Informations sur les horaires – Fermeture estivale

La bibliothèque ferme ses portes le vendredi 26 juillet à 16 h. Toute l’équipe vous souhaite un beau mois d’août, et sera heureuse de vous accueillir à partir du mercredi 4 septembre.

Horaires exceptionnels en raison des fortes chaleurs

En raison des fortes chaleurs à Paris cette semaine, la bibliothèque réduit ses horaires d’ouverture quotidienne, et fermera exceptionnellement ses portes à 16 h, du mercredi 24 au vendredi 26 juillet.

Nous vous remercions pour votre compréhension.

Prix et médailles de l’Hygiène de l’enfance

Depuis sa création, l’Académie remplit ses missions en matière de santé publique au moyen de commissions, certaines permanentes, d’autres mises en place temporairement pour faire face à un problème ponctuel. Ces commissions stimulent la production d’information, la collectent, puis la synthétisent dans des rapports, études et recommandations. L’Académie s’est ainsi dotée d’une commission des épidémies, de l’hygiène et des maladies contagieuses, de la vaccine, des eaux minérales, etc.
En 1871, alertée sur la mortalité des nourrissons, l’Académie se saisit de la question, et plus généralement de ce qu’on appelle alors « l’élevage » des nourrissons, en créant une commission de l’Hygiène de l’enfance. Cette commission explore au fil des années des aspects variés de la santé des enfants,  suscitant et centralisant une information médicale et statistique abondante et fiable, notamment au moyen de récompenses décernées chaque année. Celles-ci sont principalement de deux types :
– De 1875 à 1895, l’Académie propose un sujet de concours et décerne des prix.
– Entre 1873 et 1999, la commission délivre des médailles de bronze, argent, vermeil ou or, susceptibles de faire l’objet de rappels, quand des personnes déjà médaillées obtiennent à nouveau une même médaille. Ces médailles vont à des personnes ou plus rarement à des institutions, en contrepartie de leur engagement en faveur de la protection maternelle et infantile.

En 2018, la Bibliothèque de l’Académie de médecine a organisé et contribué à un colloque sur l’histoire de la santé des enfants, en proposant une étude fondée sur les archives de cette commission. A cette occasion a été créée une base de données regroupant tous les bénéficiaires de récompenses obtenues au titre de l’hygiène de l’enfance. Cette base de données permet des recherches croisées par nom de récipiendaire, par lieu (villes, départements, voire pays),  par type de récompense (prix, médailles et métal des médailles), par date ou période chronologique, par titres et qualités… L’accès à la base ainsi qu’au mode d’emploi détaillé se fait en sélectionnant la rubrique « Prix et médailles », dans le cartouche du menu.

François Léger

Bibliographie :

François Léger, Jérôme van Wijland, « Un “centre de direction, d’action et d’informations” : la commission de l’hygiène de l’enfance de l’Académie de médecine (1866-1999) » (à paraître)

Comment citer cet article :

François Léger, « Prix et médailles de l’Hygiène de l’enfance », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 11 juillet 2019. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/laureats-medailles-hygiene-de-lenfance/.

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Manuscrits de l’extrême. Prison, passion, péril, possession

« Mais plus moyen de l’ouvrir. Écrire devient nécessaire » Privé de la capacité de parler ou d’émettre des sons à la suite d’une opération pratiquée en 1976 pour traiter son cancer du larynx, l’écrivain Georges Perros trouve dans l’écriture son seul et indispensable refuge. Mais, en janvier 1978, l’inéluctabilité de son destin ébranle sa confiance dans le pouvoir des mots, impuissance et tristesse qu’il exprime, quelques jours avant de mourir à l’hôpital Laennec, dans un carnet destiné à son ami le chirurgien et poète Loránd Gáspár.

L’exposition « Manuscrits de l’extrême », qui se tient à la Bibliothèque nationale de France, dans son site de Tolbiac, réunit environ 150 manuscrits écrits – ou dessinés – dans des conditions extrêmes d’enfermement, de péril, de détresse, de folie, ou de passion. D’où le sous-titre de l’exposition, qui lui sert également de cadre scénographique, chaque manuscrit étant rangé dans une de ces catégories, qu’une couleur distingue : le gris vaut pour prison, le rouge pour passion, le vert pour péril, le bleu pour possession.

 

À nombre d’égards, cette exposition, dont Laurence Le Bras, conservatrice en chef au département des manuscrits de la BnF, est la commissaire, intéressera les chercheurs en histoire de la médecine et de la santé. Les notices de son catalogue en offrent un indispensable complément.

On y découvre, par exemple, un carnet de recettes de cuisine tenu par la résistante Odette Peyrot, fin 1944 et début 1945, durant sa captivité au camp de concentration de Ravensbrück. S’il est ciment de la mémoire de la vie d’avant chez les déportés, il exprime plus prosaïquement l’obsession permanente de la faim, et fera écho aux études sur la nutrition en contexte concentrationnaire.

Les drogues ou les expériences liées aux manifestations de l’inconscient sont prétexte à l’exposition de plusieurs documents. Ici, on rappelle l’expérience surréaliste des sommeils hypnotiques menée par le poète Robert Desnos, là, Laurence Le Bras donne à voir les manuscrits mescaliniens d’Henri Michaux ou encore un dessin de Jean Cocteau, issu des notes rédigées, en période de sevrage, à la clinique de Saint-Cloud et publiées en 1930 sous le titre Opium, dans lesquelles il cherche à transmettre les impressions d’un opiomane.

Naturellement, la folie occupe une place importante dans l’exposition. Y est ainsi exposé un manuscrit de 1946 rédigé à l’hôpital Sainte-Anne. Deux documents conservés à la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine sont aussi dévoilés au public pour la première fois : un mémoire d’un médecin, Henry Apatowsky, datant de 1889, et la lettre d’un bibliothécaire roumain, Nicola Bassarabeanu, datant de 1908, sur la « métamorphosation du génie humain ».

Il n’y a pas seulement des inconnus : parmi les dizaines de textes délirants qu’Antonin Artaud a écrits durant son internement à l’hospice de Ville-Évrard, en 1939, en est extrait un sort, adressé à « Hitler, chancelier du Reich ». Une place est réservée aux artistes fous, tels le peintre paysagiste du XVIIe siècle Georges Focus (1639/1641-1708) présenté à travers un autoportrait multiple, ou le sculpteur néoclassique Théophile Bra (1797-1863), dont on nous montre plusieurs dessins réalisés, dans les années 1830, peut-être dans le cadre de son projet mystique de musée de la Paix.

L’écriture donne aussi à lire la maladie et la mort. Outre les dernières pages de Georges Perros évoquées supra, on citera les notes prises par Pierre Guyotat avant qu’il ne tombe dans le coma en décembre 1981, ou la transcription par Claude Mendibil, à l’hôpital de Berck, en 1996, des clignements de paupière du journaliste Jean-Dominique Bauby atteint du locked-in syndrome, transcription constituant le manuscrit du livre Le Scaphandre et le Papillon.

 

Jérôme van Wijland

 

Informations pratiques :

Exposition « Manuscrits de l’extrême. Prison, passion, péril, possession »,  Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, du 9 avril 2019 au 7 juillet 2019.

 

Référence bibliographique :

Laurence Le Bras (dir.), Manuscrits de l’extrême, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2019

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Information sur les horaires : fermeture exceptionnelle

Billet_2018_Fermeture22mars

A l’occasion du lundi de Pentecôte et en raison de la poursuite de travaux liés au chantier de ravalement de l’immeuble de l’Académie, la Bibliothèque sera fermée le vendredi 7 juin, ainsi que le lundi 10 juin.

La Bibliothèque étant fermée au public extérieur le mardi, elle sera donc fermée le jeudi 6  juin à 18 h pour rouvrir le mercredi 12 juin à 10 h.

Nous vous remercions de votre compréhension et vous souhaitons une bonne semaine.

 

François Léger

Information sur les horaires : fermeture exceptionnelle

Billet_2018_Fermeture22mars

A l’occasion du pont de l’Ascension et en raison de travaux liés au chantier de ravalement de l’immeuble de l’Académie, la Bibliothèque sera fermée les jeudi 30 et vendredi 31 mai, ainsi que le lundi 3 juin.

La Bibliothèque étant fermée au public extérieur le mardi, elle sera donc fermée le mercredi 29 mai à 18 h pour rouvrir le mercredi 5 juin à 10 h.

Nous vous remercions de votre compréhension et vous souhaitons une bonne semaine et un bon week-end.

 

François Léger

Les unica de la Bibliothèque – II. Vollständige Hauß- und Land- Bibliothec

Un unicum est un livre dont un seul exemplaire est répertorié. Nous présentons dans cette rubrique des ouvrages conservés par la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine qui ne se trouvent ni dans les autres bibliothèques relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche ni à la Bibliothèque nationale de France. Sélectionnés pour leur rareté, ces ouvrages sont aussi remarquables pour leur intérêt scientifique et intellectuel.

Si son auteur, qui se qualifiait lui-même ailleurs d’ « Albert le Grand morave », n’avait pas de doute sur la valeur de son œuvre, le Vollständige Hauß- und Land-Bibliothec de Andreas Glorez est cependant aujourd’hui très peu étudié (et Andreas Glorez demeure presque totalement inconnu). C’est en partie parce qu’il relève d’un genre littéraire très particulier, propre à l’Allemagne baroque des XVIIe et XVIIIe siècles, appelé Hausvätersliteratur. Le terme est utilisé pour désigner des ouvrages dont l’objectif était de fournir les connaissances nécessaires à un propriétaire foncier pour diriger son domaine et sa maisonnée. De là la diversité des thèmes abordés dans ses quatre grandes parties : la première touche à différents aspects d’agriculture, d’horticulture, de chasse ou de pêche, avec index et table des matières, le tout abondamment illustré de gravures.

 

Ci-dessus, quelques exemples de planches d’illustrations de la première partie : l’élevage et les soins vétérinaires aux chevaux ; la chasse au canard (détail) ; techniques d’apiculture ; concevoir le plan des jardins d’agrément ; comment imprimer les tissus…

La seconde partie est consacrée au corps et à la médecine, elle se subdivise elle-même en cinq parties : anatomie (de la tête au pied), traitement des maladies et des blessures, remèdes rares et nouveaux (pansements, pommades), observations des urines, à quoi s’ajoute une annexe de 54 pages sur « ces maladies, qui proviennent de la magie ». Et en effet, la partie médicale de l’ouvrage est imprégnée de la pensée d’une « magie naturelle », caractéristique de cette période qui ouvre « l’âge des Lumières » en puisant dans la pensée médiévale et dans celle de la Renaissance. Difficile à caractériser, cette magia naturalis est une science de l’occulte qui porte sur les forces de la nature. Elle repose sur l’analogie pré-moderne du macrocosme et du microcosme, mais peut aussi se montrer proche de certaines formes de science expérimentale.

Un des nombreux remèdes contre la pierre (II, p. 41) : on fera bouillir avec un peu de vin blanc, jusqu’à évaporation du tiers : du suc d’alkékenge, du suc de persil, de chacun une livre. Des graines de fenouil, d’ache, de laitue, de saxifrage, de grémil ; de chacun deux drachmes. Des fleurs de violettes ; du raisin ; de chacun une demi-drachme. On sucrera pour obtenir un sirop.

 

 

 

Le livre se poursuit avec une partie consacrée à différentes techniques, imprimerie, verrerie, alchimie ou chimie, et s’achève par une compilation de modèles de lettres. On peut rattacher cette littérature à un genre populaire, mais on ne doit pas s’y tromper : l’ouvrage s’adresse en fait à un public lettré voire savant (par exemple lorsqu’il expose des remèdes sous forme de dosages complexes). En outre, comme il s’agit d’une compilation, le public auquel il est destiné est plus large que celui des différents textes dont elle provient. À ce double titre, il offre pour l’histoire culturelle un aperçu précieux sur d’autres pensées vivantes du tournant du XVIIIe siècle, mettant au jour la coexistence durable de l’idée de « magie naturelle » et de la pensée des Lumières.

L’ouvrage a fait l’objet de trois éditions, en 1699, 1700 et 1701. Puis une Neuangeordnete vollständige Haus- und Land-Bibliothec est publiée en 1719 à Nuremberg et Francfort, réorganisée par Georg Philipp Platz en deux parties. Presque tous les exemplaires des différentes éditions se trouvent dans des bibliothèque allemandes ou de Suisse alémanique.

 

François Léger

Bibliographie :

Andreas Glorez, Vollständige Hauß- und Land-Bibliothec, Regenspurg zu Statt am Hof, in Verlegung Quirini Heyl, 1699.

Will-Erich Peuckert, « Andreas Glorez », in G. Heilfurth et H. Siuts (dir.), Europäische Kulturverflechtungen im Bereich der volkstümlichen Überlieferung. Festschrift zum 65. Geburtstag von Bruno Schiers, Göttingen, Otto Schwartz, 1967, p. 73-80.

Will-Erich Peuckert, Gabalia: ein Versuch der magia naturalis im 16. bis 18. Jahrhundert, Berlin, E. Schmidt, 1967.

Claus Priesner, « “Der zu vielen Wissenschaften anweisende curiöse Künstler”. Alchemie, Volksmagie und Volksmedizin in barocken Hausbüchern », Sudhoffs Archiv, 2011, vol. 95, no 2, p. 170‑208.

Pour le déchiffrage des symboles utilisés dans les formulations pharmaceutiques :
Wolfgang Schneider, Lexikon alchemistich-pharmazeutischer Symbole, Weinheim/Bergstrasse, Verlag Chemie, 1962.

Comment citer cet article :

François Léger, « Les unica de la Bibliothèque – II. Vollständige Hauß- und Land- Bibliothec », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 15 mai 2019. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/land-und-haus-bibliothec/.

 

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La conservation des collections. II. Les bustes

Parmi les activités des personnels de bibliothèques, la prise en compte de l’état matériel des collections se révèle d’une grande importance, en particulier dans les bibliothèques patrimoniales dont les collections sont anciennes et parfois fragiles.
La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine a la particularité d’être non seulement en charge de collections imprimées et de fonds d’archives et de manuscrits, mais également d’un ensemble d’objets, instruments et oeuvres d’art : peintures, sculptures, médaillons, dont une partie sont exposés dans les différents espaces de l’Académie de médecine.
Le mois dernier, c’est plus de soixante bustes que nous avons fait déplacer, de manière à pouvoir les inventorier et les faire photographier.

Durant ce chantier, une vingtaine de bustes de marbre ont fait l’objet d’un traitement par une restauratrice spécialisée.

Certains des bustes avaient subi l’épreuve du temps, des calorifères et autres poêles qui les avaient recouverts d’une épaisse couche noirâtre.


 

Jérôme van Wijland

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Le lit de réconfort du violoniste Charles de Bériot

La publication dans Calames, de l’inventaire détaillé des Mémoires adressés à l’Académie de médecine en 1861, nous offre l’occasion de redécouvrir la carrière et les centres d’intérêt d’un grand violoniste du XIXe siècle.

Né à Louvain en 1802, Charles de Bériot se fait remarquer dès l’enfance par sa précocité au violon. Après des études à Paris puis à Louvain, il revient à Paris en 1821 où il obtient ses premiers succès dans les salons puis, dès 1822, dans des concerts publics, s’imposant rapidement comme un violoniste virtuose.

Avec son ami le harpiste Théodore Labarre (1805-1870), ils composent et jouent des morceaux concertants pour harpe et violon sur des thèmes d’opéras de Rossini et effectuent dès 1824 plusieurs séjours à Londres couronnés de succès. Charles de Bériot joue également comme soliste dans les festivals des grandes villes d’Angleterre. Vers 1829 à Londres, il fait son premier concert avec la Malibran, que son père le ténor Manuel Garcia avait lancée quelques années auparavant sur la scène londonienne.

Nommé violon de la Chambre du roi Charles X en 1826 puis pensionné par le roi Guillaume Ier des Pays-Bas comme premier violon de sa musique particulière en 1827, il retourne à Paris au moment de la révolution belge de 1830. Amant de la Malibran, avec qui il a un fils – Charles Wilfrid de Bériot (1833-1914), futur pianiste et professeur, de Maurice Ravel notamment –, il l’accompagne dans ses tournées en Italie, Angleterre et Belgique. L’année 1836 voit se succéder leur mariage, la chute de cheval de la Malibran à Londres en avril et sa mort en septembre, à l’âge de 28 ans. Après des obsèques à Manchester, elle est inhumée au cimetière bruxellois de Laeken dans un mausolée que son époux a fait ériger à son intention.
Nommé professeur de perfectionnement pour le violon au Conservatoire de Bruxelles en 1843, il y démontre ses grandes qualités de pédagogue. Il compte ainsi parmi ses élèves les sœurs Milanollo, Teresa (1827-1904) et Maria-Margherita (1832-1848) ou encore Henri Vieuxtemps (1820-1881). Son apport pédagogique durable apparaît tout particulièrement dans sa Méthode de violon divisée en 3 parties, op. 102 qu’il publie en 1857 et 1858.

Cliquez pour écouter l’enregistrement par Bella Hristova de l’Étude n° 1 de Charles de Bériot, pour les éditions Naxos

Sa santé fragile le contraint à ne plus se produire en public après 1846 puis à démissionner du Conservatoire en 1852. Retourné vivre à Paris, il souffre bientôt de cécité, d’asthme et de douleurs vertébrales. Malgré ses handicaps, il continue de pratiquer la musique avec ses amis et effectue même un voyage à Saint-Pétersbourg en 1859 sur l’invitation du mécène mélomane le prince Nikolaï Borissovitch Ioussoupov (1827-1891). Partageant désormais sa vie entre Paris et Bruxelles, il est gagné à partir de 1866 par une paralysie du bras gauche qui l’empêche définitivement de bien jouer du violon. Continuant cependant de composer, s’adonnant à l’écriture poétique ainsi qu’à la lecture des philosophes contemporains, il décède à Bruxelles le 8 avril 1870.

Doué d’une grande ingéniosité, il est capable aussi bien de sculpter – il réalise ainsi à Milan en 1834 un buste de la Malibran – que de fabriquer lui-même un violon. Il dresse les plans de plusieurs de ses maisons et en dirige les chantiers de construction. Aveugle, il invente « une machine à l’aide de laquelle il écrivait toute sa musique avec autant de facilité que d’exactitude. » (F.-J. Fétis)

En 1861, souffrant et empêché par l’asthme de s’allonger, il invente un lit-fauteuil automoteur qu’il fait breveter et dont il soumet le projet à l’Académie impériale de médecine. Ce lit est l’expression du besoin d’un homme en souffrance doublée d’une volonté philanthropique ; il est destiné de surcroît à toutes les bourses. Le principe en est simple : trouver « un meuble qui fût à la fois un lit confortable, une causeuse et un fauteuil », qui permette autrement dit la position allongée, la position assise et une position intermédiaire.

Il est composé de trois parties, une partie centrale immobile au centre et deux « parties de la tête et des pieds qui se meuvent simultanément à l’aide de deux leviers reliés par une tringle. » Le mouvement de bascule et les leviers permettent la transformation : « À peine accuse-t-on le mouvement que le chevet suit complaisamment l’intention du malade, et le système basculaire fait que les pieds s’abaissent en même temps que la tête se lève. » Dans sa notice biographique, François-Joseph Fétis ajoute que Charles de Bériot l’avait fait fabriquer par un mécanicien et un ébéniste et qu’il fonctionnait parfaitement.

 

Jérôme van Wijland

Sources primaires :

Acad. Méd. Mémoires 1861 n° 6 a. C. de Beriot, 37, Rue St Georges. Automoteur Lit-Fauteuil Breveté (S.G.D.G.). Manuscrit. 2 feuillets ; 2 planches hors-texte (dessin, couleurs) comportant 3 figures.

Acad. Méd. Mémoires 1861 n° 6 b. Le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics. Pour le Ministre et par autorisation Le Directeur. Signé : Julien. Lettre soumettant à l’appréciation de l’Académie la description et le dessin d’un lit mécanique inventé par C. de Bériot. Paris, le 25 Mars 1861. Manuscrit. 2 feuillets.

Acad. Méd. Mémoires 1861 n° 6 c. Lettre adressée à Gavarret le nommant rapporteur du travail de Bériot. Paris, le 29 Mars 1861. Imprimé ; manuscrit. 2 feuillets.

 

Sélection bibliographique :

François-Joseph Fétis, Notice sur Ch.-Aug. de Bériot, membre de l’Académie, Bruxelles, F. Hayez, Imprimeur de l’Académie royale, 1871, Extrait de l’Annuaire de l’Académie royale de Belgique, trente-septième année, 1871.

François-Joseph Fétis, « Bériot (Charles-Auguste de) », Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, 2e édition, Paris, Librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie, 1860, Tome premier, p. 359-361.

Michael Goldstein, « Charles-Auguste de Bériot », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 10, 1986, p. 64-72.

Édouard Georges Jacques Gregoir, « De Bériot (Charles-Auguste) », Les artistes-musiciens belges au XVIIIe et au XIXe siècle, Bruxelles, Schott Frères, 1885, p. 105-108.

Edward Heron-Allen, A contribution towards an accurate biography of Charles Auguste de Bériot and Maria Felicita Malibran-Garcia : extracted from the correspondence of the former, Reprinted from The Violin Times, London, Printed for the Author by J. W. Wakeham, Church Street, Kensignton, 1894.

Boris Schwarz, « Bériot, Charles-Auguste de. » Grove Music Online.  January 01, 2001. Oxford University Press,. Date of access 30 Jan. 2019, <https://www-oxfordmusiconline-com.rprenet.bnf.fr/grovemusic/view/10.1093/gmo/9781561592630.001.0001/omo-9781561592630-e-0000002816>

Marc Tollet, « Catalogue des lettres de Charles de Bériot », Revue belge de Musicologie / Belgisch Tijdschrift voor Muziekwetenschap, Vol. 43, 1989, p. 211-224.

Henri Vanhulst, Art. Bériot, Charles-Auguste de, in: MGG Online, hrsg. von Laurenz Lütteken, Kassel, Stuttgart, New York: 2016ff., zuerst veröffentlicht 1999, online veröffentlicht 2016, https://www-mgg–online-com-s.rprenet.bnf.fr/mgg/stable/19376

Henri Wauwermans, « Maria Félicité Garcia-Malibran-de Bériot d’après des correspondances inédites », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 10, 1986, p. 11-56.

Henri Wauwermans, « Maria Félicité Garcia-Malibran-de Bériot d’après des correspondances inédites. II », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 11, 1987, p. 73-113.

Henri Wauwermans et Paul Raspé, « Maria Félicité Garcia-Malibran-de Bériot d’après des correspondances inédites. III », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 12, 1988, p. 131-68.

 

Quelques références d’enregistrements :

Jerry Dubins, Robert Maxham, « Classical Recordings: Bériot – Violin Concertos: No. 2; No. 3; No. 5 »,  Fanfare – The Magazine for Serious Record Collectors, Vol. 32, n° 3,  Janvier 2009, p. 113-115.

Bruce R. Schueneman, « Sound Recording Reviews: The French Violin School: From Viotti to Bériot », Notes – Quarterly Journal of the Music Library Association, Vol. 60, n° 3, Mars 2004, p. 757-770.

 

Comment citer cet article :

Jérôme van Wijland, « Le lit de réconfort du violoniste Charles de Bériot », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 31 janvier 2019. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/violoniste-charles-de-beriot/.

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Ravalement de la façade de l’Académie de médecine

A partir de février 2019 aura lieu le ravalement de la façade de l’immeuble de l’Académie. Les travaux devraient durer jusqu’au mois de mai. Un échafaudage sera monté à partir de la semaine du 11 février, et couvrira la façade sur toute sa hauteur. Les fenêtres seront occultées par des bâches en plastique.

Le travail dans la salle de lecture de la bibliothèque sera affecté par une perte de luminosité et par le bruit, en particulier durant le premier mois.

Nous prions nos lecteurs de nous excuser pour la gêne occasionnée.