Colloque « Prévenir, accueillir, guérir : la médecine des enfants de l’époque moderne à nos jours »

« Les taux de mortalité infantile et de la petite enfance n’ont jamais été aussi bas dans les pays développés et le suivi médical des enfants est désormais généralisé, même si certaines pratiques de médecine préventive, telles que la vaccination, sont actuellement remises en cause. Pour faire un état des lieux de la médecine des enfants aujourd’hui et envisager les évolutions depuis la Renaissance, ce colloque réunit différents chercheurs et professionnels (historiens, spécialistes en architecture hospitalière, médecins). Les pratiques de soin envers les enfants, la variété des acteurs qui les mettent en œuvre (praticiens médicaux, entourage ou institutions publiques) et les structures hospitalières ou médicalisées qui leur sont dédiées seront particulièrement mises en lumière. Outre la reconnaissance progressive par la médecine de la spécificité des maladies infantiles et enfantines, transparaissent les mutations dans la conception même de l’enfant et l’évolution des attitudes de la société à son égard depuis l’époque moderne. » (Emmanuelle Berthiaud)

Gaston Mélingue. Jenner inoculant la vaccine. 1879 © Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, cliché Philippe Fuzeau

Programme :

Mercredi 26 septembre 2018 – Université de Picardie Jules Verne, Logis du Roy (Square Jules Bocquet – Amiens)

10h00 Accueil des participants

1ère Session (Présidence Jacques Gélis)
10h30 Introduction, Emmanuelle Berthiaud
10h45 François Léger et Jérôme van Wijland, La commission de l’hygiène de l’enfance : la santé des enfants vue par l’Académie de médecine
11h05 Claudia Pancino, De morbis puerorum, les maladies des enfants : une classification, les sources (XVIe-XVIIIe siècles)
11h25 Emmanuelle Berthiaud, « Et pourtant ils souffrent » : les médecins et la douleur du petit enfant : évolution des représentations et des attitudes (XVIe-XIXe siècles)
11h45 Discussion

2e Session (Présidence Isabelle Robin)
13h30 Marie-France Morel, Soigner les enfants malades à la fin du XVIIIe siècle : dispensaire ou hôpital ? L’exemple du dispensaire pour enfants pauvres de George Armstrong à Londres (1769-1789)
13h50 Laurent-Henri Vignaud, L’enfant en tant qu’agent et enjeu des premières vaccinations anti- varioliques (fin XVIIIe – début XIXe siècle)
14h10 Discussion
14h30 Pause
14h45 Clyde Plumauzille, Les nourrices comme auxiliaires médicales
15h05 Antoine Rivière, « Une nouvelle vie pour être régénéré ». Les pupilles de l’Assistance publique de Paris sous l’œil des médecins (1870-1940)
15h25 Discussion

Jeudi 27 septembre 2018 – Académie nationale de médecine (16 rue Bonaparte 75006 Paris)

9h30 Accueil des participants
10h00 Hommage à Catherine Rollet, par Christian Rollet et Marie-France Morel

1ère Session (Présidence Isabelle Duhau)
10h30 Pierre-Louis Laget, De l’hospice à l’hôpital pour enfants : un caractère pionnier dans l’isolement des contagieux
10h50 Catherine Blain, Une grande maison constituée de « maisons toutes différentes » : l’hôpital pour enfants Robert-Debré de Pierre Riboulet (Paris 19e, 1980-1988)
11h10 Pause
11h25 Lina Bendahmane, L’hôpital Jeanne de Flandre (Lille) : une architecture pour accueillir l’enfant et sa famille
11h45 Discussion

2e Session (Présidence Paul Vert) [programme à jour]
14h00 Géraud Lasfargues, La fin de vie des enfants malades en service pédiatrique (in absentia)
14h20 Denys Pellerin, De la chirurgie infantile à la chirurgie pédiatrique : le tournant des années 1950-1960
14h40 Discussion
15h10 Pause
15h30 Nathalie Sage Pranchère, Malades et prématurés : sauver et soigner les enfants atteints de la maladie hémolytique du nouveau-né (France, années 1940-1960)
15h50 Véronique Abadie, La médecine de l’enfant par le prisme hospitalo-universitaire : du communautaire à la maladie rare
16h10 Discussion

Informations pratiques : Cette manifestation se déroulera le mercredi 26 septembre 2018, à l’Université de Picardie Jules Verne, au Logis du Roy (Square Jules Bocquet – Amiens) et le jeudi 27 septembre 2018, en salle des séances de l’Académie nationale de médecine (16 rue Bonaparte 75006 Paris). L’accès en est libre et gratuit.

