Le lit de réconfort du violoniste Charles de Bériot

La publication dans Calames, de l’inventaire détaillé des Mémoires adressés à l’Académie de médecine en 1861, nous offre l’occasion de redécouvrir la carrière et les centres d’intérêt d’un grand violoniste du XIXe siècle.

Né à Louvain en 1802, Charles de Bériot se fait remarquer dès l’enfance par sa précocité au violon. Après des études à Paris puis à Louvain, il revient à Paris en 1821 où il obtient ses premiers succès dans les salons puis, dès 1822, dans des concerts publics, s’imposant rapidement comme un violoniste virtuose.

Avec son ami le harpiste Théodore Labarre (1805-1870), ils composent et jouent des morceaux concertants pour harpe et violon sur des thèmes d’opéras de Rossini et effectuent dès 1824 plusieurs séjours à Londres couronnés de succès. Charles de Bériot joue également comme soliste dans les festivals des grandes villes d’Angleterre. Vers 1829 à Londres, il fait son premier concert avec la Malibran, que son père le ténor Manuel Garcia avait lancée quelques années auparavant sur la scène londonienne.

Nommé violon de la Chambre du roi Charles X en 1826 puis pensionné par le roi Guillaume Ier des Pays-Bas comme premier violon de sa musique particulière en 1827, il retourne à Paris au moment de la révolution belge de 1830. Amant de la Malibran, avec qui il a un fils – Charles Wilfrid de Bériot (1833-1914), futur pianiste et professeur, de Maurice Ravel notamment –, il l’accompagne dans ses tournées en Italie, Angleterre et Belgique. L’année 1836 voit se succéder leur mariage, la chute de cheval de la Malibran à Londres en avril et sa mort en septembre, à l’âge de 28 ans. Après des obsèques à Manchester, elle est inhumée au cimetière bruxellois de Laeken dans un mausolée que son époux a fait ériger à son intention.
Nommé professeur de perfectionnement pour le violon au Conservatoire de Bruxelles en 1843, il y démontre ses grandes qualités de pédagogue. Il compte ainsi parmi ses élèves les sœurs Milanollo, Teresa (1827-1904) et Maria-Margherita (1832-1848) ou encore Henri Vieuxtemps (1820-1881). Son apport pédagogique durable apparaît tout particulièrement dans sa Méthode de violon divisée en 3 parties, op. 102 qu’il publie en 1857 et 1858.

Cliquez pour écouter l’enregistrement par Bella Hristova de l’Étude n° 1 de Charles de Bériot, pour les éditions Naxos

Sa santé fragile le contraint à ne plus se produire en public après 1846 puis à démissionner du Conservatoire en 1852. Retourné vivre à Paris, il souffre bientôt de cécité, d’asthme et de douleurs vertébrales. Malgré ses handicaps, il continue de pratiquer la musique avec ses amis et effectue même un voyage à Saint-Pétersbourg en 1859 sur l’invitation du mécène mélomane le prince Nikolaï Borissovitch Ioussoupov (1827-1891). Partageant désormais sa vie entre Paris et Bruxelles, il est gagné à partir de 1866 par une paralysie du bras gauche qui l’empêche définitivement de bien jouer du violon. Continuant cependant de composer, s’adonnant à l’écriture poétique ainsi qu’à la lecture des philosophes contemporains, il décède à Bruxelles le 8 avril 1870.

Doué d’une grande ingéniosité, il est capable aussi bien de sculpter – il réalise ainsi à Milan en 1834 un buste de la Malibran – que de fabriquer lui-même un violon. Il dresse les plans de plusieurs de ses maisons et en dirige les chantiers de construction. Aveugle, il invente « une machine à l’aide de laquelle il écrivait toute sa musique avec autant de facilité que d’exactitude. » (F.-J. Fétis)

En 1861, souffrant et empêché par l’asthme de s’allonger, il invente un lit-fauteuil automoteur qu’il fait breveter et dont il soumet le projet à l’Académie impériale de médecine. Ce lit est l’expression du besoin d’un homme en souffrance doublée d’une volonté philanthropique ; il est destiné de surcroît à toutes les bourses. Le principe en est simple : trouver « un meuble qui fût à la fois un lit confortable, une causeuse et un fauteuil », qui permette autrement dit la position allongée, la position assise et une position intermédiaire.

Il est composé de trois parties, une partie centrale immobile au centre et deux « parties de la tête et des pieds qui se meuvent simultanément à l’aide de deux leviers reliés par une tringle. » Le mouvement de bascule et les leviers permettent la transformation : « À peine accuse-t-on le mouvement que le chevet suit complaisamment l’intention du malade, et le système basculaire fait que les pieds s’abaissent en même temps que la tête se lève. » Dans sa notice biographique, François-Joseph Fétis ajoute que Charles de Bériot l’avait fait fabriquer par un mécanicien et un ébéniste et qu’il fonctionnait parfaitement.

