation. Devant l’éclat rayonnant de ses titres, les autres candidats se désistèrent, et son élection fut un triomphe. Elle nous apportait une œuvre plus durable que l’airain, je veux dire une découverte géniale, faite en collaboration avec son mari, un nouveau traitement des tumeurs, un nom illustre dans le monde entier et qui manquait à notre gloire.

C’est la première fois qu’une femme entre à l’Académie de Médecine; c’est même, si je ne me trompe, la première fois qu’une femme entre, en France, dans une Académie d’État. Certes, la tradition est chose respectable. Mais de quoi est donc faite la tradition? N’est-ce pas d’apports successifs, transmis d’âge en âge, et qui, à leur moment, furent des innovations ? Innovation aujourd’hui, et demain tradition !

Depuis quarante ans, un nouvel ordre de choses est né. Depuis quarante ans, les étudiantes se précipitent à flots de plus en plus serrés vers les carrières libérales. Jadis, on ne les trouvait que par unités dans les Universités et les Écoles; aujourd’hui, on les  y trouve par centaines. Quoi qu’il en soit, c’est un fait dont il faudra désormais tenir compte. Il n’est pas besoin d’être augure
pour prédire que quelques-unes d’entre elles s’imposeront, un jour, aux choix des Académies. Et les Académies auront tout à gagner à ne s’inspirer que du mérite seul et de l’intérêt impérieux de la Science. » (A. Souques, secrétaire annuel, « Rapport général sur les prix décernés par l’Académie, en 1922 », Bulletin de l’Académie de médecine, séance du 12 décembre 1922, p. 448-449)

Programme de la séance du mardi 21 novembre 2017 à 14h30

  • Accueil par André Aurengo (Membre de l’Académie nationale de médecine)
  • Lecture du discours de réception de Marie Curie prononcé par le Président Auguste Béhal (1922) par Claude Jaffiol, Président de l’Académie nationale de médecine
  • La reconnaissance institutionnelle : des Nobel aux Académies par Natalie Pigeard-Micault (Docteur en histoire des sciences et responsable des ressources historiques du Musée Curie)
  • L’apport de la famille Curie à la médecine par André Aurengo (ancien Chef de service de Médecine nucléaire, Pitié-Salpêtrière, Paris ; Membre de l’Académie nationale de médecine)
  • De la découverte scientifique à l’application médicale : modernité et postérité de Marie Curie par Marie Dutreix (Directrice de recherche au CNRS, Institut Curie)
  • Une si longue absence… par Claude Huriet (Membre honoris causa de l’Académie nationale de médecine)

 

Un médaillon gravé par la Monnaie de Paris à l’effigie de Marie Curie, sera présenté à ses petits-enfants, Hélène Langevin et Pierre Joliot, et apposé à l’entrée de la Salle des séances.

 

Jérôme van Wijland

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Mémoires – I. Les années 1880.

Les Mémoires constituent un sous-ensemble des archives organiques de l’Académie de médecine, allant des années 1820 aux années 1930 approximativement. Ils consistent en notes, articles, mémoires que des médecins, scientifiques ou particuliers soumettent à l’appréciation de l’Académie dans l’espoir d’en donner lecture en séance ou d’en voir reconnaître la pertinence scientifique. On y trouve également un type particulier de mémoire, les plis cachetés, adressés à l’Académie par leurs auteurs dans le but de préserver le secret de leurs travaux tout en en établissant la priorité. Les documents y sont classés par année, puis – à peu près – par ordre alphabétique.

Mais ce sous-ensemble comporte également d’autres types de documents qu’il a été décidé de ne pas distraire du fonds, pour des raisons de cohérence archivistique et afin de ne pas modifier le classement sommaire réalisé par les Archives nationales dans les années 1970. Ainsi, y figurent de nombreuses lettres de candidatures, parfois associées à des envois de titres et travaux, voire de brochures à l’appui des candidatures. Quelques documents relèvent plus particulièrement de la correspondance avec les instances de l’Académie de médecine au sujet, par exemple, de congrès ou de commémorations auxquelles l’Académie est priée d’envoyer un représentant.