Responsables : Scarlett Beauvalet (UPJV), Emmanuelle Berthiaud (UPJV), François Léger (Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine), Jérôme van Wijland (Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine)

 

Jérôme van Wijland

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Les journées du patrimoine à l’Académie nationale de médecine

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Salle des séances

Les Journées européennes du patrimoine sont l’occasion pour l’Académie nationale de médecine, comme chaque année, de proposer au grand public une visite guidée. Cette année, l’Académie sera ouverte au public le samedi 15 septembre 2018, à partir de 11h et jusqu’à 17h. Lors d’une visite d’une heure environ, vous pourrez, guidé par un membre de l’Académie nationale de médecine, appréhender l’architecture et les espaces du bâtiment construit en 1902 par l’architecte hospitalier Justin Rochet, notamment la très belle salle des séances, ainsi que les œuvres d’art qui y sont exposées, tableaux d’histoire de la médecine, bustes de médecins célèbres… Vous découvrirez également le rôle et le fonctionnement de cette institution singulière qui conseille le gouvernement en matière de santé publique, promeut la recherche médicale et participe à faire progresser l’art de guérir.

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Salle de lecture de la bibliothèque

Au cours de la visite, vous serez reçus à la Bibliothèque le temps d’une présentation de documents allant du XVe au XXe siècle (livres, estampes, radiographies). Nous mettrons en exergue des documents aux formats insolites, de quelques centimètres à plus d’un mètre de haut, la plupart illustrés, en noir et blanc ou en couleurs, selon une technique particulière (gravure sur bois, gravure sur cuivre, lithographie, radiographie).

Le 15 septembre prochain, venez donc à la rencontre d’un patrimoine divers et vivant !

Académie nationale de médecine

16, rue Bonaparte Paris 6e

Entrée libre, 11h-17h

François Léger

Un registre de correspondance de Desgenettes

La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine détient le registre de correspondance du citoyen René Desgenettes, médecin en chef d’armée. Dans ces deux volumes sont recopiées les correspondances adressées par Desgenettes (1762-1837), en tant que médecin chef d’armée du 19 germinal an 6 (8 avril 1798) au 15 frimaire an 10 (5 décembre 1801). Les premières pages du registre montrent Desgenettes à Paris, alors médecin en chef de l’armée d’Angleterre, d’où il est appelé à Toulon pour rejoindre la flotte partant pour l’Égypte. Dans la dernière lettre du registre, Desgenettes revenu à Marseille adresse ses remerciements au Conseil de santé des armées pour sa nomination comme médecin en chef de l’hôpital d’instruction militaire de Strasbourg.

Le registre a fait l’objet en 2010 d’une restauration : les deux volumes ont reçu une couvrure en parchemin teinté, fermée par deux lanières en cuir. Indépendamment de son excellent état de conservation, c’est la nature même du manuscrit qui en fait une source de première importance pour la biographie de Desgenettes, pour l’histoire de l’expédition d’Égypte, et plus généralement pour l’histoire de la médecine militaire à l’époque napoléonienne.

On y trouve des éléments pour reconstituer le contexte d’épisodes importants de la campagne, batailles, épidémies (dont l’épidémie de peste à Jaffa, qui donne lieu à la visite des pestiférés de Jaffa le 11 mars 1799, immortalisée par Gros dans un célèbre tableau). Mais on y lit aussi et surtout le quotidien médical d’une armée en campagne, et les différentes dimensions de la médecine militaire. Car, comme le rappelle Desgenettes dans une circulaire adressée aux médecins de l’armée, « nos fonctions aux armées ne se bornent point à traiter les maladies ; nous devons constamment surveiller tout ce qui peut assurer la santé des militaires, et nos devoirs sur ce point sont suffisamment détaillés par les lois et les règlements qui en sont explicatifs ».