 

Jérôme van Wijland

Sources primaires :

Acad. Méd. Mémoires 1861 n° 6 a. C. de Beriot, 37, Rue St Georges. Automoteur Lit-Fauteuil Breveté (S.G.D.G.). Manuscrit. 2 feuillets ; 2 planches hors-texte (dessin, couleurs) comportant 3 figures.

Acad. Méd. Mémoires 1861 n° 6 b. Le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics. Pour le Ministre et par autorisation Le Directeur. Signé : Julien. Lettre soumettant à l’appréciation de l’Académie la description et le dessin d’un lit mécanique inventé par C. de Bériot. Paris, le 25 Mars 1861. Manuscrit. 2 feuillets.

Acad. Méd. Mémoires 1861 n° 6 c. Lettre adressée à Gavarret le nommant rapporteur du travail de Bériot. Paris, le 29 Mars 1861. Imprimé ; manuscrit. 2 feuillets.

 

Sélection bibliographique :

François-Joseph Fétis, Notice sur Ch.-Aug. de Bériot, membre de l’Académie, Bruxelles, F. Hayez, Imprimeur de l’Académie royale, 1871, Extrait de l’Annuaire de l’Académie royale de Belgique, trente-septième année, 1871.

François-Joseph Fétis, « Bériot (Charles-Auguste de) », Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, 2e édition, Paris, Librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie, 1860, Tome premier, p. 359-361.

Michael Goldstein, « Charles-Auguste de Bériot », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 10, 1986, p. 64-72.

Édouard Georges Jacques Gregoir, « De Bériot (Charles-Auguste) », Les artistes-musiciens belges au XVIIIe et au XIXe siècle, Bruxelles, Schott Frères, 1885, p. 105-108.

Edward Heron-Allen, A contribution towards an accurate biography of Charles Auguste de Bériot and Maria Felicita Malibran-Garcia : extracted from the correspondence of the former, Reprinted from The Violin Times, London, Printed for the Author by J. W. Wakeham, Church Street, Kensignton, 1894.

Boris Schwarz, « Bériot, Charles-Auguste de. » Grove Music Online.  January 01, 2001. Oxford University Press,. Date of access 30 Jan. 2019, <https://www-oxfordmusiconline-com.rprenet.bnf.fr/grovemusic/view/10.1093/gmo/9781561592630.001.0001/omo-9781561592630-e-0000002816>

Marc Tollet, « Catalogue des lettres de Charles de Bériot », Revue belge de Musicologie / Belgisch Tijdschrift voor Muziekwetenschap, Vol. 43, 1989, p. 211-224.

Henri Vanhulst, Art. Bériot, Charles-Auguste de, in: MGG Online, hrsg. von Laurenz Lütteken, Kassel, Stuttgart, New York: 2016ff., zuerst veröffentlicht 1999, online veröffentlicht 2016, https://www-mgg–online-com-s.rprenet.bnf.fr/mgg/stable/19376

Henri Wauwermans, « Maria Félicité Garcia-Malibran-de Bériot d’après des correspondances inédites », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 10, 1986, p. 11-56.

Henri Wauwermans, « Maria Félicité Garcia-Malibran-de Bériot d’après des correspondances inédites. II », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 11, 1987, p. 73-113.

Henri Wauwermans et Paul Raspé, « Maria Félicité Garcia-Malibran-de Bériot d’après des correspondances inédites. III », Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, vol. 12, 1988, p. 131-68.

 

Quelques références d’enregistrements :

Jerry Dubins, Robert Maxham, « Classical Recordings: Bériot – Violin Concertos: No. 2; No. 3; No. 5 »,  Fanfare – The Magazine for Serious Record Collectors, Vol. 32, n° 3,  Janvier 2009, p. 113-115.

Bruce R. Schueneman, « Sound Recording Reviews: The French Violin School: From Viotti to Bériot », Notes – Quarterly Journal of the Music Library Association, Vol. 60, n° 3, Mars 2004, p. 757-770.

 

Comment citer cet article :

Jérôme van Wijland, « Le lit de réconfort du violoniste Charles de Bériot », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 31 janvier 2019. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/violoniste-charles-de-beriot/.

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Ravalement de la façade de l’Académie de médecine

A partir de février 2019 aura lieu le ravalement de la façade de l’immeuble de l’Académie. Les travaux devraient durer jusqu’au mois de mai. Un échafaudage sera monté à partir de la semaine du 11 février, et couvrira la façade sur toute sa hauteur. Les fenêtres seront occultées par des bâches en plastique.

Le travail dans la salle de lecture de la bibliothèque sera affecté par une perte de luminosité et par le bruit, en particulier durant le premier mois.

Nous prions nos lecteurs de nous excuser pour la gêne occasionnée.

Les Académiciens publient

Tout au long de l’année, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine reçoit et présente des ouvrages publiés par des académiciens. Ainsi en 2018 :

Patrice Debré, Robert Debré, une vocation française, Paris, Odile Jacob, 2018.

Michel A. Germain, Frédéric Chopin, 1810-1849 : un musicien de génie atteint d’une maladie rare, la mucoviscidose, Paris, L’Harmattan, 2018.