Le chantier d’inventaire de ce sous-ensemble des Mémoires, amorcé récemment, se concrétise d’ores et déjà par la publication de l’inventaire des quelques 1200 pièces de la décennie 1880-1889 dans le portail catalographique Calames.

Billet_2017_MémoiresAnnées1880Lèpre_couvLes études de statistique, de topographie ou de géographie médicales – en particulier les statistiques sur le recrutement et les conscrits ou encore les études épidémiologiques – portent aussi bien sur des pays entiers (la Suisse ou l’île de Zanzibar) que sur des départements (Ain, Loire-Inférieure, Vendée, Tarn-et-Garonne, de la Marne, du Calvados, du Var, du Nord), sur des régions (Cévennes) voire des villes (une épidémie à Salles-d’Aude) et certains de leurs établissements de soins (le sanatorium d’Argelès).

Les thématiques abordées sont de toutes sortes : instrumentation, ophtalmologie, rage, tuberculose, chirurgie, dermatologie, médicaments, alcoolisme, alimentation et nutrition, hygiène et salubrité publiques, etc. Quelques-unes des pièces sont en anglais, allemand, italien, espagnol ou portugais.

Pour ne prendre qu’un exemple, citons le Traité de la lèpre soumis à l’appréciation de l’Académie de médecine par le docteur Henri Camille Chrysostome Leloir (1855-1896), traité qu’il espère propre à lui attirer la reconnaissance de ses pairs. Ce sera chose faite avec son élection comme membre correspondant national pour la division d’anatomie et de physiologie le 20 mars 1888. Le docteur Leloir l’a réalisé à partir d’observations faites à l’hôpital Saint-Louis à Paris, lors de voyages d’étude en Italie (1878 et 1885), dans le Midi de la France (1885) et, surtout, au cours d’un voyage d’étude en Norvège (1884) pour lequel il avait été mandaté par le ministère de l’Instruction publique.

Héliogravures issues de l’atlas du Dr Leloir. Héliog. Arents / Imp. Arents

L’imposant traité se compose de trois volumes manuscrits, comptant respectivement 264 feuillets (et près d’une trentaine de dessins), 104 feuillets (et deux cartes représentant la première, le déploiement de la lèpre dans les districts médicaux de la Norvège à la fin de l’année 1879, la seconde la distribution géographique de la lèpre dans le Monde), et un atlas de 20 planches de lithographies (en couleurs ou en noir et blanc) et d’héliogravures.

Sa mission en Norvège lui a permis de relever plusieurs observations à la léproserie Saint-Georges de Bergen, toutes d’une grande précision clinique et, parfois, accompagnées d’héliogravures d’une qualité remarquable.

 

Jérôme van Wijland

 

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Information sur les horaires

La bibliothèque sera fermée mercredi 1er novembre (fête de la Toussaint).

Elle sera ouverte jeudi 2 et vendredi 3, aux horaires habituels (10 h – 18 h).

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Les unica de la Bibliothèque – I. A Treatise of Midwifry

Un unicum est un livre dont un seul exemplaire est répertorié. Nous présenterons dans cette rubrique des ouvrages conservés par la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine qui ne se trouvent ni dans les autres bibliothèques relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche ni à la Bibliothèque nationale de France. Sélectionnés pour leur rareté, ces ouvrages sont aussi remarquables pour leur intérêt scientifique et intellectuel.

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A Treatise of Midwifry in three parts, publié dans sa première édition à Dublin en 1742, est l’œuvre de Fielding Ould. Né en 1710 d’une mère irlandaise et d’un père anglais membre de l’armée britannique, Ould a exercé à partir de ses dix-neuf ans et pendant cinq ans comme prosecteur au département d’anatomie de l’École médicale de Trinity College, à Dublin. Il y a développé des compétences en anatomie, mais ce sont surtout les deux années qu’il a passées ensuite à Paris pour apprendre le métier de sage-femme qui lui donnent l’occasion d’observer des accouchements (ce qu’il n’aurait pu faire nulle part ailleurs, note-t-il dans son Traité). A son retour, le College of Physicians de Dublin, à qui il revient d’accorder l’autorisation nécessaire pour exercer, lui ouvre l’accès au métier d’accoucheur.