Ainsi le registre témoigne-t-il des efforts de Desgenettes pour assurer le recrutement puis la formation de médecins au départ de Toulon, établir des hôpitaux, assurer les approvisionnements en médicaments, délivrer des attestations pour des médecins-officiers ayant égaré leurs papiers, répondre à une question de l’état-major sur les effets des piqûres de scorpion (14 messidor, an 6), ou encore dispenser ses instructions aux médecins (à un médecin à Gizeh, 9 nivôse an 7 : « Je vous rappelle, citoyen, l’exécution de l’article 2 du titre V de la section 11 du règlement du 30 floréal an 4 qui porte : « Les médecins ne recevront dans les salles des fiévreux aucuns blessés vénériens ni galeux. »)

Desgenettes rend compte aux inspecteurs généraux à Paris ou au général en chef Bonaparte, fournissant souvent de significatifs éléments de statistique médicale. Il s’adresse également à ses subordonnés (instructions, demandes de rapports), dans des lettres qui sont de riches sources pour l’histoire des théories médicales de l’époque et de leur mise en pratique, montrant par exemple la place des topographies médicales. Des topographies établies par ses correspondants sont d’ailleurs publiées dans l’« Histoire médicale de l’armée d’Orient », qu’il fait paraître dès son retour d’Orient en 1802, et dans laquelle il insère quelques lettres du registre.

René Desgenettes est nommé membre de la section de médecine de l’Académie royale de médecine le 27 décembre 1820.

François Léger

Références bibliographiques :

Desgenettes, René-Nicolas Dufriche, Histoire médicale de l’armée d’Orient, A Paris, chez Croullebois,… et chez Bossange, Masson et Besson,…, 1802.

Desgenettes, René-Nicolas Dufriche, Correspondance du citoyen R. Desgenettes, médecin en chef d’armée (1762-1837). Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, Cote : Ms 83(56) et Ms 84(57).

Loustalot, Bernard, Desgenettes : 1762-1837 : un homme de réseau dans la transformation de l’art de guérir, Thèse de doctorat, École des hautes études en sciences sociales, 2016, 628 p, (dactyl.).

Zaugg, Roberto et Graf, Andrea, « Guerres napoléoniennes, savoirs médicaux, anthropologie raciale. Le médecin militaire Antonio Savaresi entre Égypte, Caraïbes et Italie », Histoire, médecine et santé, no 10, 15 novembre 2016, p. 17-43.

Comment citer cet article :

François Léger, « Un registre de correspondance de Desgenettes », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 19 juillet 2018. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/un-registre-de-correspondance-de-desgenettes/.

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Informations sur les horaires – Fermeture estivale

La bibliothèque ferme ses portes à partir du vendredi 27 juillet au soir. Toute l’équipe vous souhaite un beau mois d’août, et sera heureuse de vous accueillir à partir du mercredi 5 septembre.

Bicentenaire du stéthoscope de Laennec

Le 23 février 1818, René Théophile Hyacinthe Laennec lit devant l’Académie des sciences un « Mémoire sur l’auscultation par des moyens acoustiques, dans la pratique de la médecine », incluant la description du stéthoscope qu’il a mis au point après son entrée comme médecin chef à l’hôpital Necker (en 1816).  Voici précisément deux cents ans, le 29 juin, les médecins Portal, Pelletan et Percy (qui comptent deux ans plus tard parmi les premiers membres de l’Académie royale de médecine, Théophile Laennec en devenant alors associé non résidant) en font un rapport élogieux devant la même société. La première édition du traité « De l’auscultation médiate » paraît l’année suivante, en 1819. Laennec, atteint de la tuberculose, s’éteint en 1826, après avoir corrigé les épreuves d’une deuxième édition remaniée qui paraît en 1826 (la Bibliothèque possède les deux éditions).