Michel A. Germain, C’était mon père : l’émouvant témoignage d’un héros de la Seconde Guerre mondiale ; résistant, évadé de Mauthausen, officier mort pour la France, Montceaux-lès-Meaux, Éd. Fiacre, 2018.

Michel A. Germain, Les sarcomes osseux chez l’enfant : une longue histoire, Paris, L’Harmattan, 2018.

Didier Houssin, Soignons la science !, Paris, Odile Jacob, 2018.

Masafumi Machida, Stuart L. Weinstein et Jean Dubousset (dir.), Pathogenesis of Idiopathic Scoliosis, Tokyo, Springer Japan, 2018.

Jean-Pierre Michel, B. Lynn Beattie, Finbarr C. Martin et Jeremy D. Walston (dir.), Oxford Textbook of Geriatric Medicine, 3e ed., Oxford, Oxford University Press, 2018.

Bernard Nordlinger et Cédric Villani (dir.), Santé et intelligence artificielle, Paris, CNRS Éditions, 2018.

Patrice Queneau et Christian Roques, La médecine thermale : données scientifiques, Montrouge, John Libbey Eurotext, 2018.

Henri Rochefort, Hormones et cancers du sein : des mécanismes aux thérapies ciblées et à la prévention, Beau Bassin, Éditions universitaires européennes, 2018.

Jacques Rouëssé, Le Bien-Aimé se meurt. Louis XV, le malade et ses médecins, Montceaux-lès-Meaux, Éd. Fiacre, 2018.

Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique, Un siècle d’innovations françaises en chirurgie orthopédique et traumatologique, Les Ulis, EDP Sciences, 2018.

François Léger

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« Le lambeau », de Philippe Lançon, prix Jean Bernard 2018

Décerné depuis 2003 par l’Académie nationale de médecine, le Prix Jean Bernard a été attribué en 2018 à Philippe Lançon, pour son ouvrage Le lambeau (Gallimard, 2018).

Philippe Lançon fait partie des rescapés de l’attentat contre Charlie Hebdo, en janvier 2015, mais son livre ne porte pas sur les origines ou les responsabilités des événements, qu’il ne cherche ni à expliquer ni à juger. Selon les termes mêmes de son auteur, « c’est l’histoire d’un homme qui a été victime d’un attentat, qui a passé neuf mois à l’hôpital, et qui raconte le plus précisément, et j’espère le plus légèrement possible, comment cet attentat et ce séjour ont modifié sa vie et la vie des autres autour de lui. » Pour l’auteur, il s’agit d’un « acte de construction littéraire, qui s’accomplit parallèlement à la reconstruction chirurgicale » (Voir l’entretien avec l’auteur sur le site des éditions  Gallimard).

Le livre a reçu le prix Femina 2018, quelques jours après avoir obtenu celui de l’Académie à l’unanimité dès le premier tour. Lors de la séance de remise des prix de l’Académie nationale de médecine, Madame Marie-Germaine Bousser admirait « la simplicité sans pathos » et l’ « incroyable pouvoir d’évocation » de l’ouvrage. Elle  avait trouvé dans Le lambeau, disait-elle dans son adresse à l’auteur, « un livre qui est à la fois un superbe hommage à notre médecine hospitalière et un hymne à la littérature, à la musique, à la peinture, à l’affection, à l’amitié, bref un hymne à la vie, probablement le plus bel hommage que vous puissiez rendre à vos amis de Charlie qui, eux, l’ont perdue. »

On pourra lire l’intégralité du texte de Mme Bousser sur le site de l’Académie nationale de médecine.

Les jurys du prix Jean Bernard ont récompensé successivement depuis 2003 :

– 2003 : Schmitt, Éric-Emmanuel, Oscar et la dame rose, Paris, Albin Michel, 2002
– 2004 : Winckler, Martin, Les trois médecins, Paris, P.O.L., 2004
– 2005 : Gendarme, Jean-Baptiste, Chambre sous oxygène, Paris, Gallimard, 2005
– 2006 : Didier, Marie, Dans la nuit de Bicêtre, Paris, Gallimard, 2006
– 2007 : Sénanque, Antoine, La grande garde, Paris, Grasset, 2007
– 2008 : Marin, Claire, Hors de moi, Paris, Éditions Allia, 2008
– 2009 : Carrère, Emmanuel, D’autres vies que la mienne, Paris, P.O.L., 2009
– 2010 : Fonclare, Guillaume de, Dans ma peau, Paris, Stock, 2009
– 2011 : Rostain, Michel, Le fils, Paris, Oh ! éd., 2011
– 2012 : Márai, Sándor, La sœur, Paris, Albin Michel, 2011
– 2013 : Mabin Chennevière, Yves, Portrait de l’écrivain en déchet, Paris, Seuil, 2013
– 2014 : Le Drian, Marie, Le Corps perdu de Suzanne Thover, Rennes, Apogée, 2013
– 2015 : Lanot, Charles, Médecin de campagne, Versailles, Illador, 2014
– 2016 : Malzieu, Mathias, Journal d’un vampire en pyjama, Paris, Albin Michel, 2016
– 2017 : Merle-Béral, Hélène, 17 femmes prix Nobel de sciences, Paris, Odile Jacob, 2016
– 2018 : Lançon, Philippe, Le lambeau, Paris, Gallimard, 2018

François Léger

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Meilleurs vœux pour 2019 !