Billet_2017_TreatiseOfMidwifry_PortraitOuldSon parcours fait d’Ould une figure très singulière : il est « man-midwife », c’est-à-dire homme sage-femme, avant d’être médecin, à une époque où le métier de sage-femme est très peu considéré, mal ou pas du tout enseigné. L’activité d’Ould lui vaudra d’ailleurs les plus grandes difficultés lorsqu’il cherchera à compléter sa titulature par un diplôme médical : car le College of Physicians décide en 1753 que ceux qui pratiquent ou ont pratiqué l’art des sages-femmes ne sauraient postuler pour une licence de médecine… Annobli en 1760, Fielding Ould ne sera licencié en médecine qu’en 1785, à l’âge de 75 ans.

Quoi qu’il en soit de ces difficultés, Ould a connu de son vivant la reconnaissance pour le travail qu’il a accompli à partir de 1759 comme Master of the « Rotunda hospital » de Dublin (fondé en 1745), maternité destinée aux déshéritées, mais aussi en exerçant au service de la noblesse. Le Treatise on Midwifry est son unique ouvrage publié, et fait de lui un des pionniers de l’obstétrique, par sa démarche résolument fondée sur l’observation anatomique et la remise en cause d’autorités anciennes. Il a le grand mérite d’exposer à partir d’observations précises le déroulement de l’accouchement normal. Il décrit ainsi la mécanique du travail de l’accouchement, et rend compte de la position et des mouvements du fœtus. Il en déduit les techniques de délivrance, normales ou exceptionnelles, sans ou avec instruments. Il recommande l’usage d’opiacés contre les douleurs, s’oppose à l’extraction prématurée du placenta, conçoit un perforateur caché dans une gaine, et propose une première description de l’épisiotomie.

La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine un exemplaire de l’ouvrage, dans une édition de 1748. L’ouvrage sera par la suite réédité en 1767.

François Léger

Bibliographie :

Ould, F., A treatise of midwifry in three parts, London, Printed for J. Buckland,…, 1748.

Brody, S. A., « The life and times of Sir Fielding Ould: man-midwife and master physician. », Bulletin of the History of Medicine, 1978, vol. 52, p. 228‑250.

Dunn, P. M., « Bartholomew Mosse (1712–59), Sir Fielding Ould (1710–89), and the Rotunda Hospital, Dublin », Archives of Disease in Childhood – Fetal and Neonatal Edition, 1er juillet 1999, vol. 81, no 1, p. F74‑F76.

Longo, L. D., « Classic pages in Obstetrics and gynecology. Fielding Ould, A treatise of midwifry, in three parts. », American Journal of Obstetrics and Gynecology, 1er avril 1995, vol. 172, no 4, Part 1, p. 1317‑1319.

Siebold, E. K. J. von, Essai d’une histoire de l’obstétricie, traduit par François Joseph Herrgott, 3 vol., Paris,  G. Steinheil, 1891.

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Approches du geste chirurgical (20e-21e siècles). Appel à contributions

Billet_2017_Geste chirurgical2

Veuillez trouver ci-joint l’appel à contributions (Appel à contributions) pour la journée d’étude interdisciplinaire « Approches du geste chirurgical (20e-21e siècles) : histoire, littérature, philosophie, arts visuels », organisée dans le cadre du projet FNS « La figure du poète médecin (20e-21e s) : une reconfiguration des savoirs » (université de Fribourg), qui se tiendra à l’Académie nationale de médecine le jeudi 11 janvier 2018.

Les propositions de contribution (titre et résumé de 15 à 20 lignes, accompagnés d’une bio-bibliographie d’une demi-page) sont à envoyer, pour le 1er octobre 2017 au plus tard, simultanément à :

- Thomas Augais (adresse électronique : thomas [dot] augais [at] unifr [dot] ch) ;

- Julien Knebusch (adresse électronique : julien [dot] knebusch [at] unifr [dot] ch).