Si l’importance et la portée de l’invention de cet instrument ont pu être nuancées par la postérité, le stéthoscope conserve une forte puissance évocatrice qui permettait à Norbert Bensaïd d’observer, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Laennec en 1981, que « notre goût pour les gadgets techniques est trop vif pour que le nom de Laennec évoque autre chose que la découverte « géniale » du stéthoscope » (Nouvel Observateur du 23 février 1981) ». Si le constat vaut sans doute pour le grand public, c’est toutefois surtout comme fondateur de l’anatomie pathologique ou encore comme clinicien en pneumologie, phtisiologie et cardiologie que Laennec a reçu les hommages de la communauté scientifique et médicale, auxquels s’est jointe en son temps l’Académie de médecine. La participation de l’Académie au Comité d’organisation de  la célébration du bicentenaire de la naissance du médecin (1981) est ainsi à l’origine de l’important dossier biographique consacré à Laennec et conservé à la Bibliothèque. On peut y trouver une riche documentation  (inventaire et copies de manuscrits, coupures de presse, illustrations, documents divers relatifs à l’organisation de l’événement), qui inclut également un dossier concernant la commémoration précédente, qui était celle du centenaire du décès de Laennec (1926).

 

A travers ce corpus apparaissent la vie et l’œuvre d’un personnage, mais aussi les manières dont une communauté nationale et scientifique en entretient et ravive la mémoire. En 1926, on commémore le décès pour célébrer l’œuvre médicale, en 1981 l’anniversaire d’une naissance donne l’occasion d’apprécier un personnage dans les dimensions multiples de sa vie (le projet de commémoration évoque ainsi Laennec et sa famille, Laennec breton, Laennec parisien, etc.)  A la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, une tabatière en bois sculpté, donnée à Laennec par Chateaubriand, relève ainsi de ce type d’évocation plus personnelle.

 

 

La Bibliothèque dispose également d’une riche iconographie relative à Laennec : un portrait (huile sur toile exécutée par Filiprandi d’après une toile de Dubois, datée de 1928), des photographies, une importante collection de gravures, lithographies, ainsi que des médailles. Le médaillon présenté ci-dessous a été réalisé par Georges Hayem, membre de l’Académie nationale de médecine, à l’occasion du centenaire de 1926.

 

François Léger

 

Références bibliographiques :

Académie des sciences, Procès-verbaux des séances de l’Académie tenues depuis la fondation de l’Institut jusqu’au mois d’août 1835, Hendaye, Impr. de l’Observatoire d’Abbadia, 1910-1922, vol. 6.

Boulle, Lydie et al. ed., Laennec: catalogue des manuscrits scientifiques, Paris, Masson et Fondation Singer Polignac, 1982.

Duffin, Jacalyn, To see with a better eye: a life of R.T.H. Laennec, Princeton NJ, Princeton University Press, 1998.

Laennec, René Théophile Hyacinthe, De l’auscultation médiate, ou traité du diagnostic des maladies des poumons et du coeur, fondé principalement sur ce nouveau moyen d’exploration, A Paris, chez J.-A. Brosson et J.-S. Chaudé, libraires, 1819.

Sonolet, Jacqueline, Au temps de Bichat et de Laënnec: entretiens de Bichat, C.H.U. Pitié-Salpêtrière, Paris, 29 septembre-6 octobre 1968, Paris, Expansion scientifique française, 1968.

Comment citer cet article :

François Léger, « Bicentenaire du stéthoscope de Laennec », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 28 juin 2018. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/bicentenaire-du-stethoscope-de-laennec/.

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Avis de marché – Édition d’un catalogue

A paru le 31 mai 2018, dans le BOAMP l’avis N° 18-74255 relatif à l’édition d’un catalogue des peintures de l’Académie nationale de médecine.