Toute l’équipe de la bibliothèque vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Nous serons heureux de vous accueillir à partir du 7 janvier 2019 dans notre salle de lecture, et de vous accompagner tout au long de l’année à venir dans vos travaux et recherches.

Information sur les horaires

À l’occasion des fêtes de fin d’année, la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine sera fermée à partir du vendredi 21 décembre 2018 au soir. Elle rouvrira le lundi 7 janvier 2019 au matin.


Toute l’équipe de la bibliothèque vous souhaite de bonnes fêtes, et sera heureuse de vous retrouver l’année prochaine, à partir du 7 janvier, aux horaires habituels.

Les « Titres et travaux », une source pour l’histoire de la médecine

Depuis sa création en 1820, l’Académie a donné lieu à plusieurs milliers d’élections en son sein, à des titres divers, et suscité un nombre plus grand encore de candidatures. C’est en partie ainsi que la Bibliothèque s’est trouvée dépositaire de milliers de documents regroupés sous la dénomination de « titres et travaux », qui jalonnent la carrière des scientifiques. Recensant la variété de leurs activités de recherche et leurs publications, faisant l’objet de nouvelles versions ou de réimpressions au fur et à mesure du déroulement de leurs carrières et de leurs candidatures à des postes ou titres divers, ils constituent une ressource biographique et bibliographique essentielle.

Ils peuvent prendre la forme de manuscrits, de documents dactylographiés (machine à écrire ou traitement de texte) thermocollés ou boudinés, ou encore d’imprimés. On les rencontre parmi les collections imprimées, mais aussi accompagnant la candidature à un prix, ou bien parmi les mémoires adressés à l’Académie tout au long de son histoire.

Cette diversité de formes et d’origines explique que les « titres et travaux » détenus par la Bibliothèque de l’Académie de médecine doivent être recherchés parmi :
– les dossiers biographiques,
– les archives et manuscrits, via le catalogue Calames,
– les collections imprimées, en utilisant le catalogue de la bibliothèque et en cherchant avec le nom et l’expression « Titres et travaux ».

 

A la Bibliothèque de l’Académie de médecine, un important travail a été engagé pour regrouper les titres et travaux imprimés. Près de 9000 documents, du début du XIXe siècle à nos jours, ont été conditionnés dans des boîtes de conservation, et rassemblés sous les cotes génériques 114520, 114521 et 114522. Des collections reliées en recueils factices ont été cataloguées en détail. Certains de ces titres et travaux ne sont pas encore signalés dans les outils en ligne : vous pouvez alors vous adresser à un bibliothécaire.

La Bibliothèque interuniversitaire de santé a de son côté enrichi depuis plusieurs années sa base biographique de titres et travaux numérisés. On peut aujourd’hui trouver dans la bibliothèque numérique Medic@ 2333 « titres et travaux », datant de 1832 à 1930, pour un total de 131000 pages en tout. Ils sont également accessibles par une recherche depuis la base biographique de la BIUM.

François Léger

 

Bibliographie :

Jean-François Vincent, « Nouveaux titres et travaux sur Medic@ », Site de la Bibliothèque interuniversitaire de santé [en ligne]. Billet publié le 20 août 2013. Disponible à l’adresse : http://www.biusante.parisdescartes.fr/blog/index.php/titres-travaux-medica/.

Comment citer cet article :

François Léger, « Les « Titres et travaux », une source pour l’histoire de la médecine », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 13 décembre 2018. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/titres-et-travaux/.

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Les Français, l’Académie et la grippe espagnole

Le 4 octobre 1918, M. Michiels, membre de l’association des bibliothécaires français, écrit depuis Marseille à l’Académie de médecine :

« Permettez-moi de vous demander si l’on peut se procurer la communication de M. le professeur Netter sur la grippe, communication faite à l’Académie de médecine (par suite des difficultés de transport, les livres, imprimés, etc. ne parviennent qu’avec des retards de plusieurs mois en province aussi bien chez les libraires que dans les bibliothèques publiques) ».

La communication demandée a été prononcée par le professeur Netter seulement trois jours plus tôt devant l’Académie, lors de la séance du 1er octobre (Bulletin de l’Académie de médecine, 1918, 3ème série, vol. 80, séance du 1er octobre 1918, p. 275-286). Mais en cette occasion il y a urgence, et le courrier du bibliothécaire marseillais trahit peut-être la « panique muette » dont fait état Freddy Vinet dans un ouvrage récent consacré, à l’occasion de son centenaire, à la grippe dite « espagnole » de 1918 (Vinet 2018, p. 174).