Responsables :
Thomas Augais, Julien Knebusch, Jérôme van Wijland

Jérôme van Wijland

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Jean-Baptiste Perronneau, un portraitiste au siècle des Lumières

Le Musée des Beaux-Arts d’Orléans présente depuis le 17 juin une exposition intitulée Jean-Baptiste Perronneau, portraitiste de génie dans l’Europe des Lumières. L’exposition rend ainsi hommage à un artiste déjà reconnu de son vivant, notamment pour la virtuosité de ses pastels, qui constituent plus de la moitié des œuvres exposées. Élevé près de la Sorbonne, dans le quartier des imprimeurs et des graveurs, Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783) s’est formé par le dessin, et, avant son premier portrait au pastel, a réalisé vers la fin des années 1730 des estampes auprès d’un maître graveur parisien. Il connaît le succès avec ses portraits au pastel et à l’huile dans les années 1740, agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture, et exposant ses œuvres au Salon du Louvre.

Billet_2017_Perronneau_PoissonnierC’est une estampe réalisée à partir d’un portrait exécuté en 1755 par Perronneau que la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine est heureuse de prêter dans le cadre de cette exposition. A cette date,  Jean-Baptiste Perronneau a été reçu par l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris et est à l’aube d’une période de voyages à travers toute l’Europe. Quant au personnage dont il exécute le portrait, Pierre Poissonnier, il est alors âgé de 35 ans. Originaire de Dijon, docteur régent à la faculté de médecine de Paris à 26 ans après des études de pharmacie, il vient d’être nommé censeur et professeur royal. Une carrière de médecin militaire, une mission de médecin diplomate en Russie lui valent plus tard les titres et honneurs considérables que la titulature de la gravure, réalisée près de vingt ans après le portrait d’origine,  fait apparaître : membre de l’Académie royale des sciences à Paris, ainsi que de nombreuses sociétés savantes françaises et européennes, inspecteur général des hôpitaux de la Marine en France et aux colonies, médecin consultant du roi. Il a été vice-directeur de la Société royale de médecine dès sa création en 1776.

Affiche de l'exposition d'après le portrait d'Aignan-Thomas Desfriches par Perronneau, © Musée des Beaux-Arts d'Orléans.

François Léger

Informations pratiques :

Exposition « Jean-Baptiste Perronneau. Un portraitiste de génie dans l’Europe des Lumières. » Musée des Beaux-Arts d’Orléans, du 17 juin au 17 septembre 2017. 1 Rue Fernand Rabier, 45000 Orléans (Commissaire de l’exposition : Dominique d’Arnoult). En raison de son succès, l’exposition est prolongée jusqu’au 22 octobre.

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Autour du bleu

Le vendredi 15 septembre 2017 à partir de 14 h 30 se tiendra la quinzième journée du livre médical à l’Académie nationale de médecine, organisée par le professeur Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel honoraire, par ailleurs membre correspondant de l’Académie des Beaux-Arts et ancien professeur à l’école du Louvre. En voici le programme :

Autour du bleu

Annonce du lauréat du prix Jean Bernard.

Le musée national Picasso-Paris comme musée- « moviment » : l’exposition « Picasso. Bleu et rose » (musée d’Orsay, 2018), Laurent Le Bon.

Peintures d’exorcismes selon Picasso, Jacques-Louis Binet.

Les cardiopathies cyanogènes congénitales, Pascal Vouhé.

Sous le bleu de la mer, Jacques Rougerie.

Les bleus de Matisse, Jacques-Louis Binet.

Le bleu dans la peinture à la bombe, Renk.

Laurent Le Bon est depuis juin 2014 le président du musée Picasso à Paris. Conservateur en chef du patrimoine, diplômé de Sciences Po et de l’Ecole du Louvre, où il a exercé comme professeur, il a dirigé le centre Pompidou-Metz de 2010 à 2014. Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment dirigé avec Jean de Loisy et Yves le Fur la publication en 2013 d’Une autre histoire de l’Art, aux éditions La Martinière.

Pascal Vouhé est responsable du service de chirurgie cardiaque pédiatrique à l’hôpital Necker-Enfants malades. Il est membre titulaire de l’Académie nationale de médecine.

JACQUES ROUGERIE

Jacques Rougerie dans une Aquabulle.

Jacques Rougerie est un architecte océanographe, formé à l’École des Beaux-Arts, et membre de l’Académie des Beaux-Arts. Sa passion pour la mer l’a conduit à concevoir habitats sous-marins, laboratoires flottants ou navires à coque transparente. La Fondation Jacques Rougerie – Institut de France soutient des projets explorant des formes écologiques et futuristes d’architecture océanique.