 

L’essentiel du marché

Nom et adresse officiels de l’organisme acheteur : ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE

A l’attention de : Van Wijland Jérôme

Adresse : 16, rue Bonaparte 75006 Paris

Téléphone : 01 46 34 60 70

Objet du marché : édition d’un catalogue des peintures de l’Académie nationale de médecine

Lieu d’exécution des travaux, de livraison fournitures ou de prestation des services : Académie nationale de médecine 75006 Paris

 

Informations pratiques

Date limite de réception des candidatures : 02/07/2018 à 17h00

Date limite de réception des offres : 06/07/2018 à 17h00

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Les « Mélanges » de l’Académie de médecine

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A la fin du XIXème siècle, le bibliothécaire de l’Académie  de médecine rassemble et fait relier  plusieurs milliers  de documents au sein de recueils thématiques, que l’on choisit alors d’intituler « Mélanges ». Si cette opération, réalisée en plusieurs fois (le dos des volumes fait apparaître 4 séries distinctes), n’est pas documentée, une analyse élémentaire de cette collection montre qu’il s’agit là d’un véritable travail de documentaliste : ces imprimés, essentiellement des thèses et des dissertations, mais aussi quelques notes, rapports, et même catalogues d’instruments chirurgicaux, sont regroupés au sein de volumes thématiques, dont certains comportent un sommaire manuscrit. Des ex-libris manuscrits ou sous forme d’estampille permettent parfois de déterminer l’origine des documents : ainsi certains mémoires d’obstétrique proviennent-ils de l’Obstetrical Society of London, ou encore des collections de Eduard Kaspar Jacob von Siebold. Le plus ancien est un texte publié en 1593 (« Ioannis Donatelli castilionensis De Febre maligna dispvtatio cum Theodoro Angelucio Philosopho, & Medico de ejusdem malignae febris natura et curatione disserente  », par Eustachius Rudius). Les plus récents datent de 1902 (Il s’agit d’une « Étude sur le paupérisme présentée à la commission administrative du bureau de bienfaisance », par Léopold Lallement, et des statuts d’une association pour pour le développement de l’assistance aux malades) et fournissent un terminus a quo au chantier de reliure engagé par le bibliothécaire de l’Académie. La majorité des documents date du XIXème siècle. Les thèmes correspondent aux préoccupations essentielles de l’Académie de médecine. 23 volumes rassemblent ainsi des mémoires consacrés aux eaux minérales. Mais ce sont l’obstétrique et la gynécologie, et plus généralement le thème de la procréation, qui y occupent la plus grande place. 16 volumes sont consacrés à la tératologie. L’épidémiologie est aussi bien représentée : on trouvera ainsi 10 volumes consacrés à la variole et à la vaccine, 4 à la syphilis.

En relation avec la responsabilité de santé publique qui incombe à l’Académie, les documents rassemblés fournissent une documentation dépassant la stricte thématique médicale. Pour n’en donner que quelques exemples, l’un des volumes « Hôpitaux » (Cote : 20443) compile une « Lettre au Conseil d’administration des hôpitaux de Lyon sur l’organisation du service chirurgical de l’Hôtel-Dieu » (1854), des « Rapports à M. le Ministre de l’Intérieur et au conseil général des hospices relatifs au service des enfans-trouvés dans le département de la Seine » (1838) accompagnés de statistiques et questionnaires d’enquête, au total 10 documents consacrés à la prise en charge hospitalière des accouchées. Un autre volume rassemble 8 essais et dissertations sur l’éducation des jeunes enfants (Cote : 20628). Les volumes intitulés « Médecine légale » touchent à des questions juridiques et de santé publique (le volume 20533 comporte une étude détaillée sur la question de la santé des houilleurs (1862), ainsi qu’un mémoire sur le  danger des « inhumations précipitées, et sur la nécessité d’un règlement pour mettre les citoyens à l’abri du malheur d’être enterrés vivans » (1776).