La communication du professeur Netter a été précédée et suivie d’autres notes et lectures sur le sujet. Entre juillet et décembre 1918, mois correspondants à la deuxième vague, ravageuse, de l’épidémie d’influenza, la grippe fait l’objet de 10 lectures, 8 communications, 3 notes, une observation et un rapport, portant sur la nature, le diagnostic, la prophylaxie et la thérapeutique. Lors de la séance du 8 octobre, le Dr Louis Mourier, sous-secrétaire du Service de santé militaire demande à l’Académie d’étudier des moyens prophylactiques. L’Académie y pourvoit par l’intermédiaire d’une commission composée de Chaufard, Netter, Vincent, Achard et Bezançon (nouvellement élu, rapporteur de la commission). Celle-ci produit durant la séance du 15 octobre un rapport sur la prophylaxie de la grippe, lu en séance, repris par la presse médicale et même mentionné lors des débats parlementaires, par des députés qui n’en font d’ailleurs pas grand cas (Journal officiel de la République française, Chambre des députés, 25 octobre 1918, p. 2708).

Face à l’épidémie, l’Académie de médecine réagit au moyen des procédures et méthodes qui sont les siennes depuis sa création. Fin novembre 1918, elle se dote ainsi sur proposition de son conseil d’administration d’une commission de la grippe qui laisse peu de traces et en particulier aucun rapport, son rôle ayant consisté à juger ponctuellement des travaux adressés à l’Académie, en lieu et place des commissions des épidémies ou des sérums qui étaient en charge de ces questions. Lorsque quelques mois plus tard le ministre de l’Intérieur s’enquiert d’éventuelles avancées dans la prophylaxie de la grippe, l’Académie nomme à cet effet une nouvelle commission (Bulletin de l’Académie de médecine, 1919, 3ème série, vol. 82, séance du 22 juillet 1919, p. 57). De fait, la grippe recule déjà en 1919 dans les préoccupations de l’Académie, ne suscitant que 13 communications au premier semestre, et seulement 2 lectures au second, l’encéphalite léthargique liée à la grippe prenant le dessus comme centre d’intérêt de l’Académie dès 1920. Enfin, l’Académie, conformément à ses missions habituelles, entend stimuler la recherche sur la grippe par l’octroi de récompenses : c’est le service des épidémies qui s’en charge, attribuant médailles et récompenses à des auteurs de travaux sur la grippe (4 médailles sur 8 distribuées en 1919, 3 sur 12 en 1920).

Si les modalités d’action de l’Académie sont habituelles, le dépouillement de la correspondance reçue des particuliers durant le deuxième semestre de 1918 fait apparaître des réactions singulièrement nombreuses, variées et vives. On a déjà mentionné la requête du bibliothécaire marseillais, traduisant l’anxiété de ses lecteurs. Un correspondant anglais, inquiet pour son fils, manifeste la même impatience en demandant le 25 novembre 2018 copie de la communication que le Dr Dalimier a faite 6 jours plus tôt sur les formes rénales de la grippe.

Les courriers de médecins sont aussi plus nombreux qu’à l’accoutumée, pour formuler des hypothèses sur la nature du mal ou proposer des remèdes. L’urgence se lit dans le fait que c’est par télégramme que le Dr Thémistocle Anastasiades, directeur de l’hôpital de Kalamata, annonce avoir des résultats probants dans les 24 heures contre les complications grippales. Les lettres envoyées par des médecins peuvent trouver un écho en séance ou dans le Bulletin. C’est le cas pour les « quelques courtes remarques à présenter à l’Académie sur le traitement de la grippe » d’Armand Gautier, qui sont acceptées et communiquées en séance le 3 décembre.

Mais la lecture des archives permet de connaître d’autres contributions qui ne donnent lieu à aucune publication. La lettre de M. Necaux, vétérinaire-major, qui évoque une épizootie de grippe en 1904 vaut à son auteur un courrier de remerciements dont les archives conservent une copie. Le Dr Gillard croit pouvoir distinguer deux épidémies, dont la plus grave est due à l’ennemi : « Nous pourrions être en présence, écrit-il, d’un bacille cultivé et répandu par nos ennemis, ce qui expliquerait les difficultés dans les recherches bactériologiques. » Le rapport de du Dr Gillard lui est renvoyé, mais l’affaire a des suites qu’il convient de noter : l’auteur demande des explications sur les raisons de ce rejet, et il annonce qu’il procèdera malgré tout à la publication. De fait, une brochure de 12 pages, intitulée Rapports sur la grippe espagnole. Ses symptômes cliniques, son microbe, son traitement, signée avec le Dr Folley, paraît en 1919. Henri Barbusse, dans Le Populaire du 19 février 1920, revenant sur les tâtonnements de la sérothérapie, mentionne le rejet du rapport de Gillard par l’Académie dans un éditorial qui s’ouvre par ces mots : « L’histoire du traitement sérothérapique de la « grippe espagnole » apporte un nouveau chapitre, qui serait comique s’il n’était tragique, aux annales de l’inertie et de l’incompréhension des pouvoirs publics et des grands corps officiels. »