Renk est un peintre issu du street art. Il a d’abord pratiqué le graffiti sur les murs de Rennes, de Cork et de Paris et a connu le succès avec une exposition à Paris en 2012. Les paysages abstraits qu’il crée désormais sur toile à l’aérosol sont exposés dans plusieurs galeries européennes et son travail a également débouché sur des collaborations avec de grandes marques.

"5pm", Renk, 2015, Aérosol sur toile,1,50 x 1,50 cm.

« 5pm », Renk, 2015, Aérosol sur toile, 1,50 x 1,50cm.

Cette manifestation se déroulera dans la salle des séances de l’Académie (1er étage). L’accès en est libre et gratuit.

François Léger

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Les journées du patrimoine à l’Académie nationale de médecine

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Salle des séances

Les Journées européennes du patrimoine sont l’occasion pour l’Académie nationale de médecine, comme chaque année, de proposer au grand public une visite guidée. Cette année, l’Académie sera ouverte au public le samedi 16 septembre 2017, à partir de 11h et jusqu’à 17h. Lors d’une visite d’une heure environ, vous pourrez, guidé par un membre de l’Académie nationale de médecine, appréhender l’architecture et les espaces du bâtiment construit en 1902 par l’architecte hospitalier Justin Rochet, notamment la très belle salle des séances, ainsi que les œuvres d’art qui y sont exposées, tableaux d’histoire de la médecine, bustes de médecins célèbres… Vous découvrirez également le rôle et le fonctionnement de cette institution singulière qui conseille le gouvernement en matière de santé publique, promeut la recherche médicale et participe à faire progresser l’art de guérir.

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Salle de lecture de la bibliothèque

Au cours de la visite, vous serez reçus à la Bibliothèque le temps d’une présentation de documents allant du XVe au XXe siècle (livres, estampes, radiographies). Nous mettrons en exergue des documents aux formats insolites, de quelques centimètres à plus d’un mètre de haut, la plupart illustrés, en noir et blanc ou en couleurs, selon une technique particulière (gravure sur bois, gravure sur cuivre, lithographie, radiographie).

Le 16 septembre prochain, venez donc à la rencontre d’un patrimoine divers et vivant !

Académie nationale de médecine

16, rue Bonaparte Paris 6e

Entrée libre, 11h-17h

François Léger

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Après. Un projet d’Eric Baudelaire

A la suite des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le plasticien et vidéaste Eric Baudelaire ressent le besoin d’interroger les violences du temps présent. C’est le point de départ de l’exposition Après, proposée du 6 au 18 septembre 2017 au Centre Pompidou. L’exposition s’articule autour de la projection du film d’Eric Baudelaire, Also Known As Jihadi, qui tente de retracer le parcours d’un jeune jihadiste français parti en Syrie à travers les lieux où il a vécu et les espaces et les paysages qu’il a traversés.

Crédit photographique : © ADAGP, Paris, 2017

Crédit photographique : © ADAGP, Paris, 2017

Répondant au film, un abécédaire « incomplet, arbitraire et intuitif » conçu par l’artiste plasticien et la commissaire de l’exposition, Marcella Lista, cherche à interroger les événements non pas avec les outils des sciences sociales ou des sciences politiques mais avec ceux de l’histoire de l’art et des idées. Enfin, ce dispositif est complété par une programmation quotidienne de projections de films, de représentations théâtrales et de discussions avec des artistes, des philosophes, des juristes, des psychanalystes, des militants associatifs, des enseignants et des élèves, etc.

Philippe Tissié, Les Aliénés voyageurs : Essai médico-psychologique, Paris, Octave Doin 1887. Cote : 38884 (1)
La lettre H de l’abécédaire d’Eric Baudelaire et de Marcella Lista est pour « Hypnose », un moyen d’accéder aux états altérés de conscience. A cette occasion, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine prête la thèse de Philippe Tissié consacrée aux Aliénés voyageurs : essai médico-psychologique (Bordeaux, 1887) et, tout particulièrement, au cas d’Albert Dadas.

Jérôme van Wijland

Informations pratiques :

« Après. Un film, une exposition, des rencontres. Expositions ». 6 – 18 septembre 2017. Centre Pompidou, Paris.

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