Ainsi, d’une « Histoire médicale de l’armée française à Saint-Domingue en l’an dix » (Cote : 20303 (10)) à une « Lettre sur la pharmacie en Chine » (Cote : 20403 (23)), la collection offre une documentation riche, variée, et souvent rare. Avant l’informatisation, le regroupement par les bibliothécaires de mémoires isolés en volumes thématiques était la solution la plus pratique : on trouvera ci-dessous la liste des Mélanges par volume, classés selon leur intitulé. Pour l’exploration de cette collection, ces regroupements thématiques offrent aujourd’hui un utile complément au catalogue Sudoc des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dans lequel on trouvera la collection signalée non par recueil mais individuellement par document. Certains recueils demeurent disséminés dans les rayonnages de la bibliothèque, ils seront progressivement catalogués si nécessaire et intégrés physiquement à la collection principale.

Intitulé des volumes des Mélanges (Cotes 20290 à 20654)

François Léger

Comment citer cet article :

François Léger, « Les « Mélanges » de l’Académie de médecine », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 24 mai 2018. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/les-melanges-de-lacademie-de-medecine/.

Fermetures du mois de mai

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En raison des jours fériés du mois de mai, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine sera fermée :

– le mardi 1er mai,

– le mardi 8 mai,

– le jeudi 10 et le vendredi 11 mai.

En dehors de ces jours de fermeture, la bibliothèque sera ouverte au public aux horaires habituels, le lundi et du mercredi au vendredi, de 10 h à 18 h.

 

François Léger

Maurice Chevassu, chirurgien et collectionneur

Maurice Chevassu (1877-1957), chirurgien spécialisé en clinique urologique, a également été un grand collectionneur de documents portant sur la vie et la carrière de médecins illustres. En 1981, la veuve de Maurice Chevassu, née Jeanne Lermoyez, a légué à l’Académie nationale de médecine une collection de 15 classeurs dont la bibliothèque réalise à présent un inventaire pièce à pièce. Quatre autres classeurs se trouvent à l’Académie nationale de chirurgie. La collection de Maurice Chevassu est composée d’albums de philatélie conservant lettres, cartes de visite, photographies, extraits d’imprimés et coupures de presse relatifs à des médecins nés entre le XVIe et le XIXe siècle. Les documents sont divisés en deux grandes séries : la série Académie de médecine (7 classeurs) est consacrée aux membres de l’Académie de médecine depuis sa création  en 1820 jusqu’au milieu des années 1950. La série « Médecine » comprend plus généralement des personnalités du monde médical français et étranger : elle inclut néanmoins un certain nombre de membres de l’Académie.

La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine publie aujourd’hui dans le catalogue collectif Calames le volume V de la série médecine. Il comprend des documents portant sur 55 médecins classés par date de naissance, de Léon Labbé (1832-1916) à Hermann Krause (1848-1921). Certaines des pièces de ce volume proviennent des papiers personnels de Maurice Chevassu (il a été l’élève de professeurs représentés dans ce volume, Cornil, Duval, Farabeuf, Landouzy), mais aussi pour une grande part des archives de famille de son épouse, Jeanne Lermoyez, fille de l’oto-rhinolaryngologiste Marcel Lermoyez (1858-1929) et petite-fille du chirurgien Léon Labbé (1832-1916).

La collection de Maurice Chevassu présente essentiellement une riche iconographie, et des manuscrits autographes variés. L’iconographie consiste en de nombreux portraits, photographies, souvent imprimées sur cartes ou extraites de publications.

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Elle contient un très grand nombre de manuscrits autographes, qui vont de la carte de courtoisie à la lettre, présentant un intérêt documentaire certain. Ils font apparaître des réseaux de sociabilité, d’échanges scientifiques, parfois aussi quelques conflits. A titre d’exemple, on présente ici un billet écrit par Paul Bert à Henri Milne-Edwards le lendemain de la mort de son maître Claude Bernard, une sollicitation enflammée de Farabeuf à son maître Verneuil de Lariboisière, un billet de Léon Labbé exprimant aimablement le devoir de préférer son ami (Paul Tillaux) à son élève (Paul Segond) pour la nomination à un poste de professeur.

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L’inventaire détaillé de la collection Chevassu se poursuivra au cours des prochaines semaines.

François Léger

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Le parcours d’un manuscrit

Le cahier n° 1 du volume 22 de la revue Philosophia Scientiæ récemment paru propose, sous la direction de Franck Jovanovic, de Viera Rebolledo-Dhuin et de Norbert Verdier, un numéro spécialement consacré à « Science(s) et édition(s), des années 1780 à l’entre-deux-guerres ».

Il comporte en particulier un article consacré aux enjeux de pouvoir et aux stratégies d’occupation de l’espace pédagogique et éditorial dans le domaine obstétrical dans les années 1770-1780, à travers l’exemple des écrits du chirurgien accoucheur Jean-Louis Baudelocque et de ceux de ses principaux rivaux : Van Wijland, Jérôme, « Baudelocque et son maître. Écriture et genèse d’une pensée scientifique », Philosophia Scientiæ, 22 (1), 2018, p. 23–41.

Les analyses qui y figurent s’appuient notamment sur un manuscrit in-4° de 533 pages, intitulé Cours d’accouchemens. De Monsieur Solayres de Renhac, Docteur en médecine et en chirurgie de Montpellier, de la société royale de la même ville, licencié du collège de chirurgie de Paris, désigné professeur et démonstrateur d’anatomie et de chirurgie à l’école pratique de cette ville. Mis au jour par Mr Baudelocque, son disciple. Première et seconde partie, conservé à la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine sous la cote Ms 873 (1744).

 

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Acquis en 2009 auprès d’un libraire spécialisé qui l’avait acheté dans les années 1970 à un collectionneur privé, le manuscrit avait déjà fait l’objet d’un intérêt marqué au XIXe siècle.

S’il est fort probable que Jean-Louis Baudelocque l’ait gardé jusqu’à sa mort en 1810, la trace du manuscrit se perd ensuite. Il est cependant permis d’émettre deux hypothèses quant aux possesseurs du manuscrit, dans la famille même de Baudelocque. Louis Auguste Baudelocque (1800-1863), dit Baudelocque neveu, aurait dû entrer en possession du manuscrit. Le testament de Jean-Louis Baudelocque précise en effet que ses « manuscrits seraient remis, dans le cas prévu où [s]on fils n’embrasserait pas l’état de la médecine, à l’un de [s]es deux neveux, Paul, ou Auguste Baudelocque, si l’un d’eux devenait docteur en médecine. » [Boyer ; Duméril 1833, 8] Le fils de Baudelocque étant devenu notaire et Paul étant décédé, cela fait naturellement d’Auguste le légataire des manuscrits. Cependant celui-ci n’a passé sa thèse qu’en 1823, ce qui laisse une vacance de treize ans entre la mort de Baudelocque et le respect de la condition testamentaire.

La seconde hypothèse nous porte vers le chirurgien et accoucheur Louis Charles Deneux, plus tard célèbre pour avoir mis au monde le Comte de Chambord. Ce cousin de Baudelocque en a également été le protégé et l’hôte lors de ses études médicales parisiennes. Dans ses mémoires, Deneux évoque à plusieurs reprises la bibliothèque de Baudelocque : la première fois, vers 1784, l’épouse de Baudelocque lui permet d’y puiser ce qui lui manque pour ses révisions ; la seconde fois, Baudelocque lui offre des livres lors de son départ de Paris en 1790. [Deneux ca 1827-1830, 59-60 ; 72b] Par la suite, Deneux s’avère un bibliophile de premier ordre et constitue une importante bibliothèque consacrée à l’étude physique et morale de l’homme, dont l’une des parties, concernant « la reproduction, les accouchements, les maladies des femmes, etc., etc., est probablement ce qui existe de plus complet sur ce sujet en France, et dans la plupart des bibliothèques étrangères. » [Deneux 1844, II] Siebold lui-même, dans son Essai d’une histoire de l’obstétricie, se fait l’écho de la qualité de la bibliothèque de Deneux. [Siebold, II, 468]

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Le manuscrit réapparaît, vu par l’obstétricien allemand Hermann Franz Naegele (1810-1851) lors d’un voyage à Paris [Naegele 1838, 111] qui se situe, selon Siebold et ce que l’on peut inférer du texte même de Naegele, en 1834. [Naegele 1838, 118] [Siebold, II, 469]

Au milieu du XIXe siècle approximativement, le manuscrit appartient au docteur Louis Sardallion (1796-1870), collectionneur avisé d’ouvrages d’obstétrique. L’ex-libris présent sur le manuscrit se retrouve en effet dans maints ouvrages signalés dans les catalogues de bibliothèques ou de vente aux enchères (ventes Kapandji-Morhange d’octobre 2009 et de mars 2010). Cet accoucheur – ainsi le qualifient les annuaires civils ou professionnels –, donnait des cours particuliers et proposait des préparations anatomiques et tocologiques. [Vaucher 1847, 3] [Revue et magasin de zoologie pure et appliquée, juin 1845, 218]

Deneux, Siebold, Naegele fils, Sardallion : les noms de ces médecins collectionneurs, allemands ou français, disent assez l’intérêt qu’un tel manuscrit suscitait et dont l’article cherche à mettre en évidence le rôle dans l’élaboration de la pensée et de l’écriture médicales de Baudelocque.

 

Jérôme van Wijland

 

Références bibliographiques :

Baudelocque, J.-L. [1773] Cours d’accouchemens. De Monsieur Solayres de Renhac, Docteur en médecine et en chirurgie de Montpellier, de la société royale de la même ville, licencié du collège de chirurgie de Paris, désigné professeur et démonstrateur d’anatomie et de chirurgie à l’école pratique de cette ville. Mis au jour par Mr Baudelocque, son disciple. Première et seconde partie. BANM, Ms 873 (1744).

Boyer, A. ; Duméril, A. M. C. [1833] Rapport fait à l’Académie royale des sciences de l’Institut de France, par MM. Boyer et Duméril sur un mémoire intitulé “Du Broiement de la tête de l’enfant mort dans le sein de la mère, nouveau procédé pour terminer l’accouchement laborieux” et qui lui a été présenté par M. Baudelocque neveu,… suivi d’une lettre contenant un extrait du testament de Jean-Louis Baudelocque, adressée par M. Baudelocque neveu à ses confrères. Paris : impr. de H. Dupuy.

Casanove, A. de [2012] Conception et application d’un modèle d’encodage TEI : l’édition électronique des manuscrits de Louis-Charles Deneux, accoucheur de la duchesse de Berry… Mémoire du master Technologies numériques appliquées à l’histoire. [Paris] : École nationale des chartes.

Deneux, L.-C. [ca 1827-1830] Sa biographie. Journal 1822 à 1830. Faculté de médecine. Chaire de clinique d’accouchements. BANM, Ms 827 (1698).

Deneux, L.-C. [1844] Catalogue d’une partie de la bibliothèque de M. L.-C. Deneux, …, Dont la vente aura lieu le 27 mai 1844,…. Paris : Librairie de J. Techener.

Naegele, H. F. [1838] Die Lehre vom Mechanismus der Geburt nebst Beiträgen zur Geschichte derselben. Mainz : bei Victor von Zabern.

Siebold, E. G. J. de [1866] Lettres obstétricales. Avec une introduction et des notes par J. A. Stoltz. Paris : J.-B. Baillière et fils.

Siebold, E. G. J. de [1891] Essai d’une histoire de l’obstétricie. Traduit de l’allemand avec additions, figures et un appendice par F. J. Herrgott. Paris : G. Steinheil.

Van Wijland, J. [2018] Baudelocque et son maître. Écriture et genèse d’une pensée scientifique, Philosophia Scientiæ, 22 (1), 2018, p. 23–41.

Vaucher, J.-B. de [1847] Notice sur M. le docteur Sardallion, accoucheur, membre de la Société médico-pratique. Publiée dans les Archives des hommes du jour, Revue mensuelle, historique et nécrologique, par MM. Tisseron et De Quincy. Paris : Impr. de Mme de Lacombe.