La correspondance des particuliers de la fin de 1918 montre également que l’Académie est perçue comme un organe efficace de diffusion de l’information médicale par un public plus large que celui des médecins. Pour premier exemple, citons un certain Besnard qui écrit : « Vous êtes à la recherche du microbe de la grippe, moi je l’ai trouvé… ». Marie-Louise Cousin écrit le 27 octobre 1918 : « J’ose prendre ma qualité de Française pour venir respectueusement vous exposer les résultats de mes réflexions au sujet de la grippe espagnole ». C’est sur papier à en-tête de son entreprise dijonnaise de fabrication de casquettes que Louis Ribère révèle qu’il s’est guéri par une cuillerée et un cataplasme de pétrole. « Veuillez lire jusqu’au bout, ceci n’est pas une réclame », peut-on encore lire dans un courrier émanant d’une pharmacie du Faubourg Saint-Honoré, vantant les vertus de l’ « antigrippine ». La plupart de ces courriers sont annotés d’un simple « Rien à répondre ».

Cent ans plus tard, la grippe suscite des recherches renouvelées. Des ouvrages ont paru cette année, qui croisent les approches historiques en termes de politique de santé publique et des problématiques plus anthropologiques sur l’impact de l’épidémie (Vinet 2018 ; Arnold 2018 ; Spinney 2018). La correspondance des particuliers dans les archives de l’Académie peut éclairer, à l’échelle d’une institution, les rapports entre une population qui vit l’épidémie dans sa chair et les autorités publiques chargées de sa protection sanitaire.

François Léger

Bibliographie :

Archives de l’Académie nationale de médecine, Correspondance des particuliers, 1918, liasse 188.

Arnold, Catharine, Pandemic 1918: eyewitness accounts from the greatest medical holocaust in modern history, New York, St. Martin’s Press, 2018.

Bouron, Françoise, « La grippe espagnole (1918-1919) dans les journaux français », Guerres mondiales et conflits contemporains, 2009, vol. 233, no 1, p. 83‑91.

Darmon, Pierre, « Une tragédie dans la tragédie : la grippe espagnole en France (avril 1918-Avril 1919) », Annales de démographie historique, 2000, no 2, p. 153‑175.

Kroker, Kenton, « Epidemic Encephalitis and American Neurology, 1919–1940 », Bulletin of the History of Medicine, 2004, vol. 78, no 1, p. 108‑147.

Prochasson, Christophe et Anne Rasmussen, Vrai et faux dans la Grande Guerre, Paris, La Découverte, 2004.

Rasmussen, Anne, « La grippe espagnole », in Jay Winter (dir.), La Première Guerre mondiale. Volume 3 : Sociétés, Paris, Fayard, 2014, p. 423-449.

Spinney, Laura, La grande tueuse : comment la grippe espagnole a changé le monde, Paris, Albin Michel, 2018.

Vinet, Freddy, La grande grippe : 1918, la pire épidémie du siècle, Paris, Vendémiaire, 2018.

Comment citer cet article :

François Léger, « Les Français, l’Académie et la grippe espagnole », Site de la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine [en ligne]. Billet publié le 26 novembre 2018. Disponible à l’adresse : http://bibliotheque.academie-medecine.fr/les-francais-lacademie-et-la-grippe-espagnole/.

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Hippocrate sans frontières – Colloque international

« L’auteur de ce mémoire M. Hallmann est directeur médical de l’établissement hydrothérapique de Marienberg près Boppard sur le Rhin, Prusse rhénane. M. Hallmann est né à Hanovre. Pour être admis en Prusse à la carrière académique dans la faculté de médecine, il faut être 1° médecin praticien 2° Prussien. Les Prussiens sont admis à la pratique de la médecine après avoir passé les examens prescrits. Outre les examens en Prusse, il faut en outre à un étranger une autorisation du roi. Après avoir passé avec la plus grande distinction en 1839 ses examens à Berlin, M. Hallmann sollicita l’autorisation de pratiquer la médecine. En attendant la réponse, il se rendit à Louvain chez son ami M. Schwann, physiologiste célèbre, pour se livrer sous les yeux de son ami à des recherches microscopiques. Il y reçut en janvier 1840 la nouvelle que sa demande était refusée. Alors il prit la résolution de s’occuper de la pratique en Belgique. Après avoir passé trois mois à Paris dans l’été de 1840, il subit à Bruxelles les examens pour l’exercice de la médecine et de la chirurgie, et s’établit à Bruxelles. C’est là qu’il a fait ses premières cures d’eau. Au printemps de 1843, par l’entremise du Baron d’Arnim ambassadeur de Prusse, il obtint l’admission en Prusse, retourna à Berlin, et a depuis poursuivi la carrière d’hydrothérapiste rationnel. En 1844 il publia un travail sur le meilleur traitement du typhus. Cette même année il reçut du ministre de l’instruction publique la mission d’étudier à Gräfenberg la méthode de Priessnitz. C’est au retour qu’il publia le rapport précédent. Dans l’été 1843 le Dr Schmitz fondateur de l’établissement hydrothérapique de Marienberg lui en proposa la direction médicale. M. Hallmann accepta, parce qu’avant tout à un médecin hydrothérapiste il faut un établissement. » (Acad. Méd. Mémoires 1849 n° 22. M. Hallmann D.M. Utilité de l’hydrothérapie dans le traitement des maladies aigues. Rapport sur la nécessité d’établir à Berlin un service hydrothérapique pour le traitement des affections aigues. Manuscrit. 19 feuillets)

Ainsi le médecin hanovrien Eduard Hallmann (1813–1855) présente-t-il son parcours, insistant sur son itinérance et sur les détours que sa condition d’étranger a imposés à sa carrière, avant de se voir confier la direction de l’établissement thermal de Marienberg.

A travers ce témoignage du milieu du XIXe siècle sont mis au jour un certain nombre de questionnements qui se trouvent au cœur de la notion de médecin étranger. Comment et dans quel cadre administratif ou légal le définit-on ? Quelle est la part de la formation à l’étranger ? Quelles sont les conditions de son exercice et de sa pratique ?  Enfin, dans quelle mesure certains pays ou certaines villes jouent-ils le rôle de pôles d’attractivité pour ces médecins ? Autant de problématiques qui seront abordées lors du colloque Hippocrate sans frontières : soigner en terre étrangère au XIXe siècle (Europe, mondes atlantiques et coloniaux) qui se tiendra les 15 et 16 novembre 2018 respectivement à l’Académie nationale de médecine et à l’Université de Nanterre.

 

Programme : 

Jeudi 15 novembre 2018. Académie nationale de médecine, salle des séances

9h Accueil des participants, café

9h30 Jérôme van Wijland. Mot de bienvenue

9h40 Claire Fredj. Introduction

10h Première session. Qu’est-ce qu’un médecin étranger ? (Présidence Isabelle Renaudet)

Jehanne-Emmanuelle Monnier. Itinéraires médicaux dans les colonies françaises de l’océan Indien au XIXe siècle

Constantin Barbulescu. Être un médecin juif en Roumanie dans la seconde moitié du XIXe siècle

Anne Hugon. Les médecins africains en contexte colonial : des médecins étrangers ? L’Afrique occidentale britannique (1880-1950)

11h30 Discussion

12h Déjeuner

14h Deuxième session. Se former à l’étranger et constituer un corps médical national (Présidence Judith Rainhorn)

Nancy Gonzalez-Salazar. L’Uruguay du XIXe siècle. Pays d’accueil et terrain d’expérimentation des médecins européens (1828-1875)

Isabelle Renaudet. Les fils d’Orfila ? Se former à Paris, le cas des étudiants en médecine espagnols

15h-15h15 Pause

Ken Daimaru. L’itinérance estudiantine et le pluralisme médical dans le Japon du XIXe siècle

Sorin Grigoruţă. An Eastern Adventure. Foreign physicians in the Romanian Principalities and their role in the development of the medical system (first half of the XIXth century)

16h15 Discussion

17h Fin des travaux

 

Vendredi 16 novembre 2018. Université Paris Nanterre, bât. Weber, salle de conférences

9h Troisième session. Entre exercice médical et production d’une expertise : être médecin à l’étranger (Présidence Claire Fredj)

Francesco Pongiluppi. Médecins et pharmaciens italiens à Constantinople au XIXe siècle : soigner les compatriotes, soigner l’empire

Benoît Pouget. Soigner les soldats en terre étrangère. L’hôpital maritime français du Pirée et ses médecins pendant la guerre de Crimée (1854-1856)

10h-10h15 Pause

Pierre Nobi. Les commissions médicales envoyées en Espagne observer la fièvre jaune (1801-1828)

Clément Fabre. Ausculter la Chine. Le cabinet des médecins comme observatoire sociologique et anthropologique de la Chine (1839-1914)

Alice Aigrain. Entre vision coloniale et regard médical : soigner et photographier dans les colonies au XIXe siècle

11h45 Discussion

12h15 Déjeuner

14h Quatrième session. La France, un pôle d’attraction (Présidence Delphine Diaz)

Nathalie Sage Pranchère. Être “à la fois un homme capable et un homme honorable et moral” : règlementer l’exercice des médecins étrangers en France au XIXe siècle

Fabio D’Angelo. Entre formation et pratique. La médecine napolitaine en exil (France, fin XVIIIe siècle-1820)

Eugenia Bournova. Des médecins grecs à Paris. Parcours géographiques et enjeux sociaux

15h30 Discussion

16h Philip Rieder. Conclusions

16h30 Fin des travaux

 

Informations pratiques :

Dates et lieux : Jeudi 15 novembre 2018, Académie nationale de médecine, salle des séances, 16 rue Bonaparte, 75006 Paris ; vendredi 16 novembre 2018, Université Paris Nanterre, bât. Weber, salle de conférences, 200 avenue de la République, 92000 Nanterre.

Comité d’organisation : Delphine Diaz (Université Reims-Champagne-Ardenne, CERHIC), Claire Fredj (Université Paris Nanterre, IDHE.S), Isabelle Renaudet (Aix-Marseille Université, TELEMMe), Philip Rieder (Université de Genève, iE2H), Isabelle Robin (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier), Nathalie Sage Pranchère (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier), Jérôme van Wijland (Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine)

Entrée libre.

 

Jérôme van Wijland

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Regard(s) sur les collections anatomiques et médicales

Le 7 et le 8 novembre 2018 se tiendra un colloque intitulé « Regard(s) sur les collections anatomiques et médicales », sous la responsabilité d’Alice Aigrain, Maxime Georges Métraux et Michel Poivert.

« Ce colloque international vise à confronter les récentes recherches traitant des rapports entre art et sciences médicales dans les collections muséales. Si la représentation du corps et de ses maladies est liée à une importante tradition de mise en image de la pathologie et de l’anatomie, comment le musée en tant que lieu de patrimonialisation fait évoluer le discours et la fonction intrinsèque des objets médicaux ? De la spectacularisation à outrance, au discours savant d’histoire des sciences, en passant par la vulgarisation positiviste, les différentes collections liées à la médecine permettent de questionner le rôle et la place du patrimoine. Un double regard sera porté sur les objets en tant que témoins du régime visuel de la médecine ainsi que sur les collections comme discours patrimonial. Ces multiples approches historiques se feront l’écho d’un constat plus actuel. Le mouvement d’élargissement de la notion de patrimoine et la valorisation inhérente des collections qu’il entraine ne semble pas avoir pleinement affecté le monde médical. Après une succession de fermetures de musées, il paraît essentiel de s’interroger sur la place des archives et collections de ce domaine. L’objectif de ce colloque sera aussi de communiquer sur la richesse et l’intérêt de ce patrimoine spécifique à la médecine en réunissant les différents acteurs impliqués. » (A. Aigrain, M. G. Métraux, M. Poivert )

 

Programme :

Mercredi 7 novembre 2018. Salle Vasari, Institut National d’Histoire de l’Art (INHA), 6 rue des Petits Champs, 75002 Paris.

9h00 – 9h30 : Accueil des participants.

9h30 – 9h40 : Introduction de Dominique Poulot (université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne).

9h30 – 12h30 : Session 1.

9h30 – 9h45 : Alice Aigrain (université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne) : Etudier l’histoire de la médecine à travers les fonds photographiques des collections muséales.

10h15 – 10h45 : Alain Froment (musée de l’Homme) : Heurs et malheurs de la phrénologie dans les collections anatomiques.

10h45 – 11h15: Séance de questions/réponses et pause.

11h15 – 11h45 : Mechthild Fend (University College of London) : The Visual Culture of Dermatology and the Hôpital Saint-Louis in Paris.

11h45 – 12h15 : Maxime Georges Métraux (Sorbonne université) : Réflexions sur l’appréhension et la perception du musée Dupuytren dans les écrits du XIXe et XXe siècles.

12h15 – 12h30 : Séance de questions/réponses.

14h30 – 18h00 : Session 2.

14h30 – 15h00 : Elizabeth Hallam (University of Oxford/University of Aberdeen) : Anatomy Museum on the Move.

15h00 – 15h30 : Hélène Servant (chef du département des patrimoines culturels de  l’AP-HP) et Camille Perez (département des patrimoines culturels de l’AP-HP, directrice du musée de l’AP-HP) : Le patrimoine de l’AP-HP entre archives et musée : une convergence des approches en matière de collecte.

15h30 – 16h00 : Séance de questions/réponses et pause.

16h00 – 16h30 : William Schupbach (Wellcome Library) : The « French collections » in the Wellcome Collection.

16h30 – 17h00 : Jérôme van Wijland (Académie nationale de médecine) : Objets et instruments médicaux en bibliothèque patrimoniale : l’exemple de l’Académie nationale de médecine.

17h00 – 17h15 : Séance de questions/réponses.

17h15 – 18h00 : Pot de clôture de la journée.

 

Jeudi 8 novembre 2018. Amphithéâtre Charpak, Sorbonne université, campus Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75005 Paris.

9h00 – 9h30 : Accueil des participants.

9h30 – 12h30 : Session 3.

9h30 – 11h30 : Visite des collections médicales d’anatomies-pathologiques Dupuytren avec Eloise Quétel (Sorbonne université – collection Dupuytren) (réservé aux participants).

11h30 – 12h30 : Table ronde avec Danielle Seilhean (Sorbonne université), Jean-François Vincent (BIU Santé) et Eloïse Quétel (Sorbonne université – collection Dupuytren) : Préservation et valorisation des collections médicales et anatomiques: quelle place pour le patrimoine médical dans la France de demain ?

 

Informations pratiques :

Date : mercredi 7 et jeudi 8 novembre 2018.

Lieu : salle Vasari, Institut National d’Histoire de l’Art (INHA), université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 6 rue des Petits Champs, 75002 Paris (mercredi 7 novembre) ; amphithéâtre Charpak, Sorbonne université, campus Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75005 Paris (jeudi 8 novembre).

Comité organisateur : Alice Aigrain (université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne) et Maxime Georges Métraux (Sorbonne université).

Sous la responsabilité scientifique de : Alice Aigrain (université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne), Maxime Georges Métraux (Sorbonne université) et Michel Poivert (université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne).

Jérôme van Wijland